DE LA DI-FIMTION DU VOEU
On (It'liiiit le vœu une promosse délibérée qui se fait à Dieu d'un acte weillrur i^ue l acte opposé.
Voyons les grandes leçons pratiques qui jaillissent de cette délinition.
SECTION PREMIÈRE. — LE vœu est une pkomes?e.
Parmi les promesses que les hommes ont coutume de se faire entre eux, on peut en distinguer de trois sortes : la promesse simple , la promesse d'honneur, et la promesse-contrat. Dans la preraii-re. un homme ne s'engage envers un autre qu'avec cette clau.-e sous-entendue : t Si je le puis facilement , s'il ne survient point d'obstacle ». Dans la seconde, la parole donnée a mis l'honneur en cause ; il faudrait un empêchement sérieux pour se croire et être jugé quitte de son engagement. Mais la troisiè*me promesse, une fois faite et acceptée légitimement , constitue un droit formel de justice : si vous y manquez, on pourra vous citer devait le juge.
Il en est à peu près ainsi des promesses qu'il nous arrive de faire au Seigneur. Ce peut être une simple promesse , par exemple celle d'entreprendre , pour lui plaire, quelque œuvre surérogatoire de piété : j'ai sous-entendu la clause : t Si rien ne s'y opose » : ou du moins je n'avais pas l'intention de me lier sous peine de péché.
Nous faisons souvent à Dieu la promesse de remplir envers lui une obligation déjà existante. C'est une résolution que nous formulons ainsi en sa présence , dans le but de nous exciter à faire notre devoir : ce n'est pas une obligation nouvelle que nous prétendons nous imposer.
Quelquefois , mettant de la solennité dans cette reconnaissance d'un engagement déjà contracté , nous protestons devant témoins que notre volonté
est de le remplir : alors il y a comme une promesse d'honneur , dont l'elFet sera de resserrer le lien de la conscience , mais non de le doubler: telles sont les promesses du baptôme , auxquelles on donne improprement le nom de vœux ; telle est spécialement la raîilication publique qui s'en fait en certaines cire »nstances de la vie ; telle est encore un î cérémonie de rénovation des vœux , lorsqu'ils n'ont pas cessé d'exister. Il n'y a là aucune nouvelle obligation impos'eà la conscience.
Une promesse faite à Dieu, que l'on appellera prop: ement la promesse d'honneur, c'est, par exemple, l'acte de consécration qui se fait en entrant dans quelque pieuse ass jciatioii : quoique l'on s'engage alors , même avec quelque solennité , on ne se lie cependant pas la conscience, et il n'en résulte aucune obligation sous peine dépêché.
Je parle des simples associations de piété : car il existe dans l'Eglise des associations constituées par elle , telles que la Congrégation de Saint -Sulpice, de rOrato're, etc., où, sanscjuil y ait des vœux, ii pourra se faire qu'une promesse de stabilité devienne une affaire de conscience, parce qu'on se sera engagé envers les homnes, auxquels on voulait s'associer.
Mais il y a aussi envers Dieu la prom':'sse-contrat, et c'est le vœu. qui vient alors, comme tel , imposer par lui-même un nouveau lien à la conscience. Nous apprécierons bientôt la gravité de cette promesse qui se fuit à Dieu même. Disons seulement ici «lue si vous n'avez pas eu l'intention de vl.us lier sous peine de péché, il n'y a point de vœu ; et mémo si vous n'êtes pas certain de l'intention que vous