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suivent pas chronologiquement. Le double mouvement de la conscience active et de Texpérience les emploie tous à rélucidation des synthèses confuses |)lacées au commencement (le la connaissance en tout genre.
La délinilion scienlilique des existences, des lois et de leurs fondements demeure étrangère à cette certitude. Il n'y doit l'ien entrer des objets des débats des |)hilosophes. Son établissenuMit résulte d'ailleurs de ruiiion des fonctions humaines, et non de leur séparation lictive. On ne s'y ajjpuie donc pas sur la thèse des subslances, ou des causes ou des qualités en soi, ni sur celle d'une étendue indépendante de toute représentation, ni sur l'évidence, ce symbole qui m^ s'appli(|ue avec quelque justesse ([u'à une appréliension de rapports particulic^rs, ni sur la faculté perceptive et sur sa vertu prétendue de fournir directement et immédiatement à In conscience des connaissances ([ui sont en réalité soumises à la médiation des organes et des jugements.
Kn s\'doignanl ainsi de la métapliysique on se rapproche si bien de la science, et Teiret d'une bonne méthode est tel, malgré Tinsuflisance apparente de la thèse des lois substituée à la thèse des entités, (]ue des questions autre-
fois jugées très difhciles reçoivent une solution aisée. De ce nombre sont les problèmes soulevés par ce qu'on nomme l'éducation des sens et par le mélange de Fimagination et du jugement dans l'appréciation des distances et des grandeurs, et toute la partie philosophique de la théorie de la vision.
Le premier domaine de la certitude est suivi d'un second ou les passions, la volonté, le doute ont une part plus grande, ainsi que le prouve l'existence des systèmes philosophiques. La croyance à la liberté le domine, et cette croyance n'est universelle que dans la sphère pratique. Une fois admise, elle se subordonne l'homme tout entier, les doctrines aussi bien que la
vie.
Les motifs rationnels à Tappui de la liberté comme réelle sont puissants, mais la théorie de la nécessité n'a pu être trouvée contradictoire en elle-même. Les motifs moraux doivent donc nous déterminer.
L'existence de la raison pratique et morale est une anomalie dans le système déterministe. L'affirmation du vrai ou du faux, non moins que le choix du bien ou du mal, est dans ce système l'eifet d'une force irrésistible à laquelle
TNTRODI'CTION.
se joint rillusion irrémédiable de n être point forcés. La certitude volontaire de la liberté rend donc à notre conscience le seul ordre moral qu'elle puisse connaître, et que la nécessité lui ravirait : un ordre de vérité et de bonté, en puissance pour elle, et dont elle peut réellement ou s'approcher ou s'éloigner en acte.
Cet ordre n'est en rien la négation de celui que i)Osent des lois invariables du monde. Les actes libres ne se détaclient ni de la raison, de la passion et de leurs motifs, ni des conditions générales ou particulières, physiques, organiques, intellectuelles, ni des antécédents de tout genre établis par des actes antérieurs, personnels ou étrangers. Tout cela est, au con- Iraire, la matière de la liberté. L'afVranchisse- UKMit de la conscience tient aux nombreux possibles ambigus que C(dte matière enferme pour l'avenir, et entre les(iuels la volonté peut susciter les uns et détruire les autres. Cet aiïranchi^<(unentesl, pour elle, très grand ; il est très petit relativement à la masse des lois invariables qui constituent Tunivers et elle.
La liberté aftirmée, devenue le principe de la recherche et de la possession de la vérité comme du bien, donne à toutes les consciences la dignité que s'arrogent les philosophies de l'absolu.
LA Ql ESTIOX DE LA CERTITUDE.
Chaque personne est appelée h déterminer librement et ce qu'elle sait et ce qu'elle croit. Cette détermination obtenue , la conscience d'autrui et les faits de l'avenir interviendront.
Il n'y a pas un pbilosophe qui ait pu davantage. Quelque critère de certitude qu'un philosophe ait pris, si on lui demande le critère de ce critère, il faudra i[u\\ avoue que son exposé de motifs est un cercle vicieux à l'égard de la certitude. Ce cercle bien fait et bien clos est ce qui le contente. ^lais enfin ce contentement n'est pas rinfaillil)ililé.
L'aveu de la liberté est la seule ressource laissée au philosophe qui ne se targue pas d'une révélation surnaturelle, ou n'identihe pas son esprit avec la vérité absolue, pour échapper à la pétition de principo inbérente à toute recherche qui porte sur les premiers principes. Une affirmation consciencieuse est tout ce que peut le plus grand philosophe du monde.
La théorie de la certitude fondée sur la liberté laisse subsister dans toute affirmation un doute au moins possible. Les variations de la pensée d'école à école, et jusque dans la carrière d'un seul et même pbilosophe, et sur les points les plus graves, justifient ce doute. S'il nous parais-