‹ Les printempsChapitre 38 sur 40 · I70 PRINTEMPS FUNÈBRE · texte numérisé non relu

I70 PRINTEMPS FUNÈBRE

Introibo

Couronnez-moi. J'entends l'appel sourd de la terre. Que me veulent les vents ? Je pleure de bonheur. J'entrerai, couronné, dans l'éternel mystère. Je me consumerai sur l'autel du Seigneur.

Un long tlot de triomphe a battu sous lécorce Des chênes palpitant aux pentes des vallons, Dans les bourgeons gonflés un hymne vert s'efforce. Et j'entends l'herbe aussi prier sous mes talons.

Je me suis abîmé dans la nuit de la terre. J'ai cru m'anéantirau sein de l'Etre heureux. Et je m'éveille au cœur de la toute Lumière. Laissez-moi devenir ce grand chêne amoureux.

Célébrez avec moi l'universel mystère.

Adorons le Printemps qui descend dans mon cœur. Je ne suis qu'un sanglot dans l'hymne de la terre. Je ne suis qu'un rayon sur l'autel du Seigneur.

Confiteor

Je me confesse à vous : des profondeurs sacrées Vous m'avez, à travers les formes délivrées,

Amené tout tremblant devant les yeux du ciel: Et moi, pour rafraîchir vos Lèvres altérées, Je n'ai trouvé. Sauveur, que l'éponge de fiel.

Au pauvre qui vous hait, à l'enfant qui vous nie. Je n'ai pas partagé votre pain nourrissant, A la nappe en lambeaux d'un monde à l'agonie J'ai mangé votre chair et j'ai bu votre sang. Je me confesse à vous. Printemps compatissant.

Introït

Printemps du ciel, foi des étoiles, Toi que la Vierge sous ses voiles Berçait enfant près de la croix.

Fais-moi signe que tu pardonnes.

Le doux sourire des madones Fleurit la mousse sous les bois.

Et crucifié sur les astres,

Tes pieds saignants sur les pilastres

Du grand tabernacle vermeil,

Tu nous parais. Printemps du juste,

Tendant pour nous ton liane auguste

Au coup de lance du soleil.

PRLMEMPS FUNÈBRE

Kyrie

Astre, Père, Seigneur, de quel nom qu'il vous nomnne. Soleil, ayez pitir de la terre et de l'homme.

Exaucez-nous, Soleil, Père immense des cieux, Adam du firmament, aïeul de nos aïeux.

Source, Travail, Repos, de quel nom qu'ils vous nomment. Soleil, ayez pitié de la race des hommes.

Gloria

Gloire sur les hauteurs à l'unique clarté, A la sève du Sacrifice.

La terre boit au bleu calice Le sang de sa réalité.

D'astre en astre, de monde en monde,

Circule la sève féconde.

Court et s'accroît le sens vermeil.

Tout a soif du même mystère,

La pierre tombe vers la terre,

Et la terre vers le soleil.

0 racines, volonté sourde, Vous pleurez sous la terre lourde, Vous pleurez, arbres, dans l'air bleu.

Et comme vous le soleil souflVe, Sur son front pèse un autre gouffre, p]t sur ce gouffre pèse Dieu.

Gloire sur les hauteurs aux hauteurs du ciel bleu !

Collecte

La cathédrale de l'espace Se tapisse d'éclairs, il passe, Il descend l'escalier des monts.

Les anges courent sur les cimes, Tandis qu'au porche des abîmes Viennent ricaner les démons.

Mais devant lui l'enfer recule, Les morts sortent du crépuscule, La terre boit son sang vermeil.

Sous ce sang la terre ruisselle Et dans la Pâque universelle Communie avec le soleil.

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