‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 48 sur 199 · DES PHENOMENES · texte numérisé non relu

DES PHENOMENES

qu'elle n'a pa^^ de fin. Or cet infnii actuel n'est pas la conséquence, mais le propre contradictoire de Vinriêfnii d'où l'on est parti; donc, contradiction dans le raisonnement, contradiction en soi dans la conclusion; enlin ce qu'en toute autre matière on s'accorderait à appeler une absurdité.

Ce procédé de Taddition interminalde des durées, [)Our arriver ù l'éternité en (pielque sorte future comme terme, semble au premier abord moins absurde quand on le transporte au temps passé, à la somme de toutes les durées maintenant accomplie: mais c'est là une illusion, car l'ubsurdité, au fond, se redoul)le. La plus simjde réllexion nous montre (lull V a svniéti'ie et parité entière entn^ le membre antérieur et le membre postérieur d'une série telle que celle-ci où l'unité de durée s'njoute en deux sens à partir de zéro, le moment présent :

Qu'on imagine le second membre replié sur le premier nutour du zéro comme pivot, il est clair qu'ils coïncideront et que leur condition matliématique sera exactement la même. Donc le second ne pouvant jamais être accompli, et cela suivant l'idée même que nous nous en formons, il est impossible que le premier le soit, impossible que des durées aient été ajoutées sans commencement, dans le passé, aussi bien qu'il est impossible que leur somme sans lin soit jamais formée dans le futur. 11 y a seulement

entre les deux cas de l'infinité actuelle impossible, contradictoire, cette différence, que du moins, du côté du futur, l'indéiinité s'applique, tandis que du côté du passé elle a un point d'arrêt nécessaire. En voulant le dépasser on tombe de la façon la plus flagrante dans l'idée absurde d'un compte qui se trouve elfectué sans avoir été commencé, et qui ne donne pas, en résultat, un nombre plutôt qu'un autre, mais n'en peut donner aucun, quoique ses unités soient toutes là (1).

Une illusion ou un sophisme ne saurait être le principe d'une idée vraiment grande de la réalité. L'idée de l'infini actuel de grandeur, sujette, quand on l'examine, à un tel empêchement logique, ne peut avoir pour l'esprit une valeur sérieuse. Ce n'est plus (ju'un mot banal qui n'arrive à signifier que le très grand, et qui ne le rend pas, ne l'exprime pas avec la force d'une imagination ou d'une conception réelles. Pour atteindre à l'idée vraiment forte, c'est aux rapports indéllniment croissants ou décroissants qu'il faut penser, ou à des nombres .que l'arithmétique, en abstrait, la chimie et fastronomie, en concret, nous proposent, et qui délient la portée de nos facultés représentatives. C'est l'étendue des possi-

(1).T(3 dis : quoique ses unités soient toutes là ; et en oiret l(.'s durées ne peuvent se compter que par des phénomènes successifs, et, ([ue ceux-ci soient présents ou passés, qu'ils soient ou qu'ils aient été donnés, il faut bien qu'ils soient là, dans notre pensée, pour un compte possible.

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