‹ Les prisons de l'EuropeChapitre 18 sur 32 · KM · texte numérisé non relu

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prisons, parce que, bien que joué eu Angletenret il avait une origine américaine.

Auprès de cette table étaient Champagoeux, Dauuou, Chastellain el le PéruYÎen Miianda. Chacun de ces prisonniers ayait sa physionomie particulière; nous connaissons celle de Oiampagneux.

Daunou passait son temps à lire TaciteetCioéron; il était peu communicatîf et toujours sérieux.

Chastellain s'occupait d'agriculture, et, privé de la jouissance des champs et des bois, voulait foire des expériences sur les fleurs.

Le général Miranda, Péruvien de naissance, était un des prisonniera dont la conversation était la plus intéressante. A quarante-deux ans il avait parcouru tout le globe. 11 était venu en France pour étudier les lois de la république et rendre la liberté à son pajs, disait4L Ami de Pétion, il avait intéressé tous les gens de ce parti et avait été nommé général de la république. U avait combattu avec gloire à la téte de nos armées» iousOumouries; mais (m avait fini par lui attribuer la perte de la bataille de Nerwinde, à laquelle il commandait l'aile droite. I^raduit pour ce iait devant le tribunal révolutionnaire, il avait été acquitté. Use retira ensuite dans une mais(ni de campagne aux portes de Paris, où il vivait dans l'opulence. Mais dénoncé une seconde fois par un de ses domestiques, espion de Pache, il Hit iacaroéréà la Force. Voisin de chambre de Champagneux» il le quittait rarement et s*était lié d'amitié avec lui.

n'arrive p«, disait avec impatience le général Miranda; le temps s^éeoute, et nous aurions déii ioué plusieurs parlies. •

U8 Fiusow im iffimon.

— PatieDOB, r^MMidaH Dannoiu Yoiii ymgÊknàm

se lève jainais avant onze heures.

^ious avons envoyé Yakusé le oharcberi dit h 9m tour Chan^gaevi ; noue «von» ea lort i Je mit sAr qfk'ïk e'Mqmit à canser enscmblo.

— De quoi Youlez-vous qu'ils parlent? demanda CbaiWUaili tout en regardant attentivenenl «ne teiUe d'aii»9«w

— > P rbleu, de leur affairei dit Champagnein.

— luur aHaire? ils n'ont pas de temps à perdre» répliqua Chastellain.

— Pourtant Yalaié m'a promis, dit Cbampagneux, d'oManfer

dcHnilivement de Vergniaud qu'il rédigerait tki défense ou qu'il publierait un mémoire. C'est le seul im^m de le sauver*

— Sans doute» dit Mirandai mais VaifBiaiid y pensM

seuloiiient lorsqu'il sera sur l'échafaud.

«- Tenait voiei Valaié qui d^scendi dit Cbampapeui* C'est vrai t mais il n'est pas aveo Vaigniairi i il nous smèns

du Chàlelet.

Eu ciTei, Valasé et du Cbâtelet s'avancèrent vers eui* Ce do^ nier s'appuyait sur le bras de son oouduateur i imr il ttvati em eore peine à mareher» à cause de la blessure qu'il avait reçue doaui k Ville de Gand ; un boulet lui avait emporté une pat% lie du mollet. C'était le |iremier eoup de Qansn tiié par tea Ans triehiens,

Aeliille du Châlulet avait été conduit à la Force avant d'^lro guéri de sa blessura. il était outra pnvé dn l'tjssge da Itt mtfin dtoitai oa qulla mettait horsd'étit dn sasoiafB à lui-

même pour Ils divers besoins de la vie. Aussi les prisomneri qui occupaient les appartements du greffier et du chirurgiaDil

U rORCC. Mf

lesplHf^ cominodes de la prison, l'apptilèrent ils auprès d'eux. te«rvilté'aiK)Ml.pinDiià60D domMttqiic d'eiÉref daoftla fvn»

son pour le panser; mais plus tard cette permission fut retirée. Alors chacun des prisonniers s'offirait à son tout ppoi lui readre liiViai. Jkt^ ttfi lii9tilMtt Cbâtalsl iif#it touIu encore profiltT du temps de sa c<iptivitc pour apprendre la langue ë^^uiu M AXAft traQSjporter k la force touta sfi ))iblio« Ihèque et avait pris pour professeur Daimatt. Celle étMide m parvenait qu'à le di>lraire médiocrement. Naturellement m6- Uincoliquet il témoignait à tous ses compagnons la peine qu'il ressentait de leur causer de la gène par les soins que sa positioi^ leur imposait. Homme du monde, plein d'esprit et de re^ sources, il ét^it eiajii 4e tous.

yala^etVergniaudfrisajentparliedes vingt-deux girondins, lorsque la commune et les jacobins demandèrent leur arrestalipn;i ^4t« forcé d'y accéder, d^isit 1^ Luxembourg, où on leur ay<Mt préparé des chambres commodes et bien meublées; mais la commune s'y opposa et en ût des prisons pures et simpto d<Mi& lesfuçU^ ils fun^t mis. Au bout de quelque temps on dispersa les yingt-deux dans les diverses prisons de paris. Valazé et Vergniaud vinrent à la Force; mais avant d'être écitmés danff cette dernière prison, ils avaient élé conduite chez eux pour la visite de leurs papiers ; ils y restèrent longtemps sous la garde d'un seul gendarme. Us eurent toute faci- Klé de s'échapper; ils ne le toulurenf ni f un ni l'autre.

