‹ Les Principes de M. Fontaine, exprimés par lui-même [microforme]Chapitre 2 sur 3 · IT · texte numérisé non relu

IT

Dans un précédent article nous avons démontré par M. Fontaine luimême les craintes que nous pouvions raisonnablement entretenir sur sa loyauté et combien étaient vifs ses ressentiments contre l'Angleterre ot profond son mépris des institutions politiques de son pays.

Le National disait, il y a trois jours:

La meilleur preuve du mérite de M. “ Fontaine c’est que l'on se borne à “ l’accuser d’être un rouge, C’est tou- “jours le vieux refrain du torysme.

“ Heureusement à l'avenir ce refrain ‘“ ne séduira personne. Les catholiques ‘ orthodoxes pourront l'entendre sans fré- “mir.

Afin qu'on ne nous taxe pas de nous borner à accuser M, Fontaine d’être un rouge, sans le prouver, nous allons jeter un coup d'œil rapide, il est vrai, mais suffisant sur ses antécédents pour convaincre tout homme de bonne foi que ses idées en fait de libéralisme sont très avancées, et, pour nous servir de l'expression du National, les catholiques orthodoxes ne pourront peut-être pas nous entendre sans gémir.

M, Fontaine est de l'École de l'Avenir.

M. Fontaine apparcient spécialement à l'école de fou Louis Joseph Papineau et du trop fameux Louis Antoine Dessaulles ; il a ete un de leurs adeptes les plus fidèles et les plus constants.

On 6e rappelle qu'à lu suite des élections generales qui, en 1867, turent fuvorables au parti conservateur, M. L.

A. Dessaulles pousse par cette haine profonde et implacable qu'il avait pour les prêtres, ectreprit de lancer accusation sur accusation contre le Clergé du Bus-Canada. Il écrivit avec fiel une prétendue histoire des élections d'alors dans la quelle il n'épargna ni les évêques ni les curés du pays.

Son but manifeste etait de jeter du discrédit sur le corps vérérable de l'épisco pat et de diminuer et mème d’eteindre ce respect et cette contiance qu'a toujours entretenu le peuple canadien onvers ses pasteurs spirituels.

Le Pays, alors l'organe du parti libéral, donna asile avec complaisance aux elucubrations de M. Dessaulles qui en était un des collabo.ateurs assidus.

Malheureusement il se trouva, dans la proviuce de Québec, un journal pour reproduire ces mensonges et ces accusations et un Rédacteur pour aider à répandre parmi le peuple de la campague ces fausses doctrines qui, dans l'idée de celui qui les exprimait, devaient paralyser l'influence du prêtre ot le rendre méprisable. Le journal ot le seul qui reproduisit les articles de Louis Antoine Dessaulles fut le Journal de St. Hyacinthe, e l'homme qui le permit fut M. Raphael E. Fontaîne, aujourd'hui candidat de Bagot.

Pendant guatre:mois. le journal de. M.

Fontaine se plut à entretenir ses lecteurs d’écrits contre les prêtres,comme auparavant, pendant six mois, il avait reproduit toutes les injures de M. Dessaulles contrele Séminaire de St. Hyacinthe. |

Toùs se rappellent les luttes malheu reuses soutenues parle journal l’Avenir de 1847 à 1852, Cherchant à imiter

les libre-penseurs de l’Europe, quelques jeunes gens, à l'éducation fausse et impie, 8e prirent à vouloir mépriser ce que jusqu'alors les canadiens avaient au respecter et airaer ; on s'attaqua à l'Eglise elle-mêm et aux actes qu’elle avait ascomplis dans le monde; le clergé fut passe au creusot de ces nive :

leurs et, fesant fi des croyances religieuses, on crut se grandir d'autant :

plus que l’on ermait plus fort contre la prétendue tyrannie de l’église de Rome et de ses ministres,

La population s’emut à la lecture de ces diätribes fausses et échevelées et L'Avenir expira dans la pourriture de sa doctrine. |

À l'Avenir succéda le Pays. Pour l’objet qui nous occupe, il est utile de rappeler qu'en 1867 M. Dessaulles expliquant la transition de l'Avenir au Pays, constatait que les livéraux n’a.

