‹ Les prisons de l'EuropeChapitre 20 sur 32 · SS · texte numérisé non relu

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Lazare.

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Brunei (main» de Mali da dMlm^i

Abbaye.

(M th.)

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Réfectoire de l'Abbaye (hommet).

Ikitj (maliM de nald de).

L'Ovmlai,

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Le Pleasif ou PEgalité.

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Guernc de la ma de Yragimd.

Le* Fermes.

Vioeennea.

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n résulte de ce tableatt« sur lequel ne doit pas figurer la Conciergerie, qui n'était qu'une prison de passage pour les accusés, que le chiffre de 5,1 17 prisoimiers qui étaient sous les Yenous le 8 thermidor, a été réduit, le 10 au soir, à celui de 4,91S, ce qui donne une diminution de M4 pencnnes, c'es^

LA FORCE. 1S7

dire moins de 1 sur 84, et que le 30 la réduetion n'a été que

de 900, c'est-à-dire d'un peu plus de 1 sur 16.

Quant au chifEre réoéral en lui-m6me>de 5,117, il fait tomber d'une manier» yictorieuse les eiragénifîons de tout genre qu'on met encore en avant sur cette époque. M. Barthélémy Maurice y ajoute les léfleiions suiranies :

ff Diaprés les clntBres mêmes de l'administration , la moyenne réelle de la population des prisons de Paris a été» pour 1943, de 3,960, et pour 1844 de 4,250, sans qu'aucun événement politique, aucune révolte sérieuse d'ouvriers, aucune perturbation dans le commerce, aucune misère extraordinaire, puisse eipliquer cette notable élé?ation de S90 en moyenne. Mais si la population des prisons de la Seine a été en moyenne, pour 1844, de 4,250, on doit concevoir qu'en un mois ou un jour donnés, ^lle a pu et dû s'élem à 5,000. Qr, d'après k Momkm, la population des prisons de Paris était :

» Au 10 germinal an u (8 avril 1704), de 0,930.

» Au 8 prairial id. (21 mai id. ), de 7,084. • » Au 27 prairial id. (15 juin id. )» de 6,967. ^

a Au 3 messidor id. (20 juin id. ), de 7,465.

j» Au 13 fructidor id. (31 aoûtid. ), de 5,106.

» Donc elle n'était pas d'un tiers plus élevée que la population actuelle, et ce tiers tout au plus serait le chiflre véritable des détenus politiques, car les prisons renfermaient alors, comme aujourd'hui, les prévenus et les condamnés pour crimes et délits ordinaires. S'il conrient en déduire une centaine de deniers que la Convenlioii avait mis en liberté, il faut aussi y lyouter les prévenus et Icis condamnés pour crimes et délits militaires» lesquels n'avaient point alm, comme aujourd'hui, de

i» LES Bmm PE vwBon.

iQlûaMB «pécialaft» et qui deTaient nécesgairement èU9 bien pb» nombreux quand nous avions qpatone années en campagne^

cl que Paris faisait partir chaque jour jusqu'à 1,500 volon« Uires» dont quelques-uns y meUaieni asses peo de bonne vo* loniéw Sans doute racoroîssemenl aefnel de h population doit

élre pris en considération dans la comparaison des moyennes ;

nais ee qne nons tenons à élaUir, o'est qne les cbUbes féels sont bien loin d'être oe qu'on le pense communément. » A ces observations nous en fl^iouteions une qui deyiant toiUe

Le chififre total des prisonniers a été, ainsi que nous l'avons dit» de à cette prison* psodant trois ans un mois et fingt jonis qn'a dttiA h Oinmlion, depuis fépoq^ tembre 1793. Pendant le gouvernement du Directoire, qui, à la ¥iritài a été de quatre ans quatorse jours, mais qu'on a toup jours considéré comme un goufernement doux et même &ib]% bien loin de la rigidité de la Terreur, la population de la Force s'est élevée à li»474 pfisonniers-

Ces Ghiflbes n'ont pes iMsoin 4b emoBientaiiis.

