‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 71 sur 154 · Secundum autem simile est huic. Mattii · texte numérisé non relu

Secundum autem simile est huic. Mattii

SECTION IV. — Di:s effets de l'amour divin.

Les ellets du saint amour sont de deux espèces : les uns (lu'il produit à l'intérieur de l'âme, les autres qui le manifestent dans les actions extérieures.

§ I. Les effets intérieurs de V amour dicin '.

1° Son effet le plus immédiat, quand il se trouve dans une âme, est d'y produire de saintes affections, comme le propre du feu est de causer de la chaleur. Mais nous avons déjà montré que ces affections sont proprement celles de la volonté, qui étant libre peut toujours les produire, même en l'absence des affections sensibles. Ajoutons que pour juger de leur intensité il ne faut pas les comparer avec les autres mouvements de l'amour naturel et humain, comme par exemple de l'amour maternel , parce que l'amour de Dieu étant d'un ordre tout différent, son atfection peut être vraie et même plus intense sans avoir la même véhémence sensible.

2'' Uaniour divin cause la joie : car la joie provient de l'amour, soit lorsqu'on jouit du bien qu'on aime, soit lorsqu'on voit un ami jouir de son bien propre. La joie principale de la charité est celle qui se réjouit du Bien divin, ou du bonheur que Dieu possède lui-même. Et cette joie en nous est incompatible avec la tristesse, de même que le bien dont elle se réjouit ne peut être mélangé d'aucun mal.

C'est pourquoi TApôtre nous dit : < Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur * », et c'est en eflet ce que nous pouvons toujours faire,, quels que soient les maux qui nous atteignent en cette vie. Les saints nous en fournissent mille et mille exemples.

Une autre joie de la charité est celle par laquelle on se réjouit du bien divin, selon qu'on y participe. Or , le juste, mCme dus ce monde, participe à ce bien : car, dit saint Jean : « Celui qui demeure dans la charité demeure en Dieu, et Dieu en lui' ». Et telle est la source de celte joie, que rien n'est capable de la lui ûter. Cependant la tristesse peut se mêler ù cette seconde joie de la charité, à raison des obstacles qui nous empêchent ici-bas, nous ou ceux que nous aimons comme nous-mêmes, de participer au Bien divin ; ces obstacles sont les péchés, les infirmités spirituelles, les périls de la vie et le délai de la parfaite possession dans le ciel.

3^ Vamour divin cause la paix. Saint Augustin définit la paix : la tranquillité de l'ordre. Or, l'ordre au dedans de nous-mêmes est souvent en danger d'être troublé, soit par les inclinations de la chair qui combat contre l'esprit, soit par celles de la volonté, lorsqu'elle se porte vers divers objets qu'elle ne peut atteindre simultanément. La paix consiste donc à mettre d'accord toutes ces tendances et à les faire reposer dans l'ordre. Et c'est là un effet propre de la charité : car , en aimant Dieu plus que toutes choses, elle donne à lame le moyen de rap-

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