‹ Les printempsChapitre 12 sur 40 · MUSÉE · texte numérisé non relu

MUSÉE

Lorsque dans la forêt, ayant chante la Terre Aux bûcherons couchés sur les feuilles, il vint. Ayant surpris dans l'ombre un murmure divin. Musée, au pied d'un pin brisé par le tonnerre. Vit la vierge féconde et chaste, Démêler, Qui porte sous son front les astres de l'éther Et cache dans son sein les dieux dont elle est mère.

M 0 mon fils, tu chantas au soleil des moissons

La fleur chaude des blés dont l'Eté me couronne,

ïu répands dans tes chants les jours que je te donne.

Et ta voix s'est mêlée à l'hymne des saisons.

Pour t'instruire souvent j'ai partagé ta couche.

Mais je veux désormais habiter sur ta bouche

Pour donner à mes fds de divines leçons. »

Sur sa bouche il sentit la Déesse descendre, Une flamme enlaça ses mains, brûla son front, Dans ses yeux éclata l'étonnement profond Du mystère d'amour qu'il venait de comprendre. Et pressant sur son cœur les arbres et les fleurs, Etreignant un laurier, ivre, Musée, en pleurs. Chancelant, répétait ce qu'il venait d'entendre.

Page 1