QUATRIÈME PARTIE
clone , dans notre système musical actuel , autre chose que la durée prolongée de l'isochronisme pour constituer le son vraiment musical; il y a cela d'abord, puis ensuite et surtout la nature du rapport qui lie ces sons l'un à l'autre et en fait un tout. Notre gamme est déjà une mélodie ; un son n'est faux que par rapport à un autre son ; en soi, il est toujours juste.
Les sons de la voix musicale sont destinés à exprimer le Beau, qui étant une forme sensible, mais individuelle , a pour caractère essentiel l'unité ; ils ne peuvent par conséquent pas être simplement une succession de sons doués du caractère prolongé de l'isochronisme ; il faut que ces sons constituent une unité, un ensemble; il faut qu'ils soient comme un être vivant , dont les membres se lient les uns aux autres , et , s' en chaînant dans un accord et une proportion sensibles, produisent l'idée de l'unité; il faut donc d'abord que ces sons soient articulés, divisés en membres, et pour que ces parties élémentaires obtenues par l'analyse soient reconnues membres ou articulations d'un corps , d'un même corps , il faut que leur relation soit sensible et vraie, de nature à satisfaire l'esprit et à être saisie par les sens.
Or, le son n'occupant point d'étendue, les parties du système dont ils constituent l'ensemble ne peuvent pas être mesurées; le son n'appartient à la sensation que par sa durée; ce n'est donc que dans le domaine du nombre par rapport au temps, que les éléments articulés pourront en être appréciés : le son musical est donc éminemment un nombre.
Ainsi l'articulation elle-même ne consistera que dans le rapport des nombres ; les articulations n'existeront que par rapport à d'autres articulations; les membres ne seront membres qu'à l'égard d'autres membres et à l'égard du tout qu'ils composent.
Qu'est-ce maintenant que cette articulation?
Quel que soit le mystère qui entoure encore aujourd'hui les fonctions de l'organisme vocal, on sait, et cela nous suffit, que tous les sons , de quelque nature qu'ils soient, sont formés par les vibrations de l'air contenu dans les poumons et qui en est chassé par la respiration; cet air passe dans le larynx, d'où il sort par la fente de la glotte ; arrivé dans la bouche , il est modifié de plusieurs manières par les vibrations accessoires des fibres qui tapissent l'intérieur de la bouche , la voûte palatine, la cavité nasale, la langue, les lèvres, les dents. Les observations recueillies sur l'homme vivant , montrent que la voix se produit dans la glotte elle-même, ni plus haut, ni plus bas.
La glotte fait partie du larynx : le larynx se compose principalement d'un tuyau à anneaux superposés, appelé la trachée artère , pouvant s'allonger et se raccourcir, et par conséquent monter et descendre, et, en outre, s'élargir et se rétrécir à volonté ; il renferme à sa partie supérieure quatre tissus membraneux, superposés deux à deux de chaque côté du canal, et ayant entre eux une ouverture de grandeur variable ; c'est là la glotte , et les tissus membraneux sont appelés cordes vocales, parce qu'ils se tendent à peu près comme des cordes, et que des degrés infiniment