Mihi autein adhrererc Dec bonum est. Ps
2. Per mare pauperiemfuîriunt, per saxa, p^rignea. HoBAT. Lib. 1. Epist. 1.
dans la verlu, mais elle restera imparfaitement vraie tant qu'elle ne se rapportera point au bien final et parfait. D'où il faut toujours conclure que, sans la charité, il n'y a point de vraie vertu, dans la signification absolue de ce mot.
Plût à Dieu que tous les hommes comprissent cette fondamentale vérité ! Plût à Dieu que les religieux eux-mêmes en fissent mieux l'application à chacune de leurs actions! Si la charité manque, toute vertu, si toutefois vertu il y a, n'est plus qu'une vertu rampante qui ne s'élève pas de terre; tandis qu'avec la charité et par la charité, la vertu la plus humble a la force de monter jusqu'au Ciel et démériter le Bien suprême.
II. < La charité est la mère de toutes les vertus, • parce que son objet propre et le but où elle aspire étant la possesston de Dieu même, son désir de l'atteindre toujours plus pleinement lui fait concevoir les actes des autres vertus dans l'intérêt de sa propre fin; et elle les enfante lorsqu'elle commande à la volonté de les produire. De là vient que l'Apôtre les lui attribue tous à elle-même. « La charité, dit-il, est patiente, elle est bénigne et douce, elle n'est point jalouse, elle ne s'enfle point, etc. * ».
C'est pourquoi, plus la charité s'accroît dans une âme, plus elle y devient féconde en actes de toutes
1. Chantas patiens est, benigna est, non femnlatur, non inflatur, non est ambitiosa, non quaerit qnae sua sunt, non irritatur, non oogii;it malum. non ^au let Mip.-r iniqiiitate, congaudet autem veiitati; crama suiîert, omnia crédit, omnia sperat, omnia sustiuet. 1 Cok, J3.
les vertus, les mettant en exercice et exigeant d'elles le travail et Taclivité. Au contraire, si les vertus y produisent peu, c'est que la charité est faible et languissante ; et une preuve manifeste de son absence totale, ce sera l'oisiveté des autres vertus.