‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 56 sur 199 · PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES

hommes dont la surprise est grande quand ils apprennent que la lumière ou la chaleur ne sont physiquement, ou pour notre expérience externe éclaircie et élaborée, que des vibrations, ont toujours trouvé très simple et très intelligible que les faits de pression et de frottement des corps donnent lieu aux sensations sid generis dites du toucher. Ainsi on outrepasse le vrai en prenant pour une sorte d'identité l'harmonie des sensations tactiles avec les déplacements moléculaires, et devant ce môme vrai on recule quand il s'agit de poser une harmonie semblable entre les déplacements moléculaires et les autres espèces de la sensibilité !

Parmi ces espèces, il en est donc que Ton a toujours rapportées sans peine à leurs correspondants mécaniques : ce sont celles qui dépendent du tact proprement dit. Une autre, la sensation du son, a suivi, mais non sans œuvre de science, parce que déjà les mouvements corrélatifs devenaient moins patents et plus délicats. Une troisième., la lumière, est venue à son tour et n*est arrêtée que par la question de l'éther. La chaleur est appelée par la lumière, à cause de leur connexité de plus en plus vérifiée, et à mesure qu*on trouve phis difïicile d'expliquer les lois calorifiques, par la combinaison d'une matière spéciale avec la matière des corps. Restent les sensations olfactives et saporifiques, dont l'explication nous

manque et parait beaucoup plus difficile. D'une pari, elles tiennent sans doute à des mouvements qui sont parmi les moins saisissables et entre des particules très subtiles; de l'autre, elles oflVent des variétés qu'on doit présumer liées aux fonctions chimiques des corps, et sans doute aux fonctions biologiques : surcroît d'obscurité. Les phénomènes électriques dont l'expérience multiplie chaque jour les formes, et dont elle amène à pressentir d'étroits rapports avec les lois de la composition et de la décomposition des corps, pourront aussi plus tard jeter un peu de jour sur une partie de la science à laquelle on n'a seulement pas encore éprouvé le besoin de donner un nom.

Quand nous laissons de côté les prétendus fluides électriques, sur ce motif, au moins spécieux, que leur existence n'est fondée sur aucun fait, et qu'ils n'apportent d'explication pour les faits qu'autant qu'on détermine leur nature et successivement leurs propriétés en vue de cette explication môme; quand nous cherchons, au contraire, quels sont les phénomènes observables qui se lient constamment et étroitement à la production et à la propagation d'un état électrique dans les corps, nous reconnaissons immédiatement que les actions moléculaires occupent la place essentielle dans cette partie de la physique

l>IlÉNOMÈNE8 ÉLECTRIQUES

ET MAGNETIQUES.

aussi bien que dans les autres. Le mouvement produit ce qu'on nomme l'électricité : le mouvement, c'est-à-dire toutes les pressions, tous les frottements, la division des corps, le clivage des cristaux. Il ne parait pas exister une seule action mécanique qu'elle n'accompagne. Si d'autres actions physiques ou chimiques la produisent, ces actions supposent aussi des mouvements. Réciproquement l'électricité engendre le mouve^ ment : ainsi les attractions et répulsions de corps électrisés, et les changements observés dans l'état moléculaire des corps qui participent à l'état électrique ou qui le transmettent. Et il y a lieu de croire, comme pour la chaleur, que tout mouvement constaté dans des masses par l'effet d'une action électrique correspond à une diminution de rélectricité ou état électrique lui-même : loi qui s'explique par le principe de la conservation des forces vives, en supposant que cette action et cet état ne consistent qu'en des mouvements; car dans ce cas la force ne peut se produire extérieurement sans diminuer entre les molécules. Enfin lorsque l'état moléculaire d'un corps est un élément essentiel de ses propriétés électriques . ce dont on ne saurait douter, et lorsque les molécules se trouvent, par le jeu de ces propriétés, investies de forces attractives ou répulsives, il est certainement plus simple et rationnel d'attribuer aux attractions et répulsions les effets dits élec-

triques, que de chercher dans une espèce de matière inconnue la cause ou le siège de ces mêmes forces.

Le caractère fondamental des actions électriques parait être une orientation commune des molécules des corps où elles se produisent. Dans cet état, la matière se polarise^ c'est-à-dire que les attractions et répulsions s'y exercent et s'y étendent en un sens déterminé, suivant lequel se placent probablement les axes de figure des molécules affectées. La polarité régit, selon toute apparence, des classes importantes de phénomènes en intervenant dans les lois de la lumière et de la chaleur. Ici elle est le fait capital et caractéristique. On sait qu'elle appartient au magnétisme comme à l'électricité, et suivant une relation très simple : les courants électriques et les aimants ont une action réciproque qui tend à placer les corps de telle manière que les lignes joignant leurs pôles soient respectivement perpendiculaires. Or cette relation, que l'expérience a fait connaître, s'explique par la répulsion mutuelle des éléments, qui acquièrent dans l'aimant et dans le courant des propriétés polaires. D'une autre part, les courants électriques s'influencent, et tendent à donner aux éléments qu'ils parcourent des directions parallèles entre elles, de sorte qu'on a pu considérer un aimant comme un courant hélicoïdal, obtenir sur ce fondement des

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aimants électriques, et arriver à reconnaître l'identité des forces électriques et magnétiques. La seule différence qui subsiste entre les états des corps à fonctions magnétiques et des corps que traversent des courants est celle qui peut appartenir aux effets des mômes forces, tantôt statiques, tantôt dynamiques.

La matière, le mouvcnH-nt et la force.

Celles des propri^Hés des corps qu'il est d'usane d'appeler physiques alin de les distinguer de celles auxquelles conviendrait la môme dénomination générale, mais qui composent plus spécialement le domaine approprié aux chimistes et aux biologistes, étîint déiinitivement, pour la science, des propriétés mécaniques, il suilit de rappeler nos premiers principes sur l'étendue et le mouvement pour qu'il soit à peine besoin de remarquer que la matière dont il est question dans le chapitre précédent n'est point quelque chose (jui existe pour soi, mais un point de vue sur la nature, et une propriété des êtres réels, en ce sens seulement qu'elle définit leur existence objectivement, ou comme condition essentielle de leur représentation les uns pour les autres.

Le mouvement, avec ses modes divers de translation des masses et do vibrations moléculaires,

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