vaient rien gagné à cesser la lutte telle qu'entreprise par le premier de ces Journaux et que quinze années d'essai avaient donné complètement raison à ceux qui voulaient garder l'Avenir con:

tre ce qu'il appelait /a nuance candide et inexpérimentée du parti libéral, Il’ ajoutait : ‘Les moderés, sauf la douzaine “ d'opinions représentées par l'Ordre,’ ‘“ sout convaincus que sur les quinze ‘“ années que nous comptons immédia- ‘ tement derrière nous, à en a été perdu ‘ douze en ménagements et en compromis (inutules, que si Ja bureaucratie est!

‘“ malléable et pliante à la perspective.

“ de la crèche, le Clergé est, dans 8° ‘“ majorité constituante, Z'obs{acle qu'il ‘ faut surtout et avant tout réduire à li Y “ raison, à son rôle et disons-le avec un :

‘profond regrét, au respect de La moral 4 ‘ publique et politique.”

Ce sont ces paroles de M. Dessaulle que M, Fontaine reproduisait dans soi Journal comme étant l'expression d ses propres idées et les désirs de sr cœur, s'en suit donc que M. Fontain appartient à l'école anti-religieuse du jour na, L'Avenir, non pas à /a nuance cai dide et inexpérimentée, mais à ceux qu.

suivant M. Dessuulles, ne croyaient pus à la métamorphose des idées cléricales.

Il s'en suit encore que les prêtres ne ouvant 86e conduire aussi sagement que M. Fontaine, ni penser aussi bien que M. Fontaine,ni respecter la morale ublique comme M. Fontaine, il fallait e toute nécessité les reduire à la raison

Les électeurs de Bugot feront bien de s’enquérir du candidat ami de M.

Laflamme s’il partage encore les mémes opinions et savoir de lui si, etant élu membre, il chercherait à mettre en pratique ses idées contre les prêtres au moyen d’une loi quelconque.

On sait que le Parlement local a le contrôle de l'instruction, Or, rien n'empêcherait M. Fontaine de proposer un bill pour yégénérer l'éducation du Clergé, car voici ce que nous trouvons dans son journal. ‘ Nous ne nous som- ‘mes jamais fait illusion sur le caractère “de l‘éducation de notre clergé. Nous ‘“ savions de tout temps que par la na:

“ ture de l'enseignement «de nos séminaires 4e ecclésiastiques, toute idée de progrès y 46 était accueillie avec défiance et hostilité.

Les cours donnés dans nos séminai-

‘ res à ceux qui se destinent au sacerdoce ne conviennent donc pas à M. Fon- ‘ taïine. Nos Évêques sont si arriérés, dans son opinion, si peu au fuit des pro ‘ grès modernes ; ils cherchent tant à etouffer toute amélioration dans leur système d'enseignement, qu’ils ont fait : jusqu’à présent le désespoir de ce régé- nérateur dela morale publique. Une * chose étonnera les électeurs de Bagot, c’est de voir que les Evêques de la province n'aient pas tenté de s'assurer les , services de M. Fontaine pour en faire

vous atez méconnu votre devoir, M.

Fontaire, dès le 8 juillet prochain,sera à votre disposition pour infaser le progrès dans l’enseignement théologique de vos séminaires.

M. Fontaine méprise les Prûtres.

Quelques-uns diront peut-être : Il est vrai que M. Fontaine a reproduit dans son journal les ecrits de M.

Dessaulles, sans les desapprouver, mais lui-même n'aurait peut-être pas voulu les écrira. Que ceux-là se détiompent, car voici de quelle manière M. Fontaine traitait les Evêques et les prètres pour avoir conseillé au peuple canadien [a soumission au nouvel ordre de choses.

