‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 45 sur 154 · Voyez encore le Catéchisme des Vœux, 1" partie, ch. L · texte numérisé non relu

Voyez encore le Catéchisme des Vœux, 1" partie, ch. L

supt'rifiir : car la raison est la nirme, savoir : que la volonté (le rintVrienr étant devenue totalement dépendante de la sienne, celui-ci ne peut pas amoindrir par un vœu spécial le pouvoir que le supérieur a acquis sur tous ses actes. Et ce droit, cpii aj)partient au pouvoir de domination, non de juridiction, peut être exercé par quelque supérieur que ce soit^ de sorte que tout vœu particulier est nécessairement accompagné de cette réserve : « à moins que mon supérieur, ou ma supérieure ne s'y oppose. » Et, puisque ces vœux sont annulés, ils ne revivront plus, même en cas de sortie ou de renvoi.

Entin, que dire d'un vœu particulier que ferait un religieux qui n'a prononcé que des vœux temporaires de religion ? Il faut répondre, ce semble, (jue si l'obéissance vouée temporairement est une obéissance universelle, tout vœu particulier peut être encore annulé par le supérieur, puisque la raison alléguée ci-dessus a également ici sa force. Mais si ce vœu portait sur une matière qui dût subsister encore après l'expiration de l'engagement temporaire, il ne pourrait être alors que suspendu, et deviendrait obligatoire pour celui qui sortirait de la congrégation.

Quant aux vœux de religion , il y a des instituts où les supérieurs pourraient les annuler, même .sans posséder le pouvoir de juridiction, ni par cons 'quent celui de dispenser : ce sont les congrégations où la règle approuvée leur attribue le droit d'annuler les vœux simples par le seul fait du renvoi légitime d'un sujet. Mais les supérieurs doivent bien remarquer que, pour cette annulation, il taut que le renvoi

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soit h'cfifime , c'est-à-dire fondé sur les motifs d'exclusion que les constitutions ont établis ell-jsmémes.

Lorsqu'un religieux oblipre par sa mauvaise conduite les supérieurs à le renvoyer et à le délier de ses vœux, il doit savoir que, outre les péchés dont il a pu se rendre en cela coupable contre d'autres obligations de conscience, il en commet un sp/'cial et très-grave contre la charité qu'il se doit à luimême, en causant la perte de sa vocation, et en exposant par là son salut, hors de la voie que la divine bonté lui avait ouverte. Car, s'il est trés-vrai que cette voie , par rapport à son salut éternel, n'est pas pour lui comme une sorte de ligne géométrique dont, une fois sorti, il ne pourra plus espérer les secours divins, il faut dire cependant qu'en sortant du pian providentiel que Dieu lui avait tracée il se met hors du courant des secours abondants qui lui avaient été aussi préparés dans cette voie, et par conséquent qu'il s'expose grandement à manquer ensuite son salut.

3*^^ La dispense. Le chef de IKglise a seul le pouvoir de dispenser des vœux solennels de religion. Tout évéque, dans son diocèse, pos.sède le pouvoir ordinaire de dispenser des vœux simples, excepté les cinq qui sont réservés au Pape, parmi lesquels il nous sufiit de citer le vœu de chasteté perpétuelle absolue. Il faut excepter encore les vœux simples de relitrion, même les vœux temporaires, dans les instituts approuvés par le Saint-Siège.

Quant au vœu d'entrer en religion, il est aussi r-jsurvé au Pape, mais seulement lorsqu'on a fait

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vœu 'J'entrer dans un unlre religieux proprement (lit; or, l'on sait, par les déclarations du Saint- ^iéire . ([ue présentement ce cas n'existe pour aucune communauté de femmes en France.

40 La commutation des vœux. D'après la théolojrie, il est permis à chacun de commuer un vœu (ju'il a fait lui-même, en un autre évidemment meilleur, par la raison que le second renferme virtuellement le premier. C'est un principe certain, quoique dans son application la prudence demande souvent qu'on ne s'en rapporte pas à son seul jugement. Or, de là sort le droit que conserve, en thèse générale, tout religieux de passer à un institut plus parfait : ce qui nest autre chose que commuer soi-même ses vœux en des vœux meilleurs. Mais cette application du principe exige encore plus de considé-ration. et nous reviendrons ailleurs plus explicitement sur cette grave matière *.

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