‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 41 sur 154 · Quae societas luci ad teuebras? II. CoR. G · texte numérisé non relu

Quae societas luci ad teuebras? II. CoR. G

un beau cristal ; une goutte d'eau pénétrée par la himi.'ie, c'est comme un diamant ; nuMée à la terre, ce n'est plus que de la boue.

Cette partie de la sainteté, comme on le voit, embrasse tout ce qui tient au détachement et à l'abnégation, et nous n'entrerons point ici dans les détails. Disons seulement en deux: mots que, pour s'exciter à cette pureté de l'âme, rien n'est plus utile que de la considérer fréquemment dans les .saints. Quelle n'a pas été l'attention à éviter tout contact avec les choses terrestres dans un saint Jean-Baptiste, dans un saint Louis de Gonzague et dans ces milliers de vierges si pures? Or, la prirre et la bonne volonté peuvent nous rapprocher des saints par l'imitation : et les âmes qui se livrent franchement à l'esprit de grâce sentiront bien que les siècles passés n"ont pas tan la source de la sainteté, ni que le bras de Dieu n'est point raccourci.

2'^ La langue latine a fourni le mot qui exprime le second élément de la sainteté : Sanctus, c'e^t-k~ d\re sanclt us on fi niiatHs, affermi, rendu inviolable; et l'on appelle saint ce qui est si fortement appliqué à Dieu, à son culte, à son service, qu'il n'est plus possible de l'en séparer, ni permis de l'appliquer à un autre usage.

Un saint est donc celui dont l'âme, avec tous ses actes, est tellement appliquée à Dieu, qu'il n'y a plus de séparation possible, parce qu'un lien solide, celui de la loi de charité, est là pour retenir cette âme.

La fermeté est nécessaire encore à la sainteté, par cette raison que l'âme s'applique à Dieu comme au premier principe et à la dernière fin ; or, une telle ap-

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plication ne permet plus la mutabilité, ainsi que le dit saint Paul : « Qui nous séparera de la charité de Jésus-Christ? sera-ce la liibuation, ran<i[oisse, la laiuî. la nudité, le péril, la persécution, le

irlaive ? Je suis assuré que ce ne sera ni la mort,

ni la vie. etc. * ».

Ce double élément de la sainteté ne se trouve pas seulement dans les hommes saints ; il est aussi dans les choses saintes que l'on applique au culte divin, comme sont les temples, les vases sacrés, etc. Mais combien la sainteté de l'homme n'est-elle pas supérieure à celle de tout objet matériel, quand il tient son esprit, son cœur et son corps à l'abri de tout;î souillure, et son âme entière avec tous ses actes fermement appli([uée à Dieu f

III. Le baptême donne au chrétien le commencement de la sainteté : car, par la rémission des péchés, il lui ùte les souillures de l'âme, et par l'infusion de la grâce sanctihante, il l'applique fermement à Dieu: Agios, sanctus. Ensuite, les autres sacrements sont là pour lui conserver la sainteté, pour l'accroître, et même pour la lui rendre, si malheureusement le péché mortel venait souiller lame et briser son union avec Dieu. Enfin, par les secours de la jirâce actuelle et par l'exercice des vertus, Tàine lidèle s'élève à une sainteté toujours croissante, où sa pureté est toujours plus exempte de souillures, et son adhésion à Dieu toujours plus étroite et plus entière.

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