AUX QUESTIONS MORALES
mes, profonds, continuels; il est aussi légitime de transporter nos lois à lui, dans ce qu'elles ont de plus élevé; qu'il est inévitable d'envisager en nous les siennes dans ce qu'elles ont de plus élémentaire et radical. A tout le moins, les spéculations tentées sur ce domaine éclairent la nature de l'homme, si elles ne démontrent pas Tessence de l'univers.
Ce renversement du sujet, lorsijue nous transportons la critique, des sciences physiques à la cosmogonie, n'est au fond que le passage de l'ordre des faits actuels à l'ordre des faits de l'histoire, conformément à une division encyclopédique expliquée ailleurs. {DeuœicmG Essai, ^ XVIII.) Mais l'histoire qui s'introduit de cette manière est moins celle des phénomènes euxmêmes, autant qu'ils sont abordables, que celle des doctrines ou opinions qui s'elforcent de les suppléer autant que cela est possible. C'est à l'histoire naturelle qu'on emprunte une part d'informations positives qu'on demandait tout à l'heure aux sciences expérimentales. Selon que la mesure est moindre de ces apports dus à l'histoire naturelle, ou que celle-ci fournit elle-mùme plus d'hypothèses que de faits, là où ils seraient réclamés, l'histoire proprement dite, c'est-à-dire alors celle des croyances et des systèmes, intervient dans une plus forte proportion. Il nen saurait être autrement quand les questions d'o-