‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 87 sur 154 · Deus superbis resistit. I Petr · texte numérisé non relu

Deus superbis resistit. I Petr

elle pré?enle une âme soumise et. largement ouverte à la grâce divine K En ce sens donc, et de cette mani.:Te, l'humililé est le fondement de l'édifice spirituel de toutes les vertus, selon ces paroles de saint Augustin: « Tous voulez élever une grande constructiun, songez d'abord au fondement de l'humilité; et plus l'édifice doit être considérable, plus on creuse profondément les fondations - ».

2° La chose qui devra être directement la première ou le fondement par rapport aux vertus est celle par laquelle il faut s'approcher de Dieu, le Seigneur des vertus. Or, c'est par la foi que Thomme s'approche de Dieu, comme nous l'enseigne TApôtre : a Celui qui s'approche de Dieu doit croire en Lui^. t> Et c'est en ce sens que la foi est le fondement de toutes les vertus, d'une manière plus noble encore que l'humilité.

S'' Mais saint Paul appelle aussi la charité un fondement, j) Vous êtes, dit-il aux chrétiens, enracinés et fondés dans la charité* », parce qu'en effet, semblable à un fondement et à une racine, la charité soutient et nourrit toutes les autres vertus. Elle est leur fondement vivant et vivifiant, comme la racine l'est pour toutes les branches de l'arbre : ce qui est une manière d'être le fondement des vertus plus

1. Pesez bien ces fortes paroles : Frœbet hominem subditU7n et patnlum divine gratics.

2 Cogitas magnam fabricam construc-re celsitudinis, de fundamento prius cogita hr.militatis; et quanto erit majus aedificium, tanto altius foditur fundamentum,

3. Credere enim oportet accedenten ad Deum quia est, Hebr. 14.

i. In charitatc radicati et fundati. Ephks. 3.

relevée encore que rimniilité et ]a fvi. De là ces belles paroles de saint lir«^g(.iire pape: a Tout ce que Dieu commande à l'homme, il le fait reposer sur la seule charité: car de oicme que les diverses branches d'un arbre sortent uniquement de sa racine, ainsi les vertus diverses sont toutes le produit de la chariié ; et le rameau de la bonne œuvre ne garde plus rien de sa verdure s'il ne reste uni à la racine de la

IV. La charité est le lien des autres vertus ^. Aussi lApolre, après avoir dit qu'il faut par-dessus tout posséder la charité, ajoute aussitôt qu'elle est le lien de la perfection ^

En eiïet, comme les autres vertus sont nécessaires au complément de la perfection, ainsi qu'il a été expliqué ailleurs *, de même il appartient à la charité, non-seulement de les produire et de les alimenter, mais encore de les lier tous ensemble comme un faisceau dans une unité parfaite. La raison en est que la charité est le principe de toutes les bonnes œuvres par lesquelles l'homme doit arriver à sa fin dernière ; or, pour cela, il est nécessaire qu'elle ait avec elle toutes les autres vertus qui produisent les divers genres de bonnes œuvres. C'est pourquoi, dans l'homme juste, les vertus morales ont

1. Quidqiud praecipitur, in sola charitate solidatur : ut enim multi arboris rami ex uoa ra-lice prodeunt, sic multce vii tûtes ex una charitate generantur ; nec habet aliquid viriditatis ramus boni operis, si non manet in radice charitatia.

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