LES AFFINITÉS ET LE MÉCANISME
particuliers qui appartiennent aux atomes, qui même (si nous nous rappf'lons la réduction de la force au mouvement, et des sièges de force à des points inétendus) constituent pour la science ce qu'on appelle atomes, la réduction de la chimie au mécanisme sera accomplie, en principe.
Toutefois, elle ne pourra l'être effectivement que par l'œuvre d'une théorie mathématique réussissant à mettre en équation les problèmes chimi(iues et à les résoudre en tant que purs problèmes mécaniques, sans autres données, déiinitions ou hypothèses que des figures et des mouvements atomiques et moléculaires régis par certaines lois. Jusque-là, les alïinités électives, les capacités inégales de combinaison, Vatomicilé (ainsi que la théorie atomique actuelle nomme l'aptitude propre d'un atome à s'unir à tels ou tels nombres déterminés d'atomes d'autres espèces), enfin les idées de substitution et de saturation continueront à s'imposer aux chimistes, avec la seule différence de leur conOanco plus ou moins grande dans les hypothèses, ou de l'illusion que certains se font de représenter les phénomènes sans sortir du pur empirisme. Ces derniers n'ont pas assez rélléchi aux maximes (pie le physiologiste Claude Bernard ne se lassait pas de répéter et d'expliquer dans ses cours, et que mon ami très regretté, le chimiste Henri Deville,a résumées sous une forme piquante dans son étude sur la dissociation : « Il faut admettre les théories sans y croire. » Il faut garder l'indépendance d'esprit néces-