‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 79 sur 154 · Adhuc excellentiorem viam vobis demonstro. I CoR · texte numérisé non relu

Adhuc excellentiorem viam vobis demonstro. I CoR

2. Quantumcumque vixerimus, aut profocerimns, nemo dicat: Sufficit mihi ; qui eaim hoo dixerit, remansit in yia, non novit pervenire. Ub: d-xerlt: Sufficit, ibihaesit.

§ m. La charité s'a ccr 0^1 1- elle en nous à chaque acte que nous en faisons * ?

i" Le Docteur angélique donne une réponse ne'galive, qu'il éclaircit à Taide de cette comparaison :

L'accroissement spirituel de la charité peut en quelque sorte se comparer à celui qui s'opère corporellement dans l'animal et dans la plante. Or ici l'accroissement n'est pas un mouvement continu ; mais durant quelque temps la nature opère en disposant à Taugmentation, sans rien faire croître actuellement ; puis vient l'instant où elle produit l'effel qu'elle avait préparé, et elle augmente alors réellement l'animal ou la plante.

Ainsi en est-il de la charité : chacun des actes que nous en taisons ne l'accroît pas toujours actuellement, mais chacun la dispose à l'accroissement en rendant la volonté plus prompte à poser un no-uvel acte; et l'aptitude croissant de la sorte, l'homme en vient à quelque acte d'amour plus intense, par lequel il fait effort pour avancer dans la charité, et c'est alors qu'elle se trouve actuellement augmentée.

La raison qui prouve que la charité ne s'accroît point à chacun de ces actes, c'est que l'effet ne peut pas excé<ler la vertu de sa cause : or il arrive parfois qu'un acte de charité se fait avec torpeur et relâchement ; et il est manifeste que cet acte, loin de conduire à une plus grande charité, dispose plutôt l'âme à une moindre.

2^ Nous avons ici deux remarques k faire: la première, que celle doclrine de sainl Thomas ne contredit nullement la définition du concile de Trente, que i homme en état de grâce mérite, par les boîines œu. très qu'il fait, un accroissement de la grâce *: car le saint Docteur professe textuellement cette vérité en l'expliquant ain?i : « De même que tout acte de charité me'rile la vie éternelle, non pour l'avoir surle-champ, mais en son temps si l'on persévère; ainsi il mérite l'augmentation de la charité, non à l'instant, mais lorsque l'homme fait effort pour l'avoir en effet t. La seconde remarque est que ces actes qui se font avec torpeur et relâchement, ces oraisons et ces communions tièdes que multiplient certaines personnes, au lieu d'accroître en elles la charité, n'ont pour résultat que de disposer à un décroissement successif. Voilà une leçon sérieuse à l'adresse des âmes lâches dans le service de Dieu.

§ IV. Direction à suivre pour faire des progrès dans^ la charité^.

De même que toute chose a un commencement, un milieu et une fin, ainsi il faut distinguer trois degrés dans la charité : celle qui commence, celle qui progresse et celle qui est arrivée à sa perfection.

Or, saint Augustin, comparant la charité au corps humain, avertit que lorsqu'elle est née dans une âme,

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