DE LA VERTU DE PAUVRETÉ
La vertu de pauvreté n'est point explicitement désignée parmi les vertus morales ; mais c'est une vertu évangélique qui , en détachant le cœur de l'homme des biens temporels de ce monde, met en exercice presque toutes les vertus morales et théologales. Elle a un rapport plus direct avec la libéralité et la tempérance; et l'on sait en quelle estime elle a été même parmi les sages du paganisme ; qu'il nous suffise de citer ces paroles de Cicéron : « Il n'est rien de plus digne d'honneur et de plus magnifique que de mépriser les richesses * » .
Le catéchisme des vœux explique suffisamment l'obligation que cette vertu impose au religieux, et comment il pécherait contre elle, même sans violer le vœu de pauvreté. Nous n'avons que quelques observations à ajouter ici.
I. De l'affection déréglée aux biens et aux objets temporels.