Exerc. Spir l""® Annot
H. Quis dabit milii pennas sicut columb3e,et volabo ? Ps. 54.
l'Apôtre: « Non, ce n'est pas que je sois dt'jà parfait, mais je liAte le pas pour tâcher de saisir; j'oublie l'espace que j'ai niisderrirremoi, et je m'étends en avant vers celui qui me reste à parcourir * ». Cependant n'allez pas croire qu'il soit sans tentations, sans diflicultés, sans défauts, sans défaillances même et sans péché. Non, cet affranchissement parfait n'est point des saints de ce monde ; et même, les épreuves où Dieu les met sont plus jurandes que les vôtres, sachez-le bien, parce qu'il les proportionne à leur vertu. Mais ce que le saint religieux a de propre, c'est une volonté unique, et par conséquent forte et constante, la volonté d'aller à Dieu en se dégageant de tout le reste, la volonté de profiter de tout, même de ses défauts et de ses fautes, pour mieux s'élever vers le seul objet de son amour. Et ses grands moyens d'atteindre la fin sont ses vœux et ses règles, avec l'abnégation et la patience, avec l'esi rit de foi, de confiance et d'humilité.
Du reste, il faut dire que les communautés ferventes ne sont pas seulement celles où il n'y a que des saints, ni celles où nul défaut ne se rencontre : hélas ! on en chercherait vainement de telles sur la terre. Dans une bonne communauté, il se trouve toujours des religieux médiocres ; mais les bons y font la majorité ; plaise au divin Maître d'en écarter entièrement les mauvais, et de lui accorder toujours aussi quelques saints !
Assument pennas sicut aquilae, et voîabunt et non déficient. îsAi. 40.
1. Non quod jam perfectus sim ; sequor autcm, si quopiodo compreheudam... quœ quidem rétro sunt obliviscens, ad ea vcro quie sunt priora extendens raeipsum. Philip, 3,
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III. La troisième ditTérence entre la vertu et le vœu consiste en ce que la vertu, à son tour, est un moyen relativement au vœu: de sorte qu'un religieux sera d'autant plus à l'abri de la violation du vœu, qu'il sera plus diligent à pratiquer la vertu. Mais aussi, quand il néglige notablement Texercice de la vertu, il doit savoir qu'il s'achemine int'ailliblement vers lintidélité au vœu. Ce motif si pressant de s'appliquer à la vertu est parfaitement développé dans la Perfection chrétienne de Rodriguez *.
IV. La quatrième diiïérence pose ce principe, qu'un religieux peut pécher contre la vertu sans même qu'il y ait violation du vœu : d'où il doit recueillir deux vérités importantes à connaître : la première, que tout manquement à la pauvreté ou à l'obéissance n'ef^t pas nécessairement un péché contre ces vœux; la seconde, qu'il ne peut pas toujours dire non plus : Je ne viole pas mon vœu, donc il n'y c. point de péché.
ARTICLE IL
DES AUTRES OBUGATIONS QUI. OUTP.E CELLE DES VOEUX MÊMES. r.F>ULTE.\T DE L\ l'IlOFESSION RELIGIEUSE.
Les obligations dont nous allons parler découlent de l'acte de donation que le religieux, par la profes-