Bimpliciter Tcra virtus, siue charitate, esrc non potest
Psaîmiste : « Pour moi, le bien est de m'attacher à Dieu * » ; et l'homme n'atteint ce bien (}ue par la cbarilé.
Quant au bien prochain, secondaire et particulier de rhomme, il peut être de deux sortes : Tun qui est un vrai bien, en ce qu'il sert de moyen pour atteindre le bien suprême et la fin dernière ; l'autre qui n'est qu'apparent et non ve'rilable, parce qu'il détourne du bien final. D'où il suit évidemment qu'il n'y a de vraie vertu que celle qui est coordonnée par la charité au bien suprême et à la fin dernière de rhomme.
Que si l'on veut entendre par vertu celle qui se borne à un bien particulier, sans que la charité le rapporte au bien final, alors la vertu peut, il est vrai, avoir quelque réalité ; néanmoins, si ce bien particulier n'est point réel mais apparent, la vertu aussi ne sera qu'une apparence. Ainsi, dit saint Augustin : a On ne peut pas appeler vraies vertus, ni la prudence des avares qui sait trouver le secret de devenir plus riche, ni leur justice qui ne respecte le bien d'autrui que par crainte du châtiment, ni leur tempérance qui comprime en eux les goûts somptueux de la sensualité, ni enfin leur force qui, selon l'expression du poète, leur fait fuir la pauvreté à travers les mers, les rochers et les flammes ^ » . Que si ce bien particulier est en efi'et un bien réel, comme le soin de soulager les malheureux, la piété filiale, la fidélité à sa parole, alors il y aura quelque réalité