‹ Les principes de la science du beau;Chapitre 75 sur 235 · LES STOÏCIENS · texte numérisé non relu

LES STOÏCIENS

Les stoïciens avaient sur ce sujet adopté presqu'entièrement les idées d' Aristote ; seulement ils confondaient le Beau et le bien : ce le Beau c'est le bien parfait. 2 » Ils tiraient même la définition du bien de celle

1 Métaph., XIII, c. 3.

2 Diog. Laert., VII, 100.

du Beau par la série de syllogismes qu'a rétablie M. Ravaisson , * et dont je me borne à donner les conclusions.

Le bien, c'est ce en quoi consiste la beauté, c'est à dire l'harmonie, la proportion, 2 la convenance. En effet le Beau, c'est l'objet de la louange, avait dit Àristote.8 Le bien est ce qui est désirable, par conséquent aimable, par conséquent digne d'approbation.4 Il suffit de montrer que la louange n'est que la forme la plus parfaite de l'approbation, si toutefois elle n'est pas l'approbation même, pour montrer que le Beau c'est le bien, ou plutôt le bien c'est le Beau.

Il devient donc nécessaire de savoir ce que dans ce système on entend par le bien. Dans la doctrine d' Àristote, le bien est un acte; car il est la fin et la cause du mouvement : or la fin, c'est l'acte même où le mouvement se termine. Le mouvement est un acte imparfait , parce qu'il a sa cause et sa fin hors de lui; la perfection de l'acte est l'acte qui a sa fin en lui-même : tel est l'acte immobile de la pensée. Mais, chez les stoïciens, le bien n'est plus l'acte pur, la pensée qui se suffit à elle-même : c'est le rapport, la proportion qu'impose à la matière la raison ou la volonté; c'est la vertu, c'est la loi : or la loi, c'est toujours quelque ordre. 8 Comme le Beau, le bien est donc un rapport et une harmonie ; c'est un équilibre

1 Essai sur la Métaph. d'Aristt., tom. II, p. 189.

2 Chrysip. ap. Galen. de Hippocr. et Plat, placit , V, p. 159.

3 Rhét. I, 9.

4 Cicér. Tuscul., V, 15.

5 Politiq., VII, 4.

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