QUATRIÈME PARTIE. t
traverse, s'accommodant au symbole, à la beauté classique, comme à l'idéal romantique.
Il est mutile d'insister : les formes diverses de l'art ne répondent pas à des moments divers du développement historique de l'homme ou de l'humanité ; c'est un jeu d'imagination que des rapprochements ingénieux. mais souvent forcés, rendent un instant spécieux et que repousse le premier regard de la raison. L'homme est une essence, «quelque chose de durable et d'identique : il ne s' écoule pas dans un mouvement perpétuel par lequel il devienne incessamment un autre, il quitte et reprenne de nouvelles pensées, de nouveaux besoins. presque d'autres sens. Il est presque puéril de «lire que. de nécessité logique, l'enfant est un architecte, le jeune homme un sculpteur, l'homme mur un peintre et un musicien, et cru' on est poète à tout âge : il y a plus de persistance dans notre être: le perfectionnement bien lent et bien faible que le temps y apporte , loin de détruire les unes ou les autres des facultés diverses dont l'unité fait notre me active, les exalte toutes, parce qu'il les lave de l'accident «qui les souille, et les rend à leur vraie essence, à leur maximum de force.
Le tous les arts «que nous venons d'énumérer, nul ne peut disparaître, tant que l'homme restera l'homme. Lc-s arts coexisteront toujours, parce que l'homme ne se divise pas, ne se distribue pas dans le temps ni dans l'espace ; son unité m périt -mais : il est toujours à la fois tout :-e qu'il est : ce qui ne veut pas due qu'il imprime un mouvement m"! et continu à toutes les
facultés de son esprit ; que l'art occupe toujours dans ses préoccupations la même place ; que tous les arts progressent également et indéfiniment, et, qu'en fait, ils gardent dans les progrès qu'ils font les relations de suprématie que la théorie peut avoir établies entre eux. L'art disparaît quelquefois, cela s'est vu, de la vie d'un peuple, absorbé par les fortes, cruelles mais nobles épreuves de la liberté et de la justice , par les pensées patriotiques ou religieuses ; ou , au contraire , abaissé et comme diminué par les viles préoccupations du bien-être, de la richesse et de toutes les jouissances sensuelles.
L'industrie, le commerce ou plutôt le jeu, supplantent la poésie, la sculpture et la musique. Il faut aux hommes des plaisirs : il leur reste donc toujours des simulacres des arts ; mais comme à des hommes grossiers il ne faut que de grossiers plaisirs , parce qu'ils ne savent plus en goûter d'autres , les arts deviennent grossiers pour leur complaire , le matérialisme les envahit et le réalisme les déshonore.
Il est une idée très répandue de nos jours, très flatteuse, et je crois vraie au fond , c'est l'idée du progrès indéfini, du perfectionnement continu de l'homme et de l'humanité, « L'âge d'or dont les poètes nous parlent, nous l'avons mis devant nous, dans l'avenir et non dans le passé. » 1 D'après cette doctrine, ce règne du bonheur et de la perfection , terme et fin des mouvements de l'humanité, a été poursuivi sans relâche et
1 Fichte, Destination du savant.