“ L'intervention scandaleuse et injustifiable du clergé dans les élections a mis le bandeau sur Les yeux du corps électoral, l'y a assujetti, et un aveuglement sans exemple, sans parallèle dans l’histoire on a ete pour lui la triste conséquen- CL PRES NRENNS PE sésoses so esscoéceséns se

‘“ Le Bas-Canada a presents un spectacle dégoutant pourl'honnête homme, spectacle dégoutant pour les citoyens d’un pays libre, le clergé transformant la chaire de vérité en tribune politique, le temple du seigneur,en salle électorale—le prête se fesant cabaleur, avec toute l’omnipoteuce que lui donnaient et son caractère sacré, et l'autorisation implicite et trop souvent formelle émanant de ses supérieurs, et l'unité d'action quasi absolue qui a présidé à cette immextion immorale et anti-chrétienne du clergé dans ies debats popularos. ,........... RERO CERTES CTPONEE

“La lutte, la véritable lutte a été en

jun professeur de théologie en rapport avec les progrès de la libre-pensée | dans le monde. Qui sait si M. Laflam- | me n'aurait pas promis cette situation * à M. Fontaine pour l'engager à se pré- } senter contre le candidat conserva- | tour. | © Vénérablos Archevèque et Evèques, 10 ATP Er oN ne désespérez point des ecclésiastiques confiés à vos soins, Si jusqu’à présent

tre le clerge'et le libéralisme...

“ Le libéralisme a saccombé: jil ne pouvait en être autrement, .......,.......

“Le peuple a condamné le libérsiisme, aapprouvé un ordre de chose épouvantable, a sanctionné tous les crimés du torysme, a oncé, luimême, #a déchéance politique et nationals sans Îe savoir, croyant que pour lui tout ce qu’il avait à faire, c'était de

fun l na = +

sauvegardor la religion, ses ministres et ses institutions religieuses, croyant que les questions politiques étaient tel lement subordonnées à la queaiion religieuse que celle-ci seule devait attirer son attention. ATOUT

“Le doigt du prête lui indiquait lu route, il l'a suivie, sans regurder en arrière,aimant mieux sacrifier son bienêtre matériel 4 son salut éternel que ses pasteurs lui disaient intimement lié au succès éleetoral du torysme l"”.

Voilà lalimite du respect de M, Fontaine pour la personne des prêtros, Citons eucore, Dans un autre article M. Fontaine parle contre l’Archevè que de Québec quil cherche à faire passer pour un fourbe et un merteur.Quelques personnes étant allées à Québec poser des questions à Mgr, Baillargeon, M.

Fontaine rend compte comme suit de l’entrevue et de ses résultats, ‘ Les “ pétitionnaires s'adressèrent à Sa Gran ‘“ deur l’Archevêque. Æn conversation { privée tout va bien ; les électeurs n'en- ‘ tendent point, voyez vous, et il est fa- ‘“ cile de nier des paroles proférées en tête “a têle...... Par écrit, changement du ‘tout au tout.”

Quelle impudence et quelle audace !

Parler du plus haut dignitaire ecclesiastique do la province comme on parlerait du dernier des goujats et représenter l’Archevêque comme un homme sans parole et sans honneur | Electeurs de Bagot, approuvez-vous un tel cynisme et une telle effronterie ?

Après avoir ainsi parlé contre l’Archevèque et contre son propre Evèque, M. Fontaine ajoute : à .

“L'intervention indue du clergé dans les affaires temporelles, voilà le mal ; aux journalistes honnêtes et coura-

eux incombe la tâche ardue d'éclairer e peuple sur cette usurpation de pouvoir; nous sommes, pour notre part, ouvertement entré dans l'arène et nous ferons notre devoir jusqu’au bout, advienne que pourra, malgré les préjugés, les calomnies et pour les persécutions qui déjà grondent sur notre tête ! ”......

Poursuivons nos investigations et voyons ce que renfermait le Journal de St Hyarinthe du 3 octobre 1867 sur l'attitude des Evêques à l’egard de la confedération et du respect envers lo pouvoir.