de la Porce. '^tfcfMt.— Prisonnien d*ëtat. ~t>effl0ogé.'- te ntd dVrfWMI. •» Eugératlon des priMiinleri.— Arëna.-^ Céracchi.— DemervilIe.--Topino LehraA. — Complot dénoncé à Barrèrf. — Derniers moments de Topino Lebruo. •— Ecroul arbitraires de l'empire. — Chefs de claque. — • Motitons. — Crime de suicide. — Le général Malet à la ForOi<— Premiècc déoonoiation de Ma f^jais.— Guidai, Lahorie, Boccechiampe nb«B libertd.— Lenbibtro, le préfet, le dwf de diTiaionde la police mis ft kor place. — Avoriannt d« lieeiiipintlofe.*«Okil0iir tfi /bracL^-U «wdiMil, «Mdf toitfrei^<-«U fteMBeOMe-Me. — Ita^ •flUie car lei dcroas. — Miaet en liberté de per les allléi. — >,Éecou8 arbitrairei de la fcitiiiiatloii. — hiivMa admMttraUf*. —Émû de Horey. — EcriTains poil* tiqoea. — Homuca de lettres. — Béranger. — Le sacre de Charles le Simple. ^ Ré< quisitoîre caractéristique du ministère public. — Le feu du prisonnifr. — Le Il juillet. — !\Iaison de la Porce actuelle. — Division par catégories modifiée. — £YaiioD do treize prisoiuiafs* — Los PaiUeiu. — Dortoirs. — Surveillance. — PersoDJiel des employés. ^Titvall des prisonnleri. — Cour Saiiil-Lo«la.«»Vlitolieit. —U fosse aiixLtoii<.*-CotrCkiitwttegiit.—OiWfd» la Mat •taie IollL**Cie« 8alBle>l«Ba.— >CliaiDbro de la princesse de Unballs.— CourSaiote-Harie. — Les mdmes. — Infirmerie. —Salle de speetade.'--GaclMlt» ^ nan M Mwatt pattr la Miiillie HMiaM 4'itili.

lions le cbiilre que nous venons de donner, tous les prisonniers quelconques étaient compris. 4a seule physionomie des registres de la Force donne Vidée de Ce que pouvait être celte pcison sous le Directoire, le Consulat et l'£mpire. Ces registres portent inscrite sur le dos tantAt foUe$, tanM frîfciMi»» tantAI les deux mots à la fois»

Nous n'avons rien a dire maintenant quant aux registres d'écrous des tribunaux. Ils sont tenus avec la i^iis grande régula* ri té, ol contiennent l'écrou légal rédigé par des officiers ministériels. Nous reviendrons sur cette partie» quand nous aurons épuisé la prison d'état, ei ka pritomiim politiques du Diree> loirc, du Coiihulal et de l'Empire, que nous croyons devoir grouper ensemble.

Comme on le Toit, par le titre même des vegialrea, la Forée a été à la fois prison d'Etat et prison légale dans ces temps-là, et ce n'est pas la chose la moins curieuse que de trouver à côté des éerous de malfiiiteiiirB et d'asnssîns dont le erime est exprimé ù la culoune des motifs , ces autres mots écrits à la même colonne : Par metur s de lâreté gàMk: préoem dê mth nmumret té^mmei; compUeilé avec le$ enneimff de rBuu, etc.; enfin les mêmes formules qu'à la prison du Temple.

Sous ce rapport, nous n'aurions qu'à répéter ce que nous avons déjà écrit dans le volume qui traite de cette prison; les prisonniers d Liai et politiques n'étaient pas mis avec les mal<* faiteurs. On leur donnait une chambre, une cellule, où ils étaient \An\Ai bien, tantôt mal, et cependant où, il faut le dire, ils n'étaient jamais traités avec autant d'humanité qu'à la prison du Temple. Le régime général de la Force, appliqué aux malfaiteurs, se faisait toujours sentir aux prisohniers d'État, dont très-peu pouvaient vivre ensemble, et qui étaient babiti|^ lement au secret. Quand 1^ secret était levé, ils ne trouvaient aucune société dans la prison, et étaient forcés de se Lorner à recevoir .les visites du debors.

Une foule de prisonniers dont nous sTons parlé dans le Temple, avaient d'abord passé par la Force, où jr fiirent transférés

lA FORCE.

