QUATRIÈME PARTIE
de ceux qu'on a trouvés pèse 65,000 kilogrammes. On trouve dans Y architecture de ces temples presque tout l'art grec ; la colonne , le portique , tous les détails de la colonne y sont déjà pleins de grâce et de variété. Il n'y a pas un seul genre de colonne que n'aient connu et employé les Egyptiens ; celle qu'ils reproduisent avec la plus grande prédilection est la colonne à chapiteau lotiforme et à feuillages de palmier : qu' est-ce autre chose que le chapiteau corinthien? Le portique égyptien diffère de celui des Grecs en ce qu'il est fermé latéralement par le prolongement des murs latéraux, qui forment ainsi des pilastres, disposition que les Grecs ont encore reproduite dans leurs temples à tîntes, c'est à dire à pilastres. De plus, tous les entrecolonnements , à l'exception de celui de la façade, qui sert de porte, sont fermés par un mur qui s'élève jusqu'au tiers et quelquefois jusqu'à la moitié de la hauteur des colonnes. Cette disposition enlève beaucoup de légèreté à l'ensemble, et la colonne elle-même, engageant sa taille déliée dans un lourd massif de maçonnerie, perd sa svelte élégance ; son diamètre énorme par rapport à la hauteur, les toits en terrasses, écrasent l'édifice et lui donnent des proportions basses et lourdes; l'étendue des lignes horizontales abaisse encore pour l'œil les proportions et diminuent la hauteur. *
1 11 y a des écrivains ingénieux qui ont trouvé que ces constructions horizontales, terre à terre, répondaient aux idées basses, sans élévation ni grandeur, que les hommes se faisaient alors de Dieu. La hauteur des flèches, des tours, des dômes, des églises, manifeste au contraire le sentiment élevé que les modernes ont conçu de la divinité. C'est le même auteur qui voit dans la pyramide une expression symbolique de Dieu , par cette raison
Malgré ces défauts , il y a déjà dans cette architecture des détails auxquels il faudra ajouter ou retrancher peu de chose , pour leur donner la légèreté , le mouvement, la grâce parfaite. Les colonnades qui forment ces immenses galeries ont de la grandeur; ces pylônes sont empreints d'une majesté grave; ces portiques hypostyles, couverts de peintures et de sculptures, flattent le regard par leur richesse et par leur élégance. Toutes les colonnes égyptiennes, comme les colonnes doriques, diminuent de la base au chapiteau ; une incroyable variété règne dans les ornements du chapiteau, et dans un édifice , si grand qu'il soit, il n'y a jamais que les deux colonnes qui se répondent dont les chapiteaux sont entièrement semblables. Au contraire, les bases se ressemblent toutes; ce sont des chevrons brisés entre lesquels se trouvent des lotus, ou bien elles s'enfoncent dans le sol sans base ni talon; un dé carré surmonte le chapiteau dont il a le tiers de la hauteur, en sorte que l'architrave, ne portant pas immédiatement sur ce membre, n'en écrase pas les sculptures délicates, les mouvements gracieux, et surtout n'interrompt pas les grandes lignes qui sont l'animation du mouvement architectural. Lencret regrette que les Grecs n'aient pas imité cette disposition : a-t-il raison? Est-il raisonnable d'ajouter quelque chose au
qu'on y retrouve le nombre trois qui exprime, ainsi que le triangle, l'être, l'un, le parfait, et le nombre quatre, qui signifie ce qui émane de la puissance divine et tout ce qui est créé. Quand on fait parler les pierres et les nombres, on peut leur faire dire tout ce qu'on veut. Si, pour goûter les arts, il faut avoir étudié la symbolique des nombres, le plaisir esthétique aura tout à fait changé de caractère et perdu, je crois, quelques partisans.