‹ Les principes de la science du beau;Chapitre 121 sur 235 · M. DE LAMENNAIS · texte numérisé non relu

M. DE LAMENNAIS

M. de Lamennais a publié des esquisses de philosophie peut-être un peu trop négligées aujourd'hui, et parmi lesquelles le livre VIII, qui traite de l'art, mérite d'être connu. Après avoir étudié l'homme sous ses autres côtés, l'auteur arrive à le considérer au point de vue de l'activité ; cette activité est d'abord purement physiologique , puis elle s'élève successivement,

1 Voir Pensées de Jean-Paul, par le marquis de Lagrange. Paris, 1830.

jusqu'à ce qu'elle devienne une activité libre ou dirigée par l'intelligence.

L'apparition de l'art et la vision du Beau, forme extérieure du vrai , marquent le commencement de la vie intellectuelle et l'entrée de l'homme dans une sphère plus haute d'activité.

Le Beau est non seulement la forme extérieure du vrai, mais le vrai même, considéré, il est vrai, non en lui-même, mais dans sa manifestation. La science n'est pas, comme l'art, la simple vision, mais la connaissance intime, la conception du vrai : elle suit donc l'art et en est le couronnement.

À ce moment de son développement, l'homme vit dans une sphère double ; il doit incorporer le vrai dans le réel, et, pour cela, posséder également et en même temps la vision des choses dans leur indivisible essence, le vrai, et la vertu plastique de la nature qui réalise chaque essence sous les conditions de l'étendue, et la revêt pour cela d'une limite effective et spécifique.

De cette idée de l'art il résulte qu'à mesure que l'homme s'avance vers l'époque de la science qui doit naître, l'art se spiritualise davantage, bien que la forme sensible reste toujours un de ses éléments, ce qui le distingue de la pensée pure.

Le développement, c'est l'action même, l'exertion permanente des énergies internes de l'être; c'est la vie et le progrès de la vie : se développer, c'est se multiplier.

Le mode de développement de l'homme , de tout ce

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