fèm laidf tels qael Fauche>BoRel, dont noutanmt éerit Téra* mm. fil géDéral» on coimdéraît la Fone eonme ime prison plus rigoureuse et plus sûre que le Temple, aussi n'y envoyaitr on le» fftmmaun que par oMsiire de puBition, comme odai toinolispailons, qms'élaîlimidn lodoatablepar son émioD. Hoiis ne reviendrons donc pas sur ce personnel de prisonniers qu'on connaît d^, Ilont citerons teolemenl, comme les plus fanpoflanls, Boberie de Saint-^nt, le marquis Datché, le g^éral Desnoyers, Étienne Despierres, de Kivarol, de Richebmg , etc., emprisonnée sons le Diieeloire, et pnncipalemeat

sous le Consulat. * •

Un sieur Demoogé y fut aussi emprisonné. U a publié hûr afine leiéeitdesaesiithrHéàkFeroe, dans un ouvrage intilulé : Les prisonniers d'Etat pendant la révolution, imprimé «a 1615. 11 était l'ag^ du prince de Condé, et servait d'intei^médisire à la correspondance secrète de Pich^ro, sons le nom de Furet. Il fut arrêté le 20 mars 1804 , en même temps que plnsieus auties. U fnX d'abord très-mal dans une espèce de cmIioI, oh sa santé ne tarda pas à s'altérer. Dès lors on lui donna un asile plus convenable. Une circonstance assez curieuse parmi les anecdotes des prisons marqua sa captÎTité. Ce prisonnitf , malgré la Ibuille eiaete qu*on afait fiiite sur loi, et qu'on faisait souvent dans sa prison, avait toujours de l'argent, qu'il donnait à son porte-elefr pour lui acheter difeises choses. C'était ordinairement une pièce de quinze sous qu'il dépensait tous les matins. Or voici comment Dcmougé s'y était pris : il était airivé à la Force au milieu de la nuit; les geôliers, à moitié endormis et pressés de retourner sur leur lit, commeoeèrent par le fouiller. Demougé s'assit pour cette opéra-

LES nUSm DE I/EUROPB.

tkm» tk fit pcnàre §on or qui était dans une longue poobe é$ m amplis paatatoi lo kng dt^ia aluMie. Laa §BNien tAU^

rent et ne trouyèrent rien. W» se bornèrent à prendre bû bourse, dont ils lui donnèraiU un i«0b« U aauva doue ami tcéaar éa oetle preBiièfB Tiahr, wMmvÉï&kÊÈ mf^ÊmûttmiUte.wk h son porte-clefs qu'il ayait de l'argent, de peur qu'on ne fouillât de noomOtf et qu'on ne lai aolevàt tout d' un aayl eoiip* 0 éherèhait dews vm oichilte impénélraUe, tl k déeevint dm sa seconde prison. A l'aide d'un petit miroir qu'on lui avait liiasé» il emû&a l'eslériett deMpiaoB «n tnem deaahh came; il ^it on moineau qui sortait du mur; il atOB^alafiMni tàta, et reconnut un nid à peine formé. Cette cachette lui sembla admirable pour son or, eliirymHwi»iealyiHiy Fiie,à l'aide de Vinfirmier-major qui venait lui apporter des remè» des» il fit changer plusieurs pièces d'or on menue mnnnaio» qu'il aieit soin de remettre «i inèaM endioit Dès eot iiisin

il ne craignit plus de proposer à son porte-clefs de lui acheter oe qu'il croyait nécessaire. Le porte-cleist en «ffet» fiûseil «s commissions, et le dénouait à 1â ibfs; de ttdssfisileB jo«MK lières pour , découvrir où Demougé eachait son argent, chose qu'on ne parvintjamais à aj^prendre.*

te récit de Demotigé est empreint de tout l'esprit de parti de l'époque à laquelle il l'a écrit» et de l'opinion qu'il pn^ fessait. Il y a probablement de l'exagération dans les smA»-

C68 qu'il dit avoir subies; mais il y en a surtout dans la durée de sa captivité à la Force. Il affirme qu'il passa «yi mou m tetret dans cette prison, et nous trouvons une dlAIrenee notable en consultant son écrou que nous avons relevé. « a9.fentAse an xu (20 mars iS04). Demougé} ftenyis^

UIQMX. m

MÊNiêf léyciint k Stinbouig; prévenu da oonplkilé «vao lat

ennemis de l'État. Mis au secret.

M 6 thermidor an xu (25 juillet 1804)» traafàrô auTen^iLe, (Mm dn pféfel, aigoé DalNMi. »

M. Demougé et son écrou diffèrent de quatre mois «or sept.

J^usavoDft dît dans k Tmmpk que noua retrauveriona à la Force AiéDatGeiaedii» etleani»mpagnoiii«nélés àTOpéni le 10 octobre 1800, jour où ils avaient formé le complot d'assassiner le premier oonsul Bonaparte pendant ia première sa»

Après avoir passé trois jours au Temple, ils furent transiérés 41aFoiee« etlé^daiMniéeiouéadaiialalomaaiiiv^^

