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LES AFFINITÉS ET LE MÉCANISME

des corps, et les chaleurs latentes (selon l'ancien langage) qui apparaissent ou disparaissent lors du passage de l'état gazeux à l'état liquide, et du liquide au solide, ou réciproquement. Or. une loi semblable à celle des changements d'état physique s'observe dans les phénomènes de décomposition et de composition élémentaires qui sont des changements d'état chimique. D'une manière générale, la chaleur détruit les affinités. Absorbée en quantité suffisante, elle doit arriver à dissocier tous les éléments, en même temj^s que la somme des forces vives croît dans leur assemblage, qui devient purement mécanique. On peut se représenter dans cet état les molécules d'un astre i:>orté à l'extrême incandescence. Lorscpie des combinaisons se forment, la production de Tétat chimique comporte en général une perte de forces vives, ou énergie, et un dégagement de chaleur ; et la chaleur dégagée est une mesure des travaux moléculaires acconiplis dans la réaction, une mesure du « travail de l'allinité », et })ar consé([uent de l'aflinité même. Inversement, une combinaison détruite, une décomposition , s'accompagne généralement d'un accroissement de forces vives et iïwne ahsorption de chaleur.

Pour prendre un exemple, imaginons le mélange gazeux d'un volume d'oxygène et de deux volumes d'hydrogène. L'acte de leur combinaison (provoquée par un moyen qui n'introduit dans ce système de molécules aucune force extérieure à un degré sensible)

est la production de deux volumes de vapeur d'un corps, qui est de l'eau, et qui renferme, en moins de ce que renfermait le mélange des gaz, une somme de forces vives, ou travail moléculaire interne, égale à la quantité de chaleur dégagée dans la réaction, et donnant la mesure de l'intensité de cette dernière, c'est-à dire des afiinités.

Selon les usages du langage scientifique, en matière de mesures, on peut aller jusqu'à dire, à ce point de vue, que TafTinité, dans l'acte chimique, est cette part d'énergie contenue dans les corps (cette chaleur latente de l'ancien style) qui, perdue par eux, équivaut à la chaleur développée dans la réaction (1). Si l'on ajoute à cela que cette énergie n'est autre chose que la force vive due aux mouvements

(1) Cette brève exposition se rapporte aux cas, de beaucoup les plus nombreux, dans lesquels les combinaisons donnent lieu à des dégagements de chaleur, — sont exothermiques, suivant la terminolo'.ne de M. l>ertlielot. — Toutes les réactions de ce genre doivent se produire sans aucun apport extérieur d'énergie, ou par l'etret de la moindre sollicitation, si l'on peut ainsi parler, dès que leurs conditions nécessaires sont réunies, et il y a passage d'une plus ^(l'ande à une moindre énergie dans l'intérieur du système. M. Berlhelot (Essai de mécanique chimique fondée sur la thcrtnochimie) a formulé cette loi : « Tout changement chimique accompli sans l'intervention d'une énergie étrangère tend vers la production du corps, ou du système de corps, qui dégage le plus de chaleur », qui perd le plus d'énergie, par conséquent. Les cas exceptionnels, ou do combinaison endother7nique,c'esi''k-dive avec absorption de chaleur, sont encore imparfaitement étudiés.

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