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DÉFINITION DES JUGEMENTS ANALYTIQUES

Les jugements mathématiques sont-ila synthétiques? Pour le savoir, il faut d'abord définir les termes de synthétique et d'analytique. Rappelons la définition textuelle de Kant : « Ou bien le prédicat B appartient au sujet A comme quelque chose qui est contenu (d'une manière cachée) dans ce concept A, ou bien B est tout à fait en dehors du concept A, bien qu'il soit en connexion avec loi '. Dans le premier cas j'appelle le jugement analytique, dans l'autre, synthétique » (B. 10). Cette définition suppose que tous les jugements sont des jugements de prédication. Or U est reconnu aujourd'hui qu'il y a bien d'autres formes de jugements, qui sont irréductibles aux jugements de prédication; autrement dît, qu'il y a une multitude de relations qu'on peut penser et affirmer entre doux ou plusieurs objets, et que ces relations ne peuvent pas se ramener à l'unique relation d'inclusion de deux concepts (exprimée par la copule fis(). Même au point de vue de la logique kantienne, cette définition est trop étroite, car elle ne s'applique qu'aux jugements catégoriques, et non aux jugements hypothétiques et disjonctifs, qui, de l'aveu môme de Kant, établissent un rapport, non pins entre deux concepts, mais entre deux ou plusieurs jugements (B. 98). Ce défaut est d'autant plus étonnant que Kant déclare ailleurs n'avoir jamais été satisfait de la définition que les logiciens donnent en général du jugement, en disant que c'est la représentation d'un rapport eutre deux concepts (B, I-iO, § 19 de la Critique) ^ La définition de Kant est donc absolument insuffisante en principe. M. Yaihioger a essayé de la justifier, en

1. On pourrait remarquer ijue l'altornalive n'est pas complète, du moins ijans les termes précis de l'énoncé : en efTst, entre le cas oti B est contenu (eatiércment) dans A, et celui oti il est tout entier iiors de (ganz ausser) A, il y a le cas où B n'est ni indus dans A ni evelii de A. Or ce dernier c»s est celui îles jugements particuliers.

2. Cette remai'que a été faite par Koppeljians, Kani's Lekre vom anat;/lisdien UH/ieil, ap. Philosophisdte Monatskefle, t. XXI, p. 65-101 (1835).

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