Dès que le groupe des prisonniers aperçut du Châtdet, il courut au-devant de lui pour lui témoigna sa joie et en même UÊÊfëmmiÈlk^ n'M «eàmiis une impniteoa.

~Non, non» répondit du Chètekt eu s^mriaaft; le chaiigo-

lOS I£S PRISONS DE LTUROPE.

ment de Heu me fera du bien. D'ailleurs je n'ai pu rénster à l'idée de fiiire une partie de boatonafeeioiit» eilL Veqpwnd m'ayant offert gracieusement sa plaee..*

— Il n'est jamais prêt, dit Hiruida.

— Ne le blâmes pas pour oe matin» dit Yàlasé; i vient de commencer son mémoire.

— A la bonne heure, dit Champagneoz; laissons^e iure. Pourvu qu'il puisse l'achever.

— Je crains que non, répondit Valaié.

— Dans tous les cas nous n'irons pas le distraire , ajouta Miraada. Allons, nous voilà autour de la table de jeu: prenons place.

Champagneux, Valazé» du ChÂtelet et Chastellain s'assirent en face Les uns des autres. Daunou tira Tacite de sa poche et se mit à lire tranquillement ; Hiranda s'assit à eôté de du ChAtelet pour ramasser ses cartes et les jeter h mesure sur la table, ce dernier ne pouvant se servir de sa main droite, et la partie commença.

— Ce sont des cartes républicaines, dit Valazé à du Chàtelet. Vous ne les connaissez peutrétre pas encore?

En eflÎBl, répondit celui-ci : il ne doit pas y avoir de roi dans le jeu. Si les Français l'ont supprimé dans leur gouvemement, ils ne peuvent l'avoir laissé dans leurs caries.

— Les rois sont remplacés par des génies.

— JEstHse une critique des rois ou de la république? C'est un contraste.

«Et les dames» les a-t-<m supprimées aussi? demndAda ChâtéletaTec un peu d'ironie.

UFORO.

" On a ssppriflié oéRes de l'anden régime , répondl Y«lazé.

» Je compiends ; elles étaient de trop bonne maison.

— Elles étaient trop galantes : elles étaient toutes de la cour.

— On en a donc trouvé de plus sages, dans ce temps de miiaclesT

<— Sansdontel On a trouvé des viergesl

— La république produit des vierges?... Montrez-moi donc ces cartes? i

— En Toid one; c'est la déesse de la Liberté.

— Et fOus appelez cela une vierge! Cette coquette qui compte des milliers d'amants, dont les caprices sont si funestes, dont les eeresMs sont mortelles...

— EDe blesse, elle tue, elle dévoie, soit; mais elle ne trompe pas; elle ne se prostitue jamais !

— Citoyens 1 pas de poUtiqoe, je vous en prie, dit Miranda.' ^ Vous aves rsison, dit dn Châtelet; mais faut41 que je saeaa

au moins par quoi on a remplacé les valets? ^ —> Par des soldats de la république. ^

— A la bonne beorel le me tronverai là en pays de connaissance.

La partie commença aussitôt, et après quelques coups, les Joueors étaient n attentift qu'ils causaient à peine entre eux,

lorsque Vergniaud entra tout à coup , et dit en sautant de plaisir :

— La voilà! la voilà! n Tient de me donner sa toarteréUe. Il montrait en même temps oe bel oiseau blanc qu'il acca- '

Mait de caresses.

—Qa'estK» donc? demanda Valaié.

. W LES PAl^ «1^ ft'EUAOPB.

— ïu ne le fois dooç pa»l c'mk I» ^ .

me Tendre ou de me kmer le guiehetier, moyennanUrok InMb

I»rdéciiKi«u

— £t cçla t'a fait qoiUtir ttêfHàkt

— Hais TOUS savez oombien votre mémoire est importanlel

pressé, dit Champagiieux.

^ JMmia le eeiMWMim* kmmtkm lifaifii aiii i

douces pensées que m'inspire cette blanche colombe.

— Et si derTMiui il était trop tafd^

déplus de ma tooKtmlb* Et s'étendant par terroi U se iaU 4 i% jnn^ ^HH

ioie d'enfant (jl 2),

La partie continua entre les «patoe hiigim.iJlimUl m, oQiip assai «trwdinaiM.

^ Huit levée» en carreau! (Ui €baqi|iapiiiir

— Huit levées c^mhwL dit dii fWlV'M, ~ Misère sans écart I dit Vahuriu

— Dix levées en earreaui

— Dix levées en cœurl

-»- lliaèie sur lahle! récria Vahzé e» étandaiU se» <jari».

— Le coup est piquant» dit Cha&tellain.

, ^ Ycg^oos,, dit Daunou en feam^t Xafiite- e( a^nrii^l Uê^ jeux, tandis que Yergniaud inattentif répétait à sa io^ii^. : iloHfou/ rouœul

On joua 1q preuùeyr c»i^ et Yaiaié '^'fmr^itt imm k carte du second, quand un geôlier entrant et h^Mf^fjf^ l'épaule» lui dit:

— Citoyen Vataié, on le dmande an greflh»

— tJn instant, j y vais, répondit celui-cu ' ^ Mais cala pnase : c'est poiir aller au tribunal rAvoln-'

tiomiàîre.