‘© Ainsi nous avons eu le spectacle de quatre évêques, qui ont rompu avec toutes les traditions de l'épiscopat pour venir faire les petites affaire d'un parti condamné au mépris de honnètes gens ; de quatre prélats, qui pour appuyer une cause insoutenable, ont dû rompre en même temps avec la di gnité de leur position, avec la plus commune logique, avec le respect humaïn qui s'impose à tout homme qui livre à l'appréciation du public une œuvre publique de l'es- DIAPS iarasteots

Certes M. Fontaine'avait bien raison de dire qu'il ferait son devoir jusqu'au bout. Ce journaliste impudent appeiait cela un devoir ; mais pour ceux qui se respectent c'était une tâche bien lourde et bien laide. Sans doute que pour celui quiavait insulté la Roine et son fils, ot l’Archovèque de sa province, iln’y avait rien d'etonnant à lui voir partager les opinions erronees de Louis Dessaulles, attaquer le corps entier de l'épiscopat et le traiter de malhonnête ; car quiconque appuie une cause insoutenable rompt avec la dignité de sa position et le respect humain pour prendre fait et cause pour des gens malhonnites, n’est pas digne de consiiération, etfe/s sont les Evêques du Bas-Canada aux yeux de l'immaculé M. Fontaine.

Ecoutons une dernière citation sur sur le role du clergé canadien en 1867.

‘“ Là où la bureaucratie désespérait prévaloir par la fraude et la violence, par la compression morale, par l'aide des sangsues qu'elle engraisse par l'acha des consciences et le parjure, par la libériction des criminelles écroués aux pénitentier le clergé catholique s'est chargé de soutenir sa cause et de lui former des majorités | ”

III, M, Fontaine condamné en

Nous demandons pardon à nos lec.

teurs d’avoir mis sous leurs yeux des parolos aussi grossieres et aussi scandaleuses que celles contenues dans les citations que nous avons faites du jour.

val de M. Fontaine, La tâche que nous nous sommes imposée nous est bien pénible et nous «urions préfère ne point révêlor de telles misères intellectuelles et un abaissement si profond du caractère public du candidat libéral de Bagot. Mais dans l’interèêt de la cause que nous défendons, la chose était nécessaire. Il était urgent de relater les faits de celui qui brigue los suffrages à titre d'ami du peuple, et de faire voir l’homme tel qu'il s'est mon tré lui même. Sa conduite aussi a éte telle qu’il aeu à subir une condamnation dans la chaire de vérité de la part du curé de la Cuthédrale de St. Hyacinthe, M. Fontaire annonçait sa propre condamoation dans les termes qui suivent.

« Messire DeLacroix, curé de cette aroisse, a prèêché hier à la Cathédrae, contre les mauvais journaux—ceux

qui parlent d’une manière défavorable du clergé—savoir le Pays, l'Union Mationale et le Journal de St. Hyacinthe.

‘M. le curé a recommandé à ses auditeurs de ne pas s'abonner à ces jeuilles et surtout de ne pas les lire.

“ Suivant M. lé curé, la cité de St.

Hyacinthe est la moins soumise à l'autorité religieuse : St. Hyacinthe ne renferme que des libéraux, ce fait prouve surabondaniment son insubordination, c'est tout naturel.

‘ Si la prostitution et l’immoralité s'affichent de nouveau à St. Hyacinthe, cela est dû aux mauvais journaux ot à l’ixsubordination des citoyens.

Le clergé a-le droit de se mêler de politique, : l'affirmation de M. le curé a été absolue : le moins que l’on puisse remarquer à ce sujet c'est que le

Chauve.

clergé nese gène pas d'exercer co droit, Nous en avons la preuve tous les jours et de toutes les manieres.

“ M.le curé a demandé pardon à Monseigneur do le dévancer: cela nous permet d'espérer que Monseigneur daignera avant peu nous donner quelques explications sur son Epitre à Perrenalt selon St, Massue."”

Comme on le voi:, les termes hautains et irrespectueux de l’article re démontraient point que M. Fontaine etait prêt à se soumettre À son curé, ou même à son Évêque. Au contraire, il laissait entendre qu’il persisterait duns 8A guerre contre le clergé, En effet il n’en continua pas moins à publier les écrits violents de M. Dessaulles contre ceux qui venaient de le condamner,

Qui ne se rappellent les attaques dirigées contre de digues prêtres dans le Journal de St. Hyacinthe, et nommément contre les Réeverends MM.