€ 18 ÉMMÉra m fiu (U œMira 1800) , Dwia Lavigne, 66 ans, n^ociant; Ceracchi, Joseph, 45 ans, soulpteur; Diana« fcMflpiii t8 ana, notanre; I>eiMrviUa» Donmiiqiie; 88aM» aaaa profession; Deiteg, Armand, 66 ana, sculpteur; Aréna, Joseph, 39 ans» e»4é(fUkikwr; Lebrun» Xopino, 33 ans» peintre d'hia» laÉEia; •

» Prévenus d'avoir, de complicité avec plusieurs antres, larmé mi complot lendaDt au meurtre du citoyen Bonaparte» premiet eoBiul de la répoM^ue , el à trooUer Ftitat par use* guerre civile, en armant les citoyens les uns contre les autres» eteooIrareMicietde l'autorité légitiflie, en lyBant un amaa eldirtifliNitieii d'armes, eten se portant, poureKéeulerceeo»* plot» au théâtre de la Hépubhque et des Arts» oU s'était rendu la preamreoiisul» délit préfu par» ete.» etc. Ji

Lea deux principaux chefs de ce complot, étaient Aréna et Demerville. Aréna, compatriote de Bonaparte» membre du taMil dei Cîaf€nta à l'époque du likrumairei ii'fniilpi

m LSS PBISOifS DK LVJBOPC ,

\m\ pardonner la violtiioê de oettejoiiniée. On prétend mèaie

que le législateur ayait le?é le poignard snr le f;énéra]. Demerviile, aucieu employé du comité de salut public, ne voyait dans . le Douyeau oonsol q[a'un iyrao, qui allait établir le léfime du sabre.

Plusieurs personnes de cette opinion s'étaient dit : m Que tarde<4Fon à frapper la aoiman César? Il n'est plus besoin de

masses populaires, quelques braves suilQront à délivrer la patrie. »

Voulant marcher sur ces errements, las deui oonjuiés eoD-

fièrent leurs projets à peu de personnes. Pourtant Demeryille Youlut rattacher à son parli les offîcien réfiormés de l'armée, qui étaient noBdffeux à OBtle époque, n en parla à un eapitaine qui entra dans ses vues, et lui promit le secours de ses camarades. Aiéna, de son côté» recruta Ceraochi, Biana, et lopin» Lebrun, élèife de David, et qui avait puisé dans son aieliar les principes du peintre et ses opinion^ républicaines.

Le 7 octobre ISOO, DemerviUe eut une denûère entreme avec le capitaine, et ils eon^inreut ensemble de frapper Bonaparte le 10, jour de la première représentation des Horaces à VOptoi» k laquelle le premier consul devait assisler. Tout se prépara pour cela; mais daAs Vintervalle, DemerviUe, au milieu de l'agitation que lui faisait éprouver le projet qu'il méditait, en fot parler àfiarrère. Celui-ci lui remontra le danger qu'il courait, et le peu de chances de succès qu'il avait; mais DemerviUe n'en persista pas moins. Quand à Barrère, sans dénoncer personne, il confia ce qui se passait au génénlLannes, son ami. Celui-ci le répéta sur-le-champ à Bonaparte, et ils étoieot à chercher à deviner les noms, loraque le capitaiBe qui

Digitizâd by

Là FOBCB. m

. s*élait engagé a?ec DemerviUe , mt tout àèasxaoa à M. do . Bouriwie, et 8e mettie à sa dispositimi. Dès ce momeat ce fut ce dernier qui dirigea raflaire. Le capitaine, par ses ordres, mit encore les ooiquiée, et ne changea hen au jour ai au lieu, n acheta plusieurs paires de pistolels, en remît une à Dener- Tille, une autre à Ceraccbi, et reçut en échange six poignards, de k poudre et des balles. On lui dit que Diana était ciMtr|é de porter le premier coup. Il ne connaissait pas ce dernier, et eut soin de se le faire montrer, aûn de pouvoir le désigner à son tour. La conspiration une Ibis amenée là» M. de Boanenne chargea Fouché de ce qui restait à faire, et ne l'en prévint que p^ d'heures avant l'action. Ou devine facilement quel fut le lôle que la police eut à jouer dans cette aflSure. Elle disposa ses agents parmi les conspirateurs, comme leurs complices, et, à un ngnal- donné, on les arrêta (14).

n pariltrait que Fouché lût d'autoit plus piqué de la conduite de M. de Bourienne, que c journellement, dit Desmarets, il étouffait de semblables sottises, oh il voyait autant de déception que de mauvais vouloir. » Dans cette affaire il ne put suivre que la directioa déjà toute tracée.

