‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 69 sur 154 · Prcebe. fili mi, cor tuum mibi. Prov · texte numérisé non relu

Prcebe. fili mi, cor tuum mibi. Prov

voilà qui embrasse T universalité de nos afiections intérieures et libres ;

i° D'assujettir totalement à Dieu notre intelligence et notre raison : ce qui est Vaiuier de tout notre esprit ; là se trouve renfermé Tbommage de la foi et de tout ce qui tient à nos pensées, à nos appréciations et à nos jugements ;

S"» De faire en sorte que notre appétit inférieur soit réglé selon Dieu : ce qui est Yaimer de toute notre âme : et vuilà notre devoir par rapport à la sensibilité, à la mémoire et à limagination; remarquez la justesse du mot reguletur : la volonté, pour modérer autant qu'il dépend d'elle l'appétit inférieur et ses passions, doit tenir le frein selon la règle de la droite raison ;

40 Enfin, de veiller à ce que toutes nos actions extérieures soient l'exécution fidèle de la volonté de Dieu : ce qui est Yaimer de toute notre puissance, ou de toute notre vertu ou de toutes nos forces. Ici est contenue cette totalité qui embrasse les œuvres du service de Dieu, soit lorsqu'il commande, soit lorsqu'il invite et conseille seulement.

Voilà comment la perfection tout entière se trouve dans le grand précepte de la charité.

Mais, poursuit saint Thomas *, il ne sera parfaitement accompli que dans la patrie; et, ici-bas où nous sommes sur la route, son accomplissement reste toujours imparfait : car accomplir parfaitement

1. 2a 236, q. 44. a. 6. Ce texte donne une réfutation des Jansénistes et répond à leurs accusations contre les docteurs catholique sur cette matière de la charité.

le pn'ccptc, cVst altfiiidi»' la lin quo se proposait celui qui l'a imposé. Toutefois on l'accomplit aussi. quoiijue imparfaitement, lorsque, sans atteindre encore la lin du législateur, on ne s'écarte point de l'ordre qui mène à la fin. Ainsi, quand un gént-ral d'armée commande l'attaque de l'ennemi à ses soldats, ceux-là remplissent parfaitement l'ordre donné, (fui combattent de manière à vaincre réellement, ce qui est la fin que se propose le général. Mais ceux qui en combattant n'arrivent pas jusqu'à la victoire remplissent néanmoins" aussi, quoique imparfaitement, l'ordre donné, dès lors qu'ils ne font rier, contre la discipline militaire.

Il en est de même de l'accomplissement du grand précepte. Dieu, en l'imposant à l'homme sur la terre, a sans doute l'intention qu'il s'unisse pleinement et totalement à lui : ce qui aura lieu dans la patrie, lorsque, selon l'expression de l'Apôtre, « toutes choses lui seront tellement assujetties, qu'il sera tout en tous* ». Et néanmoins il ne l'i-mpose pas vainement à ceux qui sont encore dans la voie, quoique nul d'entre eux ne puisse alors en atteindre la perfection : car, dit saint Augustin, « on ne court pas comme il faut, si l'on ignore le but vers lequel il faut courir ; et comment saurait-on quel est ce but, si aucun précepte ne venait le montrer? 2 ,.

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