LA MICKOIUE ET LES VIVISECTIONS
LA MICIIOBIE ET LLS VIVISECTIONS.
La microbie et les xiNisectioiis.
Ce n'est pas ici le lieu des questions de morale. Cependant la science de la vie y conllnc. On Fa bieu vu, quand, après l'introduction, dans cette science, du principe de la lutte pour l'existence, l'idée est venue à plusieurs que la nature, par sa loi de la survivance des plus forts ou des plus aptes, enseignait à l'homme sa voie, et que cette loi du sacrifice des faibles, qui a présidé, dit-on, à la marche aveugle du progrès des êtres, devait être à l'avenir la méthode clairvoyante et volontaire de Tascension de l'espèce humaine dans la moralité et le bonheur. Le changement de sens de la maxime stoïcienne : Seqicere nalurara^ dépend du fait de considérer dans la nature Taspect universel de la lutte au lieu de l'aspect des harmonies, que l'on ])référait autrefois, et de substituer à la nature idéale, à l'harmonie propre de riiomme, c'est-à-dire à la justice et à la paix, la partie de sa nature en accord avec la violence et la perversité des choses. L'imitation et la recherche de la conformité étant des principes d'ordre qu'on ne saurait écarter de l'entendement humain et du cœur humain, tout pejiseur profond qui s'appliquera avec bonne volonté au dilemme de la conduite réglée sur la nature s'apercevra que la question morale, en ceci, exige qu'on décide si la nature physique, de
laquelle suit Vordre naturel des choses opposé à y ordre moral de la pensée^ e'silxi nature normale ou la nature corrompue,
Ouant au fait de la Guerre naturelle, au(|uel il faut se borner ici, il n'est pas niable. J'ai essayé plus haut de l'envisager dans son principe scientifique radical, dans l'antagonisme de l'ordre physi([ue brut et de celui de la vie, et je crois y avoir réussi, malgré la commune répugnance à voir ainsi les choses. Dans l'histoire des êtres vivants, il est plus visible. En vain le linalisme vulgaire étalait les merveilles de la « Théologie de l'eau » et autres ingénieuses théologies naturelles; les harmonies les plus frappantes et les plus multipliées ne parvenaient pas à voiler l'énormité de la condition la plus «générale de l'entretien de la vie, à savoir le sacrilice même de la vie, la nécessité de la mort, la mort donnée constamment aux uns par les autres et pour des vies destinées à des lins semblables. Considérant l'honnue on particulier, son état de tout temps reconnu de guerre contre les animaux, qui semblait d'al)ord réduit à des termes assez simples, a peu à peu et très justement saisi les imaginations, en se présentant, à mesure des progrès de l'observation scientifique, comme une guerre surtout des animaux contre Thonime, guerre incessante, intestine encore plus qu'extérieure, qui rend sa vie en tout plus précaire qu'on ne consentait à la voir. L'étude du parasitisme et celle des infiniment petits ouvrent sur le monde de la vie