Beauregurd, Soly, Fortin, Hamelin, Durontier, les curés du comté de Mégantic et les injures proférées avoc tant de haine contre M. Ricard, curé d'Acton, On allait scruter sans scrupule j'sque dans le confessional, et, sur des données fausses, on inventait une histoire pour rendre odieuse et révoltante la conduite des ministres de Dieu. En cela on suivait l'exemple des journaux suisses et on les égalaiten méchanceté ot en audace.

M. Fontaine, par la plume de Louis Dessaulles, s'attaqua fnème à l’institution où il avait eu le bonheur de racevoir son éducation, Que lui avuit donc fait le séminaire de St. Ifyacinthe pour qu’il en fitle point de mire de ses attaques etqu'il se complut à reproduire tout ce que la haine et l'astuce avaient amussè d'accusation ?

Rien, sice n'est qu'il y avait puisé cette instruction queson cœur ingrat tournait contre ce séminaire.

Mais on rencontre de ces ; caractères quisont telsque pour eux iln'ya rien de sacré ; tout doit s’abaisser de-

vant leur présomption et leur impudence, Le grand maître de la librepensée eu, Canada, l’insulteur banal du clergé: fesant entendre sa voix contre une institution qui est particulièrement chère au peuple canadien; il faliait bien que M. Fontaine l’aida et tit chorus avec la cohorte de ceux qui renduientcomplaisamment témoignage contre le collège au détriment de la vérite et de leur réputation.

Nous disons au détriment de la vé.

rité, car, Dieu merci, il se trouva des esprits nobles et. généreux, et des cœurs bien faits pour contredire ies assertions de ces avortons du rougisme canadien et rendre justice aux venérables messieurs que l'on accusait si grossièrement et si injustement.

La croisade que Louis Dessaulles, aide de son acolyte M. Fontaine, avait entreprise contre l’œuvre du véaérable Messire Girouard, aboutit à sa honte et son humiliation. Si on eut reussi, onse serait attaqué également aux autres collèges du pays, car ce que voulaient ces r.iveleurs était ni plus ni moins la destruction de nos maisons d'éducation pour les remplacer sans doute par des collèges dirigés par l'Etat et en venir à l'instruction laïque et sans Dieu.

Comment des électeurs pourraient ils confier un mandat de député à M, Fontaine qui n’a de respect pour rien, pas plus pour nos colléges que pour notre forme de gouvernement et la Reine elle- mêèmé ?

Comme indice que rien ne répugne à M. Fontaine, c'està lui qu’on s'est adressé jusqu'à présent à St. ILyacinthe pour lui confier, comme avocat, les causes qu’on voulait intenter contre les prêtres, pour diffamation de caractère. Ceux qui ont des rancunes contre quelque membre du clergé et des vengeances à exercer, sont Certains de trouver asile chez M. Fontaine.

Vous particulièrement, électeurs de Bagot, vous vous rappelez la cause

intentée par le savantasse Damase Richer, d'Upton, contre son curé, le Révérend M. Blanchard, cause que la Cour d'Appel vient de décider en faveur de ce dernier, comme l'avait fait l'Ho 1orable jage Sicotte. M. Fontaime avait pris sons sa protection spéciale le forgeron Richer qui se fesait théologien et redresseur de la doctrine catholique dans sa boutique enfamée,

Comme nous l’avons remarqué dans un precedent article, le Journal de St, Hyacinthe avait dit en 1867 : “ Nous ‘“ ne nous sommes jamais fait illusion sur “Je caractère de l'éducation ae notre “clergé. Nous savions de tout temps “ que par la nature de l'enseignement de “nos séminaires ecclésiastiques toute ‘idee de progrès y était accueillie avec ‘ défiance et hostilité.” M. Fontaine en défendant son ami Richer devenu prêcheur d'écriture sainte, entrevoyait sans doute dans la prédication du forgeron une régénération de l'enseignement théologique et qui sait s’il ne voulait point faire de cetteforge un séminaire où les idées de progrès y auraient été arcueil-

lies sans défiance et sans 7: . M.

