Exerc. Spir. règl. du dise, des esprits
alors connu d'autre institut que celui qui s'offrait à elle ; ou bien encore, celui où il se serait manifesté dès lors qu Ique indice dont elle aurait dû tenir compte.
4^ Quant au motif de changer que Ton tirerait de la déca lence d'une congrégation, il serait certainement légitime, comme le déclare saint Thomas, s'il était malheureusement fondé, et surtout s'il en résultait un péril pour le salut du religieux. Mais il faut dire que tout relâchement qu'on s'imagine voir autour de soi, ne suffit point pour autoriser une détermination si grave. Un esprit mécontent ou chagrin crée souvent ce qui n'est pas, ou exagère ce qui est ; et il ne sait pas assez faire la part de l'inlirmité humaine, qui se retrouve partout où il y a des hommes. La critique est injuste quand elle jette sur l'institut tout entier le blâme que méritent quelques particuliers. Enfin, alors même que le corps dont on est membre ne serait pas tout ce qu'il doit être, il peut arriver que Dieu demande plutôt qu'on fasse ce qu'ont fait de saints religieux en pareil cas : savoir, que Ton montre son amour pour son Ordre et pour ses frères, en s'appliquant à remédier au mal selon la grâce qu'on a reçue, ne fût-ce que par l'humble protestation des bons exemples.
Il est donc rare que le désir de laisser son institut pour passer à un autre, soit louable et l'effet d'une impulsion de la grâce. Ce qui est l'ordre commun, et en général le grand devoir du religieux, c'est ce que nous allons exposer, à savoir, l'estime et l'amour de sa vocation, avec un attachement inviolable au saint état où il s'est consacré au Seigneur.
ARTICLE V
DE l'estime et de i/aMOIR DE SV l'HOPRE VOCATION.
1. L'apôtre saint Paul a sur ce sujet de belles paroles : f Voyez, dit-il, mes fr.Tes, votre vocation *, » ayez sans ces-e les yeux. lix«''S sur elle : sur la vôtre, et non sur celle des autres. « Que chacun reste dans la vocation où il a été appelé -... Je vous conjure donc de marcher dignement dans la vocation que Dieu vous a donnée ^. »
Il y a des vocations plus élevées que d'autres, il y a des instituts qui proposent à leurs membres une perfection supérieure à celle de tel autre institut; c'est un principe incontestable, comme nous lavons vu dans l'article précédent. Mais un principe non moins certain et plus pratique dans ses applications, c'est qu'il faut distinguer deux sortes de bien ou de perfection : le bien qui tire sa bonté de l'objet, et le bien qui doit la sienne au sujet. Un mieux purement objectif et pris en dehors de l'agent n'est qu'une abstraction, une spéculation de l'esprit sans réalité ; ce qui est le mieux réel, plus agréable à Dieu, plus méritoire pour l'homme, c'est le mieux subjectif ou personnel ; et ce mieux tient à deux choses qui doivent s'unir: d'une part à la vocation de