‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 67 sur 154 · Si diligitùj me, mandata mea servate. Joan · texte numérisé non relu

Si diligitùj me, mandata mea servate. Joan

de l'affection ; et la charité parfaite en son degré est celle qui est dite appréciative summa, suprême du Coté de l'appréciation.

Pour que l'acte de charité justifie hors du sacrement un homme tombé dans le péché mortel, il faut, avec le désir du sacrement, que la charité soit parfaite non-seulement selon son degré, mais encore selon sa nature. Néanmoins, c'est là une vérité bien consolante: car, s'il ariive parfuis à la fragilité humaine de faire une chute, on a, grâce à la divine miséricorde, un moyen prompt de retrouver son amitié, en attendant, que l'on puisse recevoir le sacrement; et cet acte de charité parfaite n'est pas aussi difficile que plusieurs le pensent, surtout pour une âme vraiment chrétienne qui demande à Dieu celte grâce par une ardente prière.

Il y a eu des hommes qui ont prétendu que l'amour divin, pour être l'amour pur, doit se porter vers Dieu considéré comme le souverain bien en lui-même, sans aucune relation avec nous : de sorte, disaient-ils, que celui qui aime en Dieu son propre bien, n'a plus pour lui qu'un amour intéressé qui n'est point le pur amour. Ces hommes n'ont pas compris ce que c'est qu'aimer Dieu : en effet, puisque l'objet propre de l'amour est le bien ou ce qui est bon, et que notre cœur ne peut s'attacher qu'à ce que nous avons reconnu bon pour nous, né s'ensuit-il pas manifestement qu'aimer Dieu c^est essentiellement se complaire en lui et y trouver son bien? « Qu'est-ce qu'aimer Dieu gratuitement? B'écrie saint Augustin. C'est l'aimer lui-même pour

lai-meme, et non pour autre chose * >. — Et saint Al])honse de Liguori : < Le désir de posséder Dieu est l'acte propre de la charité, et même le plus parfait de tous, puisque la possession de Dieu est la charité consommée ^ i.

I IV. Exposition du grand commandement de la charité 3,

t Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de tout votre esprit, de toute votre âme et de toutes vos forces*. C'est là le très-grand et le premier commandement ^. »

L'Ange de l'École est ici d'une précision et dune plénitude admirables pourmontrer dans la pratique cette triple perfection de la charité qu'on vient de voir; et le religieux remarquera que cest selon la troisième qu'il doit se faire l'application du grand commandement.

L'amour divin est, comme nous l'avons dit, un mouvement de la volonté, et c'est elle qui est désignée ici par le mot cœur : car, de même que l'organe corporel du cœur est le principe de tous les mouvements de la vie animale, ainsi la volonté, surtout quant à la tendance vers la fin dernière qui est son

1. Quid est gratuitum? Ipse propter se, et non propter aliud.

2. Desiderium possidendi Deam est actus proprius charitatis, imo omnium perfectissimus ; quia possessio L»ei est chantas consunimata.

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