‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 143 sur 154 · Vende omnia quae habes, et da pauperibus. Mattu, 1l · texte numérisé non relu

Vende omnia quae habes, et da pauperibus. Mattu, 1l

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qu'à se jeter sans aniv-re-pensée, et pour ainsi dire à corps perdu, dans la carrière de la perfection. On voit donc que la prati<iue de ce conseil évangélique est non-seulement plus méritoire et plus parfaite, mais encore qu'elle est un préservatif contre sa propre instabilité, un moyen de persévérance et de ferveur au service de Dieu.

Que si cependant les proches eux-mêmes se trouvaient être dans le cas des pauvres, il est évident que le devoir du religieux serait de songer à eux, avant même de s'occuper de tout autre ; et dans l'appréciation de leurs besoins, il devrait encore avoir égard à ce que réclame légitimement leur condition. Lorsqu'il s'élève quelque doute à ce sujet, on doit, avec permission, consulter des personnes qui soient à la fois désintéressées.éclairées et vertueuses : éclairées, pour qu'elles puissent donner un conseil prudent ; désintéressées et vertueuses, pour qu'elles le donnent selon Dieu et la vraie piété.

Il peut encore survenir d'autres justes motifs dont un religieux doive tenir compte en cette matière : par exemple, une obligation de justice, quelque devoir de reconnaissance, ou même parfois la nécessité peutêtre de prévenir des discussions, des scandales, etc. Par les pauvres, il faut entendre aussi sans aucun doute les pauvres volontaires de Jésus-Christ, et .spécialement ses frères en religion. Nest-ce pas même pour le religieux un devoir de reconnaissance (il faudrait dii-e plus encore) de ne point oublier les besoins d'une communauté qui se charge de lui pour le reste de sa vie ?

Les paroles évaiigéliques doivent s'interpréter

également de toutes les œuvres pies : telles que le soin du culte divin, la propagation de la toi, l'éducation chrétienne des enfants, et l'assistance quelconque des malheureux ; et il est aussi juste que naturel de seconder en particulier les œuvres du corps religieux dont on est membre.

Dans ces limites que lui trace sa profession, le religieux reste libre de suivre sa propre dévotion pour la distribution de ses biens; car c'est à lui, et non à d'autres que Jésus-Christ s'adresse : Donnez-les aux pauvres; et personne n'a le droit d'entraver l'exercice vertueux qu'il veut faire de sa liberté dans cet emploi des biens que Dieu lui a donnés.

Cependant les supérieurs ont à remplir ici un devoir de surveillance et de direction, pour empêcher que le religieux ne fasse rien contre l'éditicalion et l'esprit de son état.

y. Pour ce qui regarde la pratique de la vertu de pauvreté et ses divers degrés de perfection, le catéchisme des vœux donne tous les principes ; et quoiqu'il le fasse en peu de mots, il nous semble ne rien omettre d'essentiel. Si l'on veut de plus amples développements, on a le livre de la Perfection chrétienne de Rodriguez ^. Il nous sutfira d'ajouter deux observations.

La première est que tous ceux qui entrent en reli- Gjion ont grand besoin de s'appliquer dès le noviciat à bien saisir ce que c'est que la pauvreté religieust% à en prendre l'esprit et les saintes délicatesses ; et à

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