— Raison de plus I Puisque c'est le dernier coup qne je joue dans Ipà Yie, laissesG-môi le gagner dn paix, r^pondit-il» et il continua à fournir des caries.

— On te demande aussi* citoyen Vergniaud

— Sans doaie pour k même motif» dit oeluKi en ne quittant pas sa tourterelle.

— Oui. '

— Eh bieni puisque tu accordes h Valazé le (empa de finir

la partie, accorde-moi celui de liBLire mes adieux k ma blanche colombe.

— Tai perdu! s'ieria Valazi. ce geAIier qui en est cause. Il est venu m' interrompre, et m'a causé une distraction.

— Itartons, dit lege61ier.

— Un moment , dit Vaîazé; est-ce que je sais si je l^verraî * jamais m^ partners ; les dettes du jeu sont sacrées; je veux régler mes comptes dans ce monde» et en partir sans rien devoir ^

à personne.

£n disant cela il payait avec le plus grand sang-froid les ^ trois joueurs qui venaient de gagner. Puis, ayant compté son panier, il dit :

— Mon panier est complet, malgré ce èoup qui était fort cherl Quel bonheurl je ne perds ni ne gagne, le puis quitter le jeu, et me faire remplacer comme si de rien n'était.

— )e suis là pour ça, dit Daunou, (pu s'était levé et atr» tendait.

lit

LES TOISONS D£ L*E(JBÛPE.

— Piranei ma place, dit Valasé; elle n'est pas maufaise*

Seulement, ne fiiites pas de grandes misères sur table trop à la l^ère. Ce coup est plus dilHcile que je ne le peusais; c'est une bonne leçon, ça ne m'airivera plus.

Quiltant alors la Uible, il céda ta place à Dauoou, qui fit couper son voisin, et donna aussitôt les cartes pour que la partie ne fût pas intenompue. Valazé fouilla dans sa poche, comme pour examiner s'il avait tous ses papiers, et voyant briller quelque chose qu'il cherchait à dissimuler, il se prit à sourire im-^ peroeptiblement S'adiesBant ensuite à Vergntand :

— Viens-tu? lui dit-il.

— n le f&at hîen» dit celui-ci en se levant. Cest dommagel k premier joor j'ai cette tourterelle.

•—Sans adieu» messieurs 1 dit du (Mtelet. J'espère que noos nous reverrons.

— Si on nous permet de parler, dit Vergniaud; sinon, adm pour toujours 1

— Piocolissimo en cœori dit Chaatellain,

— Ce Chastellain est terrible, dit Valazé en s'en allant : il demande toujours ces coups-là, qui enlèvent tous les autres et empêchent déjouer. Ces! lui pourtant qui m'a bit perdre ma grande misère que je devais gagner.

— Btmoui disait Vergniaud en caressant la tourterelle; nous allons nous séparer, ma belle; mais je vais bien penser àtoil

Déjà leur voix et le bruit de leurs pas s'éteignaient dans le Mntain. Bientôt on n'entendit plus dans cette chambre que ibs lentes paroles des joueurs de boston.

Cette partie continua quelques heoies, an bout desquellei

Diyilizea by

du ChAtelet, se sentant Mgué, voulut se retirer. M iranda prit sa place, aiampagiieiix touIuI cesser aussi, et iai remplacé par

un autre prisonnier.

Champagaeuzoanduisit dn ChAtelet à k chambre du§;refiBer qu'il occupait; et là, quand ib furent seuls , ils cansèrent du départ des deux députés. Ce départ avait frappé du Châtelet; nab il n'en avait rien témoigné. Champagnwix regrettait surtout Valazé, qu'il aimait beauconp.

— Valazé ne montera pas sur l'échaiaud, dit-il à du ChAtelet.

— Vous croyez qu'il sera sauvé? demanda célui-d.

— Oui, par le seul moyen que nous ayons de nous sauver de la guillotine, il m'a montré un s^t qu'il tient caché sur lui. et que j"ai vu briller au moment oîi il est parti.

— Ah! je comprends.

- — Qu'il est heureux , monsieur t il a de quoi braver ses Juges. Aussi vous avez vu son calme, son sang-iroid en nous quittant. Le seul trésor de prisonniers comme nous, c'est une arme

qui puisse nous domier la mort. * *

Vous séries donc heureux, k votre tour, d'en posséder une? demanda du ChAtelet au bout de quelques instants de silence.

^ J'adorerais la main qui me la donnerait. Elle serait k

mes yeux aussi puissante que Dieu même.

— £h bienl reprit tout bas du ChAtelet» je puis vous satisfaire. J'ai sur moi plus d'opium qu'il n'en iaut pour tuer deux hommes. Partageons.

Et allant chercher un gros livre qu'il avait dans sa biblio^ Hlèque, il en poussa un ressort; le dos s'ouvrit; il en tira une

botle qui contenait de l opium, en donna la moitié a Champa- {DfOXtetfemitlerestaàsa plaee.

