‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 19 sur 154 · SECTION. II. — LE VŒU EST UNE PROMESSE DÉLIBÉRÉE · texte numérisé non relu

SECTION. II. — LE VŒU EST UNE PROMESSE DÉLIBÉRÉE

On entend par un acle délibéré q lui qui présente ces trois conditions essentielles : la connaissanc e de ce qu'on fait , la détermination de 'a volonté , et le pouvoir de faire autrement, si l'on voulait. Or, il est (îe l'essence d'un vœu d'être un ; cte parfaitement délibéré, sans quoi il n'existerait pas.

I. Un vœu exige la connaissance suffisante de ce que l'on promet à Dieu. Il demande même une mûre considération de le-prit et une appréciation convenable : car, observe saint Thomas, « c'est un acte de la raison, à laquelle il appartient de faire agir avec ordre* ». Voilà pourquoi la discrétion y est si nécessaire, que souvent on doit pi endre auparavant le conseil des personnes sages , parce qu'.di traitant avec Dieu, il ne faut ni légèreté, ni étourdcrie. Et c'est à quoi malheureusement ne songent pas toujours ceux qui font les vœux.

Mais cette condition devient beaucoup plus indispensable aux vœux de religion, qui sont un si grand acte du li! re arbitre, et l'engage, i. eut de la vie entière. Pour ces vœux surtout, il f ut avoir une connaissance nette et précise de ce qu'on promet. Donc les supérieuis et les maîtres des novices ont le devoir d'en instruire pleinement l'aspirant à la vie

1. Volum est actus ratiouis, ad ^uam pertinet ordioare. 2a» 226. q. 88. a. 1.

religieuse, de ne rien lui déguiser li:-flrssu<, de ne point chercher à le surprendre ; une iifTaire de c(itte nature ne se traite pas à la dcrobée, par ciilcul d'intcrêt temporel , ou par une prudence humaine et terrestre ; donc aussi, le devoir du candidat et du novice est dexaminer les choses , d'interroger dans ses doutes et de savoir clairement ce qui en est.

Si celui qui prononce des vœux ignorait quelque point tenant à leur substance, ou quelque circonstance (jui tut de nature, sil la connaissait, à changer sa détermination, ses vœux seraient nuls par défiiut de connaissance.

II. Il faut pour un va?u quelconque le consentement de la volonté ; et pour les vœux de religion, il faut un consentement tout spécial . qui doit être Itrécédé d'un essai de ses forces durant au moins une année entière. Non-seulement c'est une prescription de l'Eglise , mais encore une condition posée par elle, sans quoi les vœux de religion ne seraient point valides *.

Or , ce consentement repose sur une première et sur une seconde probat ion. La première probation, soit qu'elle se compose d'un certain nombre de jours faisant déjà partie du noviciat, soit qu'elle le précède sous le nom de postulat, a pour but d'établir un premier examen pour connaître la vocation de Dieu et sonder son propre cœur. Là, on délibère avec soimême et avec les supérieurs de l'Ordre ou de la Congrégation ; et le candidat doit bien remarquer que,

1, roncil. Trideuun. tSess. 'Jô. de reformat, c. 15.

dans cette délibération, il a sa part à mettre, comme l'Ordre doit y mettre aussi la sienne.

La part du candidat est uniquement de v(»ii- s- ^7 reiit. selon cette parole du Seigneur au jeune homme de rÉvanp:ile : « Si vous voulez être parfait*». Mais comme néanmoins il s'agit ici d'une vocation de la part de Dieu, et que le Seigneur a dit encore : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi , mais c'est moi ({ui ai fait choix de vous 2 > ; le candidat de la vie religieuse sonde sa volonté pour découvrir si Dieu veut conjointement avec lui, et par conséquent si luimême veut comme il faut, c'est-à-dire par l'impulsion de Dieu, qui est la cause principale du bon vouloir de l'homme^ Or . le moyen ordinaire pour lui de constater ce point capital , est d'eNammer deuK choses: la première, s'il veut selon la droite raison, c'est-à-dire sans que ce soit un caprice passager ou un simple élan d'imagiiiation, et sans qu'il néglige quelque obligation qui peut-être serait de nature à le retenir légitimement ailleurs ; la seconde, s'il veut purement et vraiment pour Dieu, sans se laisser influencer par des motifs humains ou défectueux.

Telle doit être la part du candidat, dans laquelle un directeur ou des supérieurs pourront bien lui être nécessaires pour l'aider de leurs lumières et pour écarter de lui les illusions, mais où personne ne peut suppléer à l'indécision de sa volonté.

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