‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 53 sur 154 · Quasi morientes etecce vivimus. II. Cob · texte numérisé non relu

Quasi morientes etecce vivimus. II. Cob

toujours (le ce monde par le travail et l'rpreuve, il est déjà dans l'autre par le désir et par la certitude de son espérance.

Il est rapporté dans la Vie de saint Hernard (ju'un jour il rencontra un malfaiteur chargé de chaînes, que conduisaient ù la potence les jj;ens arnié'S du comte de Champagne. Le saint Abbé, poussé par une inspiration d'en haut, s'approche des archers et les prie de lui livrer cet honnne, assurant qu'il le châtiera comme il le mérite. On s'étoime de sa demande^ et pendant qu'il insiste pour vaincre le refus des soldats, le comte de Champagne, qui chassait alors dans la forêt voisine, survient, et après avoir donné au saint des marques de sa vénération, est tout surpris de lui entendre réitérer sa proposition. Eh quoi! saint père, lui dit le prince, ignorezvous quel est le coquin auquel vous vous intéressez? Et aussitôt il lui fait le récit de ses méfaits, pour lesquels assurément, ajoute-t-il, la corde lui est bien due. J'admets tout cela, reprend le saint en souriant, et voilà justement pourquoi je me propose moi-même de lui infliger son châtiment, qui ne sera pas une seule, mais plusieurs morts. Bref, il obtient qu'on lui abandonne le coupable, et il le mène à Clairvaux. Une grâce victorieuse avait déjà pénétré dans le cœur de cet homme : la charité du saint Abbé fut si heureuse, que le malfaiteur, après une conversion exemplaire, fut jugé digne d'être admis au nombre des religieux ; et c'est là que, durant plus de trente années, il véritia les paroles de saint Bernard, sinlligeant chaijue jour de ses propres mains, par des austérités rigoureuses, le châtiment que des mains

otrang.'TOS lie lui eussent fait ciulurer ([uune seul lois.

ARTICLE II

DE LLTAT RELIGIEUX, OU DE PERIKCIION.

SECTION I»^^. — EN QUOI CONSISTE PRÉCISÉMENT UN ÉTAT, ET NOTAMMENT L'ÉTAT BELIGIEUX * .

I. Le mot état, status, vient du verbe latin stare, se tenir debout : et l'on appelle proprement état, une certaine position que prend chaque chose, eu é^^ard à ce que demande sa nature, pour se trouver convenablement dans une sorte de fixité et de repos. Ainsi l'on dit de l'homme qu'il se tient debout, stat, ([uaiid les pieds étant termement appuyés en bas, et la tête élevée en haut, tous les membres du corps s8 trouvent dans une disposition convenable d'équilibre solide et d'immobilité.

Dans l'ordre moral, les choses qui sont extrinsèques à Ihomme et facilement variables ne constituent point pour lui ce qui s'appelle un état: mais l'état doit affecter sa personne même, lorsque, par une cause permanente et lixe, il devient ou maître de lui-même ou dépendant d'autrui ; c'est pourquoi l'on dit que l'état suppose une certaine condition de servitude ou de libert-.

Un oflice, une charrie, une digJiité ne soiit pas

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