‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 117 sur 154 · Assiduitate vilueruut · texte numérisé non relu

Assiduitate vilueruut

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pnsitire, qui, sans lier toujours la conscience, guide rii niuic vers une observation toujours plus parfuite tlu coniniaiulement. Par exemple, les trois premiers pi^'ceptes du décalogue, dans leur partie négative, détendent sous peine de l'otiense divine tout ce (jui est contraire au culte qui est dû à Dieu ; mais dans leur partie positive ils vont bien plus haut, puis([uils renferment tous les de;;rés de perfection avec ies(iuels le vrai serviteur de Dieu doit s'eti'orcer d'en exercer les actes : et il en est de même des autres commandements pour la matière qui leur est propre. Or, les vœux s<^nt des obligations qu'un liomme simpose à lui-même par la promesse qu'il fait à Dieu, et ils deviennent ainsi une sorte de précei)tes personnels où l'on distingue la partie négative et la partie positive : celle-là est la matière propre du vœu, qui oblige sous peine de péché ; celle-ci est la matière de la vertu, dans laquelle le vrai religieux doit tendre à une perfection toujours croissante.

Les religieux que Ion rencontre dans les communautés peuvent être distingués en trois classes diverses : il y a les relijieux médiocres, les bons religieux^ les saints religieux ; car il faut écarter une quatrième classe, les mauvais religieux, puisqu'ils ne sont point religieux en effet, ou qu'ils ne le sont que pour leur condamnation.

A ces trois classes on peut appliquer ce que dit saint Ignace de trois genres de personnes f(ui s'adonnent aux exercices spirituels d'une retraite : « Les uns se promènent à leur aise, et sans sortir d'un court espace qu'ils se sont hxé; les autres prennent le pas

du voyageur, qui marche plus décidément et ne limite point l'espace à parcourir, jusqu'à ce qu'il soit au terme du voyage; les troisit'mes font plus encore, ils choisissent le pas de course, parce qu'ils veulent aller plus loin et arriver plus vite ^ »

Ainsi le religieux médiocre est celui qui marche à petits pas, content de se promener commodément dans certaines limites entre lesquelles il va et revient. En lui l'esprit de foi et de sacrifice est faible et souvent en défaut ; l'intention manque fréquemment de droiture et de pureté ; il observe ses règles, pourvu qu'elles ne lui imposent pas trop de gêne ; il n'agit pas contre la vertu, quand ce qu'elle demande est facile ; mais dans la difficulté on le trouve trop FOU vent en faute.

Le bon religieux est celui qui a pris dans la carrière le pas dégagé et résolu du voyageur : car il veut sérieusement atteindre le but. Il n'est pas impeccable sans doute ; mais il y a du ressort dans son âme; il a cette vraie dévotion dont parle saint Thomas, c'est-à-dire cette promptitude de volonté à se livrer aux choses du service de Dieu. Aussi, nonseulement il redoute comme un malheur tout péché et toute violation même légère de ses vœux ; mais encore il a coutume d'agir selon l'exigence de la vertu, et s'il bronche quelquefois dans la difficulté, ce n'est que par surprise ou par une faiblesse momentanée, dont il se relève aussitôt.

Et que dire du saint religieux ? Lui, il court, il voudrait voler dans la carrière ^, et il répète après

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