QUESTION DE LA GÉNÉRATION SPONTANÉE
Quant à la génération spontanée, les défenseurs de cette doctrine, ou plutôt de cette vérité de fait comme ils le croient, prétendent ordinairement ne pas l'entendre au sens propre et absolu. Ils ne manquent pas d'invoquer, en bons métaphysiciens, le principe de causalité contre euxmêmes, s'ils étaient assez absurdes pour se fio-urer que quelque chose peut ou a pu jamais s^ faire autrement que par le jeu des propriétés d'une chose antérieure. Ils veulent donc seulement donner un démenti à l'aphorisme Omne vivitm ex ovo, ef établir par l'expérience que la matière organique, amenée à ne plus contenutrace de corps organisés, se réorganise spontanément, par sa propre vertu, sans (lue rien lui survienne du dehors. Mais si en cela ils avaient raison, la répudiation de l'idée de spontanéité pure serait un tort logique qu'ils se donneraient. En eiïet, la matière préexistant à l'organisation n'a rien d'un végétal ou d'un animal. L'être (lui se produit n'est pas représenté comme tel par les propriétés (luelles qu'elles soient qui appartiennent au groupe physico-chimique. Dire qu il a celles-ci pour matière ou substance, c'est ne rien énoncer d'intelligible, si ce n'est peut-être que les phénomènes se superposent les uns aux autres, et cette vérité assez connue n'explique rien. Dire qu'il les a pour causes, c'est déclarer ([ue.