Le lendemaûi de son arrestation, Aréna éirivit au pramr* consul : « L'on conspire depuis un an; tous les partis s'en mêlent, tout le monde le dit dans les rues et dans les salons» et vous seul ou l'ignories ou aves mépnaé les avis qu'on vous avait donnés. Beaucoup de gens se tenaient prêts pour profiter d'un mouvement, sans savoir qui le ferait. » Cette lettre fit croire à des ramîffcations pour ce complot. On instruisit lent^ ment l'affaire, espérant des révélations, et les accusés étaient piesqne oubliés à la Force, lorsque le «miptot de la machine

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«6 WFBMMmi^nnMM.

' lnlimÉléé«tolileSiiivÔM(24 4é0Mkm).OB8ai|^oê^^

fut d'abord attribué h ce qui restait du parti jacobin. Bonaparle otdoniia donp» pour fliifo un exemple, d# proeéder suf4e-eliaiiip M jugenealdMMniBiidti i^oelobm. CMordieiiottidaiias à être oxéouté. Nous Usons sur le registre (1b la Force, 6 la suite .deréiMfdaoteqiieaoeiiiéi « TranalM à lâ maisoa de joitied letBifè»(i94éiflmbiiliti),deroi^4fiéiigfliMirdu jury.»

Le 17 du même paois (7 janvier 1801), l'arrêt était reidu. BuMnpIUe, AFéiia,€eieQphi, Topino Lelirao, éUieat eondamnée à noitt Lafigne, Diana, Meif M la femme ftvuoMy ampilttét.

Quelques heures avanl l'exécution de l'arrêt, un honune ae tnii90i(adaMhpriMDaopièsdaTq>inoLeëranel lui dit:

f«> ¥ous êtes jeune, ?ous a?ez du talent, de Tavenir ; il faut fîna. Vpid du papier, une plume et de Tencre ; écrives ftu premier consul et demandea-lni gfêae, il tous la hmu

9-« Je sais peindra un tableau, répoudit Tgpino Lebrun; je BS sais pas ^iw.

mm Wk Mao, Taon afise moi.

— Chez le premisi consul. Si lovaasToulaiéoiirab ma lui

le §uis trMàtigué ; je viens de subir un interrogatoire |M long. a moins loin d4ei à la plaoa de Grèfo que dld am fui^ries. Qu'on m^ conduise k la place de Grève (15).

c ïppâiq Lebriin, dit Desmarets, eut après sa oondamnation m ÛÊÊùm entielleii me ui| ami. L'infortuné se oveyait miment conspirateur ; lui et les siens, comme les gens brûlés jadis pour maiéûfiss, ne doutaient pas eux-mémai qu'ils ne fossanl dasaoRWi» Lafiiemie? ccnsid foalal vokr sella espèce de co*

lA FÛ&CB.

cUciUoi expression libre à& tous les gîiefs^ douleuis c4 poigaards du parti. H conpiil ^ eeUt BiaMie de m tanp» mik)^ MÎn d'autres mèdea qua lea supplices* D rabaadomia désormais aux soins de M. Fouchéi toutefois après avoir eii§^ de ki Veiil des hommes réputés les (dus dangereux. »

Sous le régime impérial le donjon de Viueemies aTaiIsuioédé •uTauLpioi et la Force ooulÎQua àraBfèrmai que^ttes-uBs das hommes qu'on redoutait le plus. If oh» las avtma lipaalé» m Temple et à Vincennes ; mais ce qui paraîtra plus étounant paut^tra» a'ast oatta tjfiasnie au pali^ piad fui ?int sajoindré à la persécution sérieuse des ennemis de l'empira' à^ansaurir les registres d'éerous de cette époque, en laissant de eôté les datas# on se croirait au bon vieux taiBf»da la moaAiehiaaba^ lue at «ihitraiie; on aroiraîl qu'on les a eopiéa sv cew éH For4'ÉYéque ou de la Bastille. On peut en jufSr par Valtraii suiTaniqna noua ea ayons faiL

« 26 mai 1808. Ordre du ministre de la poUee générale^ — René Péan, trente-un ans« chirurgien» prévenu da Uais^UM ifae les annanis da Vétati pair y rmtêfjutfu'àmimd ardra^ a

« 11 mai 1808. — Blondel, quarante-neuf ans, ex-militaire^ émigré amnistié» prévenu d'âtia annami du gouvamamm de Sa M^sