‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 47 sur 154 · SECTION II. — DES CONSEILS KVAXGÉLIQLES · texte numérisé non relu

SECTION II. — DES CONSEILS KVAXGÉLIQLES

I. Qu'est-ce en général que les conseils évangéliques? Pour le faire mieux entendre, il faut rappeler ce que nous avons iléjà expliqué, qui! y a deux sortes de sainteté sur la terre: lune, réduite à ses éléments essentiels, consiste à ne point se détacher de Dieu par le péché mortel : l'autre s'éltve à un plus haut degré de pureté et d'union avec lui. A ces deux sortes de sainteté, correspondent deux sortes de moyens : les uns que Dieu exige rigoureusement , les autres qui tiennent seulement à sa volonté de bon plaisir. Ainsi, outre nos actions obligatoires, il en est une foule d'autres par lesquelles nous pouvoi.s plaire au Seigneur, sans qu'aucune loi nous les prescrive ; et même, dans les actes commandés, il y a lieu encore d'ajouter, à ce qui est de rigueur, plu.> ou moins de perfection, de pureté et de soin, tant par l'intention qu'on y apporte que par la manière de s'en acquitter. C'est à quoi nous invite Jésus- Christ dans son Évangile, et le Saint-Esprit par les bons mouvements (ju'il nous suggère intérieurement au cœur ; et ces invitations sont ce que Ton appelle les conseils, par opposition à ce qui est conq^ris sous le nom de préceptes.

II. On distingue deux sortes de conseils évangéliques: les uns qui n'ont pour objet que des matières «spéciales et des actes particuliers; les autres qui embrassfnt une matijre générale et pour ainsi dire universelle.

Ainsi Jrsus-Christ donne des conseils particuliers, quand il nous dit de bénir ceux qui nous maudissent, de faire du bien à notre ennemi, même dans les cas où le précepte n'oblii^^e pas, de tendre la joue gauche à celui qui nous a frappé sur la droite, etc. Dans chaque vertu et même dans chaque commandement de Dieu, il y a de ces conseils particuliers qui invitent à faire au delà du devoir de conscience, soit pour ce qui regarde telle ou telle circonstance, soit pour ce qui tient à l'intention plus ou moins parfaite, au nombre plus ou moins multiple des actes, à la ferveur plus ou moins grande avec laquelle on peut agir. Entîn, c'est encore un conseil particulier que de sengager par vœu à l'aire une bonne œuvre quelconque, soit libre, soit commandée : si elle est libre, vous vous imposez un devoir que Dieu ne vous imposait pas ; si elle est commandée, vous ajoutez à une obligation déjà existante une obligation nouvelle de votre plein gré ; et c'est ainsi que, pour plaire davantage au Seigneur, vous multipliez les liens qui vous attachent à lui.

Les conseils qui embrassent une matière générale et comme universelle sont précisément les trois que Jésus-Christ a donnés dans son Évangile touchant la pauvreté, la chasteté, l'obéissance, et dont l'accomplissement s'étend sur la vie entière, de manière à en faire un genre de vie spécial.

Les conseils particuliers, remarque Suarez * , ont ordinairement le même objet que les préceptes ; ce n'est qu'à raison des circonstances qu'ils deviennent

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