CHAPITRE II
DE l'eXCELLEXCE DES VŒUX DE RELIGION, ET DE
l'État de perfection.
ARTICLE I
excellence de ces VriEUX.
SECTION Ir». — LES VŒUX DE RELIGION COMPARÉS AUX AUTRES VŒUX.
Nous n'avons point à traiter ici longuement des différentes espèces de vœux : indiquons cependant les notions principales.
On distingue le vœu personnel et le vœu réel, le vœu abiolu et le vœu conditionnel, le vœu perpétuel et le vœu temporaire, le vœu commun et le vœu spécial de religion.
Le vœu perro.inel impose son obligation exclusivement à la personne qui le fait, sans que cette obligation soit tra ismissible à une autre.
Le vœu réel fait tomber l'obligation directement sur la chose que l'on promet à Dieu : de sorte que lexécution peut se transmettre à une autre personne et devenir obligatoire pour elle, par exemple pour un héritier.
Le vœu est absolu quand on promet quelque chose à Dieu sans condition ; il est conditionnel, si
Ion |M»st' qiifliiue cuiulilioii à l'exécution de la chose promise. Le vœu comlitionnel ii*ol)lige que dans le cas où la condition se trouve vérifiée.
Le vœu est porpétu 1 quand on a entendu s'engager pour toute la vie. Il est temporaire si l'on ne s'est engagé que pour un temps.
Le vœu commun est celui où l'on promet à Dieu quelque bonne œuvre que ce soit.
Le vœu de religion est celui où l'on promet à Dieu d'entrer dans l'état religieux, et les vœux de religion sont ceux où l'on promet à Dieu la pauvreté, la chasteté et l'obéissance dans ce même état.
Les vœux de religion renferment l'hommage le plus parfait, le plus agréable à Dieu, et par consé- (juent le plus méritoire, après le martyre, que l'homme puisse offrir en ce monde à la divine Majesté. C'est comme un bouquet de la plus suave odeur pour le Seigneur, et que nul autre n'égale en beauté à ses yeux. Ce bouquet se compose de trois fleurs nécessaires et inséparables, et il ne se fait que dans l'état religieux, où d'ailleurs se trouvent des moyens abondants de le préserver de tout dommage, de l'entretenir dans sa fraîcheur, d'en accroître chaque jour l'éclat, et de le relever encore par tous les ornements accessoires dont il est susceptible.
La pj'euve manifeste de cet éloge est que les trois vœux de religion sont un engagement à ce qu'il y a de plus élevé dans la doctrine de Jésus-Christ ou la morale chrétienne, c'est-à-dire un engagement à la pratique des conseils évangéliques. Mais, ici, il est nécessaire de donner plusieurs explications.
— !Ji —