a 2se. q. 24. a. 8.,et q. 1.84. a
('lude à l'Ire par l'isprit et le cœui eiitirieinent à Dieu et aux clioses divines, en laissant tout le reste, autant que le permettent la faiblesse et la nécessité tle la vie présente. Celte perfection de la charité se dt'^'age donc, autant qu'elle le peut ici bas. des clioses terrestres même licites qui, en occupant l'âme, empêchent son mouvement actuel vers Dieu ; et elle s'attache à exclure de l'affection de l'homme jus- (pi'aux moindres obstacles qui gêneraient la direction totale de son cœur vers le Bien divin.
C'est à cette troisième perfection de la charité que se rapportent les conseils évangt'liques, comme moyens de l'atteindre. On peut, sans doute, la rencontrer dans une personne qui vit au milieu du monde, on doit même y exciter les âmes généreuses ; mais le religieux possède dans son état des secours propres pour l'obtenir et pour y faire des progrès toujours croissants. Il fautencore ajouterque son état même lui impose l'obligation d'y tendre.
I III. De la perfection de l'amour divin considérée dans son acte.
L'acte de charité, relativement à sa perfection, peut être considéré de deux manières : ou selon sa nature, ou selon son degré.
// est parfait dans sa nature, quand il sort tout entier du motif propre de la charité, sans mélange d'aucun autre motif. C'est donc aussi ce qu'on appelle l'acte du pur amour, où nous aimons Dieu uniquement pour lui-même. Cette charité, quoique parfaite, peut toujours croître en intensité durant la
vie présente, de manière que les actes en soient d'une perfection toujours plus haute.
L'acte de charité sera imparfait dans sa nature, si Ton aime Dieu pour quelque autre bien que luimême, comme ses bienfaits ou ses récompenses. Ces motifs inférieurs ne suffisent point par eux-mêmes à produire l'acte de parfaite charité; mais ils y disposent notre cœur : de sorte que, parleur considération, nous arrivons facilement à aimer Dieu pour sa bonté même qu'ils nous manifestent; et il n'est pas jusqu'aux châtiments qu'il inflige ou dont il menace, qui ne puissent nous disposer à l'acte de charité, lorsque c'est en nous réfugiant dans le sein de sa miséricorde que nous voulons échapper à sa justice*.
L'acte de charité est parfait selon le degré, qu-nud, sans être parfaitement pur dans sa nature, il fait cependant préférer Dieu à tout autre bien, et qu'ainsi on l'aime pratiquement plus que toutes choses. La marque nécessaire et la preuve de cette charité est l'observation des commandements, allant au moins jusqu'à éviter le péché mortel, selon ces paroles du Seigneur : « Si vous m'aimez, gardez mes préceptes - » .
L'acte de charité est imparfait selon le degré, et insuffisant pour le salut, lorsque l'on aime pratiquement quelque chose plus que Dieu ou autant que lui. La charité parfaite en sa nature est celle que la théologie appelle affective summa, suprême du cûté