‹ Les principes du droit public de l'égliseChapitre 18 sur 34 · ION · texte numérisé non relu

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le nom de Dieu ne soit blasphémé plus longtemps par les Juifs et les païens, parce que les lois impériales vous forcent d'embrasser V Unité ; comme si les Juifs ignoraient que le peuple primitif d'Israël a voulu détruire pur les armes ces deux tribus et demie qui avaient reçu des terres au delà du Jourdain quand ils crurent qu'elles songeaient à se séparer du corps de la nation. Les païens de leur côté auraient plus de droit de nous reprocher les lois que les empereurs chrétiens ont portées contre les adorateurs des idoles, et cependant un grand nombre d'entre eux se sont corrigés, se sont convertis, et se convertissent encore chaque jour \ »

Pour répondre à la 3e objection, je distingue : L'Eglise dénie aux hétérodoxes la moindre parcelle d'un droit réel qui leur revient, tandis qu'elle le revendique pour elle, je le nie : elle refuse aux hétérodoxes comme à des gens qui sont dans l'erreur, un droit qui est la propriété exclusive de la vérité, je l'accorde. Ou plus brièvement : Je nie Vltypothèse. Dans l'objection à laquelle nous répondons on prétend,

1 At enim quibusdam ista non prosunt. Numquid ideo negligenda est medicina, quia nonnullorum insanahilis est pestilentia ? Tu non attendis nisi ad eos qui ita tluri sunt, ut nec istam recipiant disciplinam De lalibus enim scripturn est : Frustra flagellavi plios vestros ; disciplinam non receperunl: puto tamen, quia dilectione, non odio flagellati sunt. Sed debes etiam tam multos attendere, de quorum salute gaudemus. Si enim terrerentur et non dooerentur, impr^ba quasi dominatio videretur. Rursus si docerentur et non terrerentur,vetustate consuetudinis obdurati a>i capessendam \iam salutis pigrius moverentur : quandoquidem mulli, quos beue novimus, reddita sibi ratione, et manifestata divinis testimoniis verilate, respomieb int, cupere se in Ecclesiae cathtdioce communionem transire, sed perditorum hominum inimintias formidare... Cum vero doctrina salutaiis lerrore utili adjun^eretur... e multorum, ut dixi, salute laetainur benedicenlium uobiscum Deo, quod >aà pollicitatione compléta, qua Reges ternie Christo servituros esse promisit, sic cuiavit morbidos, sic sanavit infirmos. Et infra. Et tamen vereris ne cum imperialibus legibus ad unitatem cogimini, nomen Dei a Judœis et Pagani.s diutius blaspbemetur ; quasi nesciani Juda?i, quemadinodum primus populus Israël etiam bello deleri voluerit duas i 1 las tribus et dimidiani, quae ultra Jordanem terras acoeperant, quando eas putaverunt se ab unitate sui populi separare. Pagani vero magis nos blasphemare possunt de legibus, quas contra Idolurum cultures Christiani imperaiores tulerunt: et tamen ex eis multi correcti, et ad Deum vivum verumque conversi sunt, et quotidie convertuntur. (Auc, ep. 73, alias 48, ad Vincentium.)

en effet, que les mêmes droits appartiennent à l'erreur, du moins à celle qui ne se croit pas telle, qu'à la vérité. Or cette prétention est aussi peu fondée que celle qui attribuerait aux aliénés, sous prétexte qu'ils ne se croient pastels, les mêmes droits qu'a ceux qui sont sains d'esprit. Mais ici il importe de distinguer un triple point de vue auquel on peut se placer. Le premier est celui de la conscience de l'Eglise, le second celui de la conscience des hérétiques, le troisième celui de la chose elle-même, telle qu'un étranger pourrait avoir à la juger. Pour ce qui concerne l'Église, celle-ci est assurée, non pas tant en vertu de son opinion personnelle, qu'à raison des témoignages divins, qu'elle est seule en possession de la vérité et que par suite toutes les autres prétendues religions sont dans l'erreur. Elle sait que c'est là un article de foi contre lequel elle est sans force. Elle n'use donc pas ici de deux poids et de deux mesures, mais elle demeure inébranlablement fidèle à la loi éternelle, qui reconnaît la suprématie absolue de la vérité sur l'erreur, à la loi éternelle qui déclare que V iniquité ne peut jamais entrer enparticipation des droits de la justice, qu'aucune association n'est possible entre la lumière et les ténèbres (2. Cor. VI, 14). Quant aux hétérodoxes eux-mêmes, pourvu toutefois qu'ils demeurent dans la bonne foi, ils jouiront des mêmes droits que les aliénés à qui rien n'est imputé de tout ce qu'ils font dans leur démence. En tin pour ce qui est de la chose elle-même, elle a des caractères tellement saillants, qu'au moins au for extérieur, il n'est pas un juge équitable qui ne soit forcé de reconnaître les droits de l'Eglise. Quoi qu'il en soit de la bonne foi intérieure des hétérodoxes, dontDieu sera juge, il n'est cependant personne qui puisse à juste titre l'approuver extérieurement. Car de deux choses l'une: Ou ils pèsent avec une attention sérieuse les motifs de crédibilité de l'Église catholique et les indices de la fausseté de leur secte, ou ils ne prêtent pas cette attention, ils refusent de s'occuper sérieusement et avec une volonté droite de ces questions. S'ils refusent tout examen, ou si leurs recherches ne sont pas ce qu'elles doivent

être, leur ignorance sera crasse ou affectée. Mais cette ignorance est absolument incompatible avec la bonne foi. Supposons à présent que leurs recherches soient réellement convenables. Il deviendra dès lors bien plus difficile à admettre qu'ils soient dans la bonne foi et persistent dans leur erreur. Car aussitôt s'offre à leurs regards : l'origine prodigieuse de l'Eglise catholique, la série non interrompue de ses Pontifes depuis S. Pierre et par conséquent depuis Jésus-Christ jusqu'à Léon XIII qui la gouverne à présent, le dépôt de la foi conservé intact et inviolable dans tout le cours des âges, ses triomphes sur les portes de l'enfer et son inébranlable fermeté malgré tous les assauts, sa conservation miraculeuse et sa propagation, la sainteté qui y brille toujours, les miracles qui s'opèrent dans son sein, et en un mot ce qu'on a coutume d'appeler les motifs de crédibilité ; ce sont là il faut l'avouer des témoignages divins qui éclatent à tous les yeux.

Qu'ils contemplent à présent, d'un autre côté, la honteuse origine de la secte à laquelle ils appartiennent, les variations de son enseignement, les artifices inavouables qui ont servi à son établissement, et dont on a usé pour combattre les catholiques, l'aridité de l'esprit, l'absence de miracles réels, la stérilité ou une fécondité procurée par des moyens ignobles et toutes les autres taches qui souillent, d'ordinaire, chacune de ces sectes. Après cet examen, si leur esprit conserve encore sa lucidité, ils seront forcés d'avouer l'erreur dans laquelle ils se trouvent. Quel que soit donc l'état intérieur d'un hétérodoxe quelconque, dont Dieu sera juge, toujours est-il qu'aucun étranger équitable se plaçant au point de vue extérieur, ne pourra le croire dans la bonne foi. Il suit de là, qu'on ne saurait accuser l'Église d'user de deux poids et de deuxmesures. Car, même dans l'hypothèse de labonnefoides hérétiques, on ne pourrait soulever contre elle cette accusation, puisque, comme nous l'avons dit, ieurétat seraitle même dans ce cas, que celui des aliénés qui se croient sains d'esprit (n. :)7, V, etc. 66, rapprochés de 03 et suiv.).

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