‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 105 sur 154 · DE L\ VARIÉTÉ DES INSTITUTS RELIGIEUX · texte numérisé non relu

DE L\ VARIÉTÉ DES INSTITUTS RELIGIEUX

SECTION te. — LES CAC'SES ET LES FINS DE CETTE DIVERSITÉ.

I. La diversité des instituts religieux dans l'Église n'est point l'effet du hasard, ni le fruit du caprice des liommes. Elle a sa raison première dans la conduite de la Providence divine et dans les opérations intérieures de l'Esprit-Saint au fond des âmes.

Dieu, en destinant à chaque homme sa place sur la terre, lui adonné des qualités, des aptitudes et des goûts en rapport avec cette destination: de sorte que la diversité qui se rencontre dans les caractères, les talents, les inclinations et même les forces corporelles et les besoins, contribue à déterminer ces choix divers qui fixent les uns dans une position de vie, les autres dans une autre, tant pour le bien connnun de la société que pour la direction de chacun vers la lin dernière de sa création, qui est le

salut éternel. Or, cette disposition providentielle de Dieu se montre, à plus forte raison, dans ceux qu'il destine par une vocation plus spéciale à l'état de la perfection évangéli(]ue. Il est moralement impossible que toutes les aptitudes et toutes les propensions s'accommodent à une seule manière de vivre dans cet état. L'un se sentira plus de facilité et d'attrait pour une vie de contemplation, de mortilication et de silence; un autre au contraire trouvera dans les occupations d'une vie active plus de convenance avec sa nature, ses goûts et les impulsions de la grâce ; enfin, un troisième verra dans les dons ([u'il a reçus en partage, les indices d'une vocation à une vie où il pourra mêler l'action à la contemplation : et c'est ainsi que tous auront les moyens de tendre à la perfection, mais sous des formes et dans des mesures diverses, par l'exercice de la charité envers Dieu et le prochain.

II. De plus, Dieu, qui a toujours en vue le bien de son Église, sait l'obtenir encore par cette mém^ action de sa providence et de son Saint-Esprit dans les âmes. Comme les besoins du peuple lidèle sont trèsdivers, un seul et même institut ne pourrait pas les embrasser tous à la fois; mais la divine bonté y a pourvu par la diversité des corps religieux, et elle les destine, chacun pour sa part et selon sa manière, à procurer ù l'Église quelque bien spirituel ou temporel, et à venir au secours de ses enfants dans les maux de l'âme et du corps. Les instituts ont donc leur vocation comme les individus. Membres du grand corps de l'Église, ils reçoivent chacun, ainsi

que le? momhres du corps humain, une fin propre, une destination spûeiale, dans laquelle ils doivent concourir au bien universel. Les uns, plus retirés dans la solitude, prient pour l'Église et rédifiont par le bon exemple* ; les autres, plus en communication avec les hommes, travaillent au salut des âmes ou s'emploient aux autres œuvres de miséricorde.

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