Fontaine aurait pu dever:- "ent de ce séminaire d’un nouÿ”{ . genre,

avec Damase Richer eomme professeur de dogme et de morale.

L'avocat de cette cause célèbre, dans le plaidoyer en Appel, ne se montre pas un partisan outré de l’assis tance à la messe du dimanche et voici en quels termes dégradants il traite le cure Hlanchard, Nous demandons pardon de reproduire cette attaque brutale ; mais elle démontre l'attitude que l’on veut tenir vis-à vis le clergé et le mépris que l’on professe pour la personne sacrée du prêtre.

‘# Dans le premier établissement du “ pays, dit le factum, les sauvages qui ‘“ avaient manqué d'assister à la messe ‘“ du dimanche étaient amenés sur une ‘“ place publique et y recevraient des ‘“ coups de baton. Charlevoix, dans son ‘ zèle-pour la religion, nous a trans-

‘“ mis une gravure bien réussie de cette “exécution. Le procédé de l’Appelant, ‘ (le curé Blanchard) pour ,amener ses “ paroissiens à l'Eglise est infiniment plus brutal, si l’on tient compte des dif- ‘ férences de peuples, de civilisation ‘et de temps. ‘“ Venez à l'Eglise, ou ‘vous cieverez de faim. Tel est le zèle apostolique de l’Appelant.” Voilà les arguments employés dans la cause du curé Blanchard. Nous laissons au bon sens et à l'esprit catholique des lecteurs de ire si c’est 1à le langage dont doit se servir un avocat envers un adversaire, et surtout envers un prêtre dont le tort était dedéfendre en chaire la vérité catholique contre les denigrements de gens meprisables,

Quelles conclusions devons nous tirer des citations que nous avons faites ? Elles ne sont pas très nombreuses il est vrai, et elles n’embrassent qu'une seule année, 1867 ; néanmoins elles sont amplement suffiantes pour drmontrer les tesdances et les principes de M. Fontaine.

Lorsqu'en 1860, St. Hyacinthe et tout le pays accueillaient notre futur souverain avec des marques non équivoques de respect et dépensaient des sommes considérables pour le recevoir avec toute la dignité dûe à son rang, M. Fontaine, se mettant au dessus des lois de la plus commune politesse et 8e jetant à l'écart de ses concitoyens, lançait l’insulte au Prince de Galles, en le traitant de bambin royal et fesant de lui un portrait des moins flatteurs. 71 état assez jeune alors. En vieillissant les principes qu’il possédait s’affermirent davantage et,en 1867, il injuriait le peuple anglais de la façon laplus atroce ; semblait sympathiser avec les ennemis de l’Angleterre ; se fesait presque fénien ; décriait le gouvernement constitutionnel et lançait même l'injure à la face de la Reine Victoria.

En outre de ces sentiments de déloyauté, il s'attaqua à l’œuvre de la confédération ; il chercha à répandre

le mépris du prêtre, et la réputation des Evêques ne fut pas plus à l’abei de ses sarcasmes que celle de nos premiers «itoyens. Il vilipenda le Séminaire de St Hyacinthe au quel la ville de St. Hyacinthe doit en partie sa renommee et son agrandissement, et il se plut à laisser accuser dans le journal qu'il rédigeait ceux à qui il devait les bienfaits de l'éducation,

Son manque total de respect envers le Clerge le porta à se frire à St. Hyacinthe le champion des mauvaises causes contreles prêtres et ce qu'il pense delaconduite de ces hommes vénerables 8e réflète dans le plaidoyer d'Appel dont nous avons fait une citation.

Donc ce que M. Fontaine était en 1360, il le fut en 1867 avec beaucoup plus d' connaissance de cause ; il l’était l’a née dernière, comme il l’a fait voir dans la cause da curé Blanchard et il l’est encore aujourd’hui,

Les faits que nous venons d'établir sont patents, ne peuvent être contredits et il est absolument impossible à M. Fontaine deles nier. Les écrits dans le Journal de St. Hyacinthe prouvent donc clairement :

Page 1