ARISTOTE
Comme pour S. Augustin, nous avons perdu le traité spécial que le grand philosophe avait composé sur ce sujet. M. Ravaisson1 émet l'opinion que le titre que nous fait connaître Diogène de Laërce, signifie plutôt de honeslo que de pulchro ; je ne vois pas bien pourquoi. VHippias , qui a bien évidemment pour matière le Beau , porte le même second titre que le traité perdu d'Àristote. Il est du reste oiseux de discuter sur le sens d'un titre , quand on ne possède pas un seul fragment du texte de l'ouvrage : toute base manque pour le déterminer.
Nous venons de voir S. Augustin et S. Thomas définir la beauté un rapport ; nous allons entendre Àristote formuler plus scientifiquement les mêmes idées, et leur donner cette rigueur logique et cette sévérité de formes que son génie imprime à tout ce qu'il touche.
a Nous aimons nos sens parce que c'est par eux que nous connaissons, et le sens que nous aimons le plus c'est celui de la vue, parce que c'est la vue qui nous fournit le plus de connaissances. 2 »
ce Tous les hommes se plaisent au spectacle d'objets imités. La cause de ce fait est qu'apprendre est une jouissance très agréable, non seulement aux hommes curieux de savoir, mais même aux autres hommes, pourvu qu'ils puissent participer à la connaissance sans beaucoup de peine et de temps. C'est pour cela
1 Essai sur la Métaphys. d'Aristt. , tom. I , p. 101.
2 Aristl. , Métaph., I, ch. 1.