« Jusque-là j'aTais été agité par des inquiétudes oontfnuéDet sur le sort qui m'attendait, dit Champagneux; du moment que }• via ma daBUnée dans mes mains, je re^inu, et j 'attendis avec im cilM mlMBl ImMgmabU la dei^ bien sûr de loi échapper au moment qu'elle croirait le frapper. Aussi n'eus-je rien de plus k cœur que de bien cacher ce préétat ttésor: i m lia quitta jamia. 0k anjoud'lMi que les orages réMikilloiiiiaiiQa paraissent dissipés, je la eonsam encoro avec un soin extrême , autant pour réveiller en moi des toçmain «pi'il m'inporta de ne pas oublier qof pour oomo»^ ver dans toutes les sitaatioiis de ma vie ca regard InuiquiUa al serein avec lequel j'aHrontais alors T avenir, a

Champugneux venait à peine de cacber son trésor, lorsqu'il fiil brusquement entraîné dans un des coins écartés du préan par un jeune homme qui, 1 ayant pris sous le bras, lui fit une lecture animée d'un manuscrit qu'il tenait entre Ifis mains. Ce jeune homme était Adam Lux.

Député extraordinaire de Maytimc auprès de la Convention, pour demander la réunion do ce pajrs à la république Irançaiae, Adam Lux avait manifesté pour les ^ndins aon admiration et ses sympathies. Son amour romanesque pour Charlotte Corday avait fini par le perdre. 11 vit celte léumie au tribunal révolutionnaire, et sur la cbanrette marchant à la mort» et se sentit épris tout à coup pour elle d*une Toile passion. 11 publia un écrit en son honneur, et fut arrêté et mis à la Force la 24 juillet 1793. Cette punition et le danger dont il était me- OAoé, Icin de le&tredianger, ne parvinrent qu'à Texalter en^.

LA FORCB» m.

core. Dans son adoration pour Charlotte, il n'aspirait qu'à mourir sur le nème écha&ud, «t tous ses entretiens roulaient wâr elle. Champagneoi^ altiré vers lai par la bizarrerie de son caractère, était deYeuu sun ami. Pour se distraire dans sa pri* son, Cbamyagneui traraillait alor^ à une histoire de France* et à ses mémoires. Il les cacha dans les vases à mithridato vides de la pharmacie de la Force, dont l'entrée lui était permise à toute heure par le père Trouiliet. Après le 9 thermidor, il retira ses papiers. L'Listoire de France a él6 perdue; mais les mémoires ont été conservés ; ce sont leurs iragmeals que nous eltiDflDS. Champagneni ypukt aussi laire un drame; il consulta Adam Lux sur le sujet qu'il avait peine à trouver. Celui-ci lui indijgua sur-le-champ sa propre histoire, son amour pour Charlotte Corday,

Champagneux repoussa d'abord l'idée que lui donnait Adam Lux, dis(uitq;u'il ne se aenturait pas la force de traiter un si^et si triste et si poignant pour lui par la mort qui planait sur son amL Alors Adam Lux lui fU de son amour une description si poétique et si belle, que Champagneux, subjugué malg^ré lui, et sur ses nouyélles instances, jeta sur le papier Tentretieii tout entier qu'il venait d'avoir.

— C'est fotre première scène, lui dit Adam Lux;eontinues de même pour tous nos entretiens, et votre drame se trouvera iait. Vous n'aurez plus qu'à mettre en action ce que je, vous présente en rédt

Champagneux ûnit par y consentir, et eut bientôt fait son premier acte. Au seoond, il fallait faire parler Charlotte Corday et la mettre m scène. Champagneux traça son plan, et commen\;a à écrire ; mais lorsqu'il lut son travail à A4am LièXj

LES PRISOSiS DE ^EUROPE.

çer. £lle lui apnon(;ait h coiMiamnaiion de Vulaj^ #t de Vergniaud.

Valazé se donna la mort avec un petit stylet qu'il avait caché dans SQ6 papiers. C'é^i l'arme dont la vue l'avait faii sourire au moment où il quittait ses compagnons.

Vergniaud monta à l'échaiaud avec le plus g^rand courage U fit légataire universel un dome8ti<|(iie q|ui lui avait donné des marques peu oommunes de dévouement. L'idée de ne pouvoir mieux le récompenser le tourmentait seule à ses derniers moinomenis. L'héritage consistait dans tout ce que Vergniaud .laissMt à la Force : un liabit qu'il portait en prison, et du vieux linge déchiré.

. Tel fut le legs de rhonune qui a?ait prononcé la déchéance et Farrèt de mort d'un roi de France! Ce n étaient pas les dépouilles de la royauté qui l'avaient enrichi.

Aussitôt que Champagneux eut lu la lettre, Adam Lm^ revint au drame, et voulut reprendre la coUahoration. Ils la fioiltinuèrenten effet, faisant et refaisant sans cesse, heureux de tous les iaddents nouveaux qui suigissaient. Ds en étaient arrivés à ce point désespérant pour des auteurs dramatiques oh la lassitude du siyet empêche de trouver dans la piioe un nouyeau point, un nouveau détail, une nouyelie péripétiè dont on sent l'impérieuse nécessité. Depuis plusieurs jours ils flottaient indécis et inquiets entre plusieurs idées qui ne les satisfaisment pas , lorsqu'au moment de leurs recherches les plus actives, les couloirs retentirent du nom d'Âdam Lux. Celui-ci quitta avec peme son ami, se rendit aussitôt au grefife, et revint l'instant d'après reprendre la conversation, tenant à la main linpapiar qu'il roulait dans ses doigts. £n même temps» un

home de pefite tttOIe, a« toiiriie malrn, «us mmmmùB

vifs, à la voix flûtée, s'approcha d'Adam Lux et l'interrompit dans sa promeiiado. Gel bonuoe était Unguet, doot le nom ae liait à h prise de la Bastille. Haiie dans ime petite commune de Seine-et-Oise, il avait été arrêté depuis peu, et conduit à la Force. CbampapienT» sans l'avoir jamais ?a, a? ait été m oorrespondance avec lui , et depuis les quelques joun qu'il était eu prison Linguet n'avait guère vu que les deux amis» et commençait à se lier avec eux,

— Mon cher dtoyen, dit^l à Adam tux, vous m'avez promis lu romance que vous avez faite sur Charlotte Corday, et je craimi que tous ne sortiez d'ici ayant de me l'avoir donnée.

—Vous avez raison, répondit Adam Lux en entraînant Champagneux; je vais vous la copier, et appuyant sur lûi livre le papier qa'il tenait à la main, il écrivit aussitôt au crayon lee paroles de cette romance et la donna à Linguet.

— Que faites-vous donc? dit vivement celui-ci» après avoir jeté les yeux sur ce qui était écriti Tencre dans le reste du papier ; vous me donnez votre acte d'accusation.

Oui« répondit tranquillement Adam Lux; on vient de me le remettre à Tinstant au jprafle* et comme je n'avais que papier...

— Mais reprenes4e, dit Unguet; il vous est nécessaire.

— Pourquoi?

— Vous l'aveai donc assez, lu pour ne pas l'emporter à l'au* dience?

— Je ne l'ai pas n^gordé. A quoi hon perdre du temps? » Mais alors,..

— Gaidez-le donc» mon ctiar. La romance qui estdciriiii

iso

LES PRISOiNS DE L'EUROPE,

est cent fois plus précieuse que l'éloquente rédaction de Fouquier. Je sais ce qu'on me reproche; je ne mix pas le nier, et je suis heureux d'aToir consigné derrière l'acte d'accusation l'aveu formel de mon crime, mon amour pour Giarlotte Corday.

— Mon ami, interronipit Champagneux TÎTemênt, nous cherchions un incident dans notre drame : le voilà tout trouvé. Ceci doit faire une belle scène.

— A l'oBUvre donc, dit Adam, et écrivez. Ma distraction aura servi à quelque chose.

Avant la fin de la journée la scène était iiiite et les deux amis Tavaient relue et corrigée ensemble.

Le lendemain, 10 octobre 1793, Adam Lux déjeunait avec Champagneux, lorsqu'on vint lui annoncer qu'on l'attendait au tribunal révolutionnaire.

— Mon ami, dit Adam Lux, voilà le dénouement de notre drame, le vais le foire, vous allei l'écrire.

Champagneux, ému par ces paroles, se jeta au cou d'Adam Lux et avait peine à s'en sépara. Celui-ci lui fit ses adieux» ainsi qu'aux autres prisonniers, avec le plus grand calme, et le prenant par le bras pour ne le quitter qu'au guichet, il lui dit ;

— Je crains que vous n'ayez pas donné asset dé poésie à Charlotte Corday dans votre drame. L'amour que vous lui supposez n'est ni prouvé ni probable. Une jeime fille qui conçoit l'idée, au prix de sa vie, de délivrer sa patrie d'un homme tel que Marat n'est pas une femme ordinaire, soumise aux faiblesses, aux misères et aux passions de l'humanité. D'ailleun quel homme eût pu jamais être digne de l'amour de cetlè héroïne? Pensez à ceci. L'amour seul de la pairie devait agiter son

LA FORCE. m

âme. Revoyez votre travail, je vous le recommande. Promettezmoi d'y réfléchir.

En ce moment il était arrivé h la porte du guichet que le geôlier venait d'ouvrir. Adam Lux la iranchit, et s'étant retourné, dit à Chan^gneux :

— Pensez-y bien', mon ami ; cela est important.

Puis il le quitta comme s'il devait reprendre cette conversa* tion au bout de quelques heures, k quatre heures de Taprèsinidi, le même jour, il avait cessé do vivre, et le geôlier, cherchant dans le registre des écrous» s'arrêta à celui qui était ainsi conçu :

« 24 juillet 1793. Lux, Adam, âgé de vingt-huit ans, natif de Mayence» député extraordinaire à la Convention nationalet demeurant rue des Moulins, 23, — pour y rester jusqu'à nouvel ordre. » Puis il ajouta à la suite ces mots terribles et significatif» qu'on y lit encore : « Conduit au tribunal révolutionnaire le il brumaire an n. if etf pat

Liûguct, nouveau venu à la Force, et peu habitué à de pareilles scènes, parut plus frappé que Champagneux à la nouvelle de la mort d'Adam Lux. Il conservait l'espérance de recouvrer la liberté, et dès cet instant ses craintes redoublèrent. Champagneux cherchait à lui rendre le courage, et lui disait :

— Vous avez fraui lii les bastilles des rois et des empereurs; ce sera un jeu pour vous d'ouvrir les verroux de la Force.

Linguet garda un instant le silence, et répondit avec un profond soupir par cet adage vulgaire, mais pieiu de vérité :

— Tant va la cruche à Teau qn7i la fin elle se casse.

Le tour de Lingnel arriva au bout de quelques semaines»

comme celui d'Adam Lux, * iv. 10

LES PRISONS QE VEmOVB.

u C'est ainsi, dit Champagnenx. que l'honmie qui a:mt ranr

pli l'Europe de son nom, qui avait bravé les peuples et les rois, fut emporté comme une Tapeur par un souffle révolulioxmaiie. »

Champagneux, qui voyait presque tous ses amis partir pour l'échafaud, puisait du courage dam cet opium que lui avait donné du Châtelet; pourtant il n'en usa pas; mais ce dernier l'employa pour mettre fin 1^ sa vie.

Après plusieurs teutativei» auprès des comités et de Convention pour obtenirsamise en liberté» ou tout au moins sa translar tien dans une maison de santé . il perdit courage : $es maux physiques croissaient avec ses souiirances morales; il^e cru4 kt charge à ses amis et s'empoisonna.

« Ce fut le 20 mars 1794, dit Champagneux, qu'il exécuta sa, résolution, Ters les sii^ heures dii matin, pendant ^ le député Cbastellain, qui avait passé k nuit auprès de lui, était k sommeiller. Cl^astellain vint à nous le& heures et nous dit que son malade^ après avoir |«ssé mie nuit agitée^ reposait un peu en ce moment, n ne soupçonnait pas ce qui avait pu lui procurer qe repos. Kous nous ren4tmes auprè^ de lui« Milanda et moi» et en le ^ant nous eûmes 1^ même soupçon. Nos doutes se convertirent en certitude quand nous aperçûmes près de son chevet une boite ouverte et vide. Pious ne pûmes obtenir de lui aucune parole; il respirait encore, mais peu sensiblement. Il ne donna dans cet état de léthargie aucun signe d^a douleu): \ aoiji pouls se retira par degrés et a'éteignit tout à ftit k midi. Quoique nous le jugeassions mort^ nous nous opposâmes pendaiit un jour et demi à ce qu'il fût enlevée II eût été trop cruel j^ur nous de ospwver ^mçindre doute à oet égard. »

" bu CBAtelél avait fait m tèstament pat kkfnel fl laissa «on mobilier et une partie de ses livres h Miraoda. Champagoeux titif pour M part on Siinècpie Ebsetb ei tiné Hblleotion d'auteurs latins qui ont é<nHt snr rÀgrieuliftre;

On lit simplement à la suite de l'écroU de du Châtelet : Agé 4ê ireiiMir&î» muiiMMnê géhiféi ê» éifMm, qui, à lu coltMaie desmotift, porte 068 moto: C^iion'Mfifii^; Mèrtfeil jféf^

tntnal.

Ce fut le seul, pairmi left cinq qui réstèrenl de Ut fomdusè partie de boslton, qui motttuf d'utift mdrt tldieinté: MUiftes

sortirent de prison et se retrouvèrent dans le monde. ' ' Chastellain se retira si pauvre du corps législatif» qu'eu fendCiniaite aïi m il ne poMii tenir l"F6ria, n^ifm'piê d'habit. " ' * " • * " •

L'écrou de Miranda dit toute son histoire dans la prison. ^ <c 9 jàillei 17981 — Hiranda Rrançôis, gânéMt; ^Mtm ii6n expliquée; eoâduit Huk'MAdéloiitaettes le 2t messidor* — liis en liberté par décret de l'isseinblée natiCSiAle le 25 ni^ ▼d6eanm.j» ' "'^

ChtttnpagndtitUrlfitiSti 'délâ gtanîdë Ibftffiéb 'dés lIlM^ nettes ; et, rétabli plus tard dans ses fonctions, il fut contraint*, sous le Direcloire, de ââ^ induire MirandÀ Irux ihMUièèes, parordite dttAinâmdetlniérimtf. " ' Nous devons pàrler encore de quelques prisonniers importants qui se ttouvaient à la Force pendant la période révoiutionnAlre : c'étaient lè^ deuk Brancos et le tie^ maréchal de Mouchi; les frères Sabatier, dont l'amitié fut si louchante; Vîîietninot, gendredubanqiiierWandeniver; Monsieur de Périgord, Quartâmer* &eeMis; énân Yobiey, dont le mm brille é^W^

IMBidans les sciences, la philosophie et la lilléralure. Voici Ftoou de Tauteur de» Ruina des Ewfka :

€ 86 brumaire an n (16 novembre 1793). — Volney Constaotin-Frauçois, âgé de Irenle-sept ans, natif de Craon, domicilié k Ajacdo, en Corse, arrivé à Paris depuis un mois: — arrêté comme suspect, — conduit ehes le eitoyen Bdhotnme le- 6 pluriûse an m (25 janvier 1794). »

Kersaint, ancien marin, ayant obtenu le grade de capitaine de vaisseau, aussi dégoûté de la cour que du peuple, s'était jaté entre les bras d'une femme avec laquelle il vivait à la campagne en mi sylMirite. Il fut arrêté et conduit à la Force» 11 se fit suivre dans sa prison d'un i m Fin use attirail de cuisine, et psssa son temps k manger et à boire. Quand on vint le chercher pour aller au tribunal révolutionnaire» il voulut se tuer et ne réussit qu'à s'égjratigner. Avant de partir, il chargea Champagneux de faire remettre à la femme avec laquelle il vivait un écrit caché entre la gravure et le carton d*un dessin encadré, et partit tranquille, après la certitude que sa commission serait remplie*

Enfin, il est une dernière anecdote que nous allons mentionner :

Le jeune Foucaud, âgé de seize ans, fils de madame Kolli»

élail détenu h la Force dans le département des hommes» tandis que sa mère, coudanmée à morl, était elle-même détenue dans le département des femmes, à la petite Forœ, avec sa pe* tile fille. Un grand mur séparait la cour des hommes et des lémmes, et un égout seul perçait ce mur très^bas pour laisser écouler les eaux. C'est par là que, secondé par lés prisonniers» auxquels il avait iait part de son projet, et qui s'emj^ress^ient

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de le cacto aa moment de rexécution, Fooeand «mit tons

les matins des nouYelles de sa.mère et lui donnait des siennes. La petite fille, secondée de son côté par les prisonnières, se rendait à Tonverture de cet égotit. Foucaud passait la tête au travers des barreaux de fer, et la sœur accourait lui dire tout bas : , — Maman a moins pleuré cette nuit, un peu reposé, et te souhaite bien le bonjour. C'est Lolotte qui t'aime bien qui te dit cela.

Madame Kolli avait été condamnée à mort avec son mari

par jugement du tribunal révolutionnaire du 4 mai 1793, tous deux comme complices de la conspiration Beauvoir. Us de» vaient être exécutés le soir même. Bans le peu d'heures qu'ils passèrent ensemble avant de marcher à la mort, heures de désespoir et d'angoisse, ces deux époux ne pensaient qu'aux trois enfmts, si jeunes encore, qu'ils laissaient après eux sur la terre, sans biens, sans secours, sans appuis. Cette idée seule faisait couler leurs larmes , et chacun des époux cherchait les moyens d'atténuer le coup terrible dont il était menacé; mais l'heure s'écoulait rapide, et le moment de marcher à l écha* faud approchait de plus en plus. Tout à coup Kolli se jetant dans les bras de sa femme, et lui présentant leur petite fille, fil un appel à son courage de mère :

— Tu as une mission à remplir sur cette terre, lui dit-il; déj?^ tu es veuve, et tu ne dois plus songer qu'à tes enfants. Il faut disputer ta vie à nos juges pjsr tous les moyens possibles» car ta vie c'est celle de ces petits êtres. Déclare que tu es enceinte, tu obtiendras un sursis, Dieu fera le reste. »

Cette pensée de survivre à son mari, tandis qu'elle avait puisé une consolation dans la mort même qu'ils devaient subir

m LES PRISONS DE L EUROPE.

ensemble, parut élre au-dessus des forces de madame Kolli. £lie résista d'abord, et puis refusa tout à lait; mais la petite ûUe présente à cette scène, et guidée par son père, 'dont elle répétait les paroles, la supplia tellement de sa voix ionocenle, que madame KolU finit par consentir à ce sacrifice, et fit à l'instant la déclaration qui pouvait la saover. Triste et morne par la force de la douleur, elle vit partir son époux pour l'échafaud sans verser une larme» et fut conduite le.méme jour à FAbbaye* Le lendemain elle put envisager toute l'étendue de son malheur et de sa position, et prit la résolution de suivre l'ordre de son mari , et d'user de tous les moyens qui seraient en son pouvoir pour se conserver à ses enfants. Elle soutint hardiment les probabilités de sa grossesse, et reçut tous les secours nécessaires à son état. £ne fut transférée le 17 mai à la petite Force avec sa fille, et continua à jouer son rôle. C'est là que tous les matins elle communiqiidt avec son fils de la manière que nous venons de le dire.

Un jour, Lolotte avança plus lentement qu'à l'ordinaire; elle tenait à la main de longues tresseé de cbeveux, et madame Kolli s'était mise contre on arbre, en vue de son fils, c^ose qu'elle n'avait pas osé faire jusqu'alors. Lolotte approcha de la grille, et dit tout bas encore à son frère :

Voici des cbeveux que maman t'envoie. Ce soir elle doit être exécutée; elle t'ordonne de ne pas te faire trop de chagrin de sa mort, de te conserver pour moi, et de prier Dieu pour elle. £lle te recommande de réclamer son corps, et de la faire enterrer. ▲ présent je me retire; mais tu vas rester, car maman est là contre un arbre. EUe veut te voir de loin, et te donner sa bénédiction; et Lolotte, se relevant aussitôt, se mit à l'écart;

la.

U FORGE. m *

l0fik{qpei)(^t9« nièro^ n ieodit waemanlkgbfMteneHe, ea nrarmurant des mots que ses sanglote étouAîeni. La mère,

désolée, éleya les mains ^ur sa tète, lui envoya plusieurs bai* sm» et dîQNirat en prasani 94 Pe m 9011 ecm.

Cétait le 6 novembre 1793; quelques jours auparavant, maidame i^olli avait été visitée pour la dernière fois par les médeciiis, qui ànmi déclaré qu'Urne rei^QWaissaiftl auoui ligna de grossesse. Le 5 novembre, elle avait comparu de nouveau an tâhunal réfolntiûiuupFe, ^ui a^aU çoiUinnÀ aon jngwent ei ep av<dt ordonné Veséentlon imnMUktejmh]^laiMidehB4- VQlution. Maiiame Kolli obtint cependant encore un sursis.

moment, elle ent l'idée d'en appeler à la Cenv eaUen, et d'imr

plorer sa olém^ce en demandant ^ vivre pour ses trois eniant^. tuè 4a90SQdaot du tiilHmU eU& jridigea dana ne tont nue pétitÎQn devant laquelle on e'^rrèta, et qu'on portaJonl de sui)e m> Tuileries, et on la réin^^ k h petite Fei^. pour attendre que la GoAWli^Wl eùl pRWiiQ^

\s Mor^w porte œ qui auU, 4.1a séisoe d^ cett^ date (Ui )ir|MPQ4ârft ^ :

« LavenfeKoUif crmdainn^e > mort, iroptoro ime pW--

tion, la clémence de la Co^v^tion pour elle, en laveur de

fiOft talûift onfunta An hftg |gfl.

ji La Convention passe à l'ordre du jour,

» Lecointre. Vous avez raison dç passer à l'ordre du jour sur liii;|^4i4jmqH'4^. vou^ est d^VQ^eb^Hunilé d'as-

«am k ^ enl^ls infortunée dea i^enioi^Bea coniiimwtoa k

n)Q|t« eti dont on a.QQ^û^ué l^ bio^s» une maison de bicn^

et l'éducation due aux enfants de la patrie. (On applaudit.)

» Cette proposition est décrétée, et le comité des secours pu* blics chargé de pourvoir aux moyens d'exécution. »

Les deux actes de la Convention qui furent la suite de la pétition de la Teu?e KolH sont d'une logique à la fois rigide et généreuse. La question de clémence était nonvdle pour ce pouvoir; c'était la première demande en grâce qu'il recevait, n était constitué de manière à ne pouvoir la faire; mais Lecoiiiie sentit la lacune qui eristall pour les enfants des condamnés à mort, et tout en sollicitant la mesure qui devait la remplir, il eut soin de qualifier les fils des condamnés à mort d'en/Ml ê$ h pttHê. La portée de cette expiession n'a pas besoiu d'être expliquée.

Ce fut en vertu de cette mesure que le jeune Foucault obtint M liberté qudques jours après. Voici le teite de son écrou :

ft 17 septembre 1793. — Foucaud, René, âgé de seize ans; natif de Lorient; sans état. Prévenu d'incivisme et suspect. Remis au citoyen Ferrières, 16 novembre 1793. »

Tous les prisonniers dont nous avons parlé, et qui étaient restés à la Force, furent transférés aux Madelonnettes, le 14 juillet 1794. Ils étaient au nombre de quatre-vingt-neuf.

n nous reste maintenant, pour finir le tableau de l'époque révolutionnaire de cette prison , à parler des gardiens et du régime qu'on y avait introduit

Voici ce que dit Manqui à cet égard :

« Les guichetiers de la Force, en général, étaient humains, au moins dans la partie que nous babitions. L'exemple du guidietier chef influait beaucoup sur leur conduite. Cet homme, vraiment au-dessus de son état, était d une douceur surpre-

V LA mes. fiê

■ante. Par l'humanité dont il accompagnait toutes ses démarihiB, il chflNàaift à •doocitfi'Ce que ton enpkH avait de dur et de rebutant. Sans jamais manquer à ses devoirs, il les remplis^ aait a?e6 une aménité qui le rendait intéressant. U s'appelle FenMj; il a di|Miis été eipployé à l'hospice, ë-derant érédié.

» Ses égards éclataient surtout envers les députés. Il ayaiff pour eux nue sorte de respect que tout autre aurait craint dV foir àtm ces circonstances déplorables. Lorsque les admlins*^ trateurs vinrent, à l'heure de minuit, procéder à l'enlèvement ilas eiiBis qu'il» appelaient no» armes, Vm d'eux s'était jeté asoflUsment sur le lit, oh était couché notre colique liaiix>t.

» — Citoyen» hii dit Fensy» es*hi venu ki pour insulter âu^

malheur? Ignores-tu que c'est un représentant du peuple qui est couché dans ce litt

» Quand le régime de le foiiieUa lut institué, tson^ mité portait qu'il serait défendu aux guichetiers de boire avec ke détenus, à qui on . avait enlevé tout moyen d'a?oir du vin*' Koney, toodié deeunqwssian pourletfieillardBetleB inflk^ mes, leur dit : • • ^y"-»

» — Citoyens, si la loi d^Sand aux guichetiers de boire a?eo les détaUB, elle ne défend pas aux déisnus de bbiie tvisè fes guichetiers. Quand vous aurez besoin d'un verre de vin, passex'

«u guichet, et vous trottierei toujours sur U table une bouleilto^ de vin è votre service. »

L'exemple de pareils geôliers, qui savaient concilier la ri« guenr de leurs devoim avec la compassion de l'humanité, est assez rare, surtout dans ce temps d'orage, pour qu'il trouve plneedans ce Uvie : le témoignage de Blanqui n'est certes pas

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