‹ Les principes du droit public de l'égliseChapitre 3 sur 34 · IV · texte numérisé non relu

IV

des objections la forme syllogistique qui est, de toutes, la plus brève, la plus claire et la plus forte. Elle fixe, en effet, l'esprit des auditeurs sur le point unique qui fait l'objet de la démonstration, et elle ne permet pas à l'attention de s'éparpiller sur différents objets. Nous avons remarqué fréquemment que les longs discours, tout en ayant pour but d'exposer plus nettement une question, obtiennent souvent l'effet contraire. Les esprits des auditeurs se trouvent surchargés par cet amas de choses et de paroles, alors qu'ils eussent été peut-être merveilleusement éclairés et instruits par un seul syllogisme. Le mot de la sainte Écriture : que l'abondance des paroles ne sera pas sans péché n'est-il pas également applicable ici? Plus on parle, et plus les mots moins appropriés au sujet échappent aisément. La vraie notion des choses en est fâcheusement modifiée et l'obscurité doit s'en suivre fatalement. Nous nous sommes abstenu ensuite d'alléguer une multitude de preuves; mais nous avons eu soin de choisir celles qui touchent à la nature même du sujet, qui font connaître la liaison des vérités et mettent en lumière toute la théorie. De là encore cet autre souci que nous avons eu, de conserver avec soin l'ordre logique, de telle sorte que l'ordre lui-même servît souvent de démonstration, (l'est ainsi que les propositions suivantes ne semblent plus être que des corollaires de celles qui les ont précédées. Quant aux questions pratiques, nous n'avons pas cru nécessaire de nous y arrêter, et nous ne les avons pas jugées appropriées au caractère de ces Institutions. Mais, en revanche, nous avons eu soin d'exposer avec clarté tous les principes qui renferment d'ailleurs la solution de toutes les questions. Ces applications, du reste, doivent être laissées à l'explication orale des maîtres. Que si ces derniers n'ont pas de matière où leur savoir puisse s'exercer, ils croiront aisément être de leur dignité de discourir sur d'autres questions qui seront

une surcharge plutôtqu'un secours pour leurs auditeurs. Nous avons cependant accidentellement, quand l'occasion s'en est présentée, touché à quelques-unes d'entre les questions pratiques, en laissant au maître le soin de les développer avec plus de détail.

Tel est l'exposé de tout l'ensemble de notre travail. S'il pouvait être de nature à servir les intérêts de l'Église, nous en rendrions grâce à Dieu. S'il n'en était pas ainsi, je n'aurais qu'un souhait à faire, celui de voir exécuter mieux et avec plus de bonheur le dessein que nous nous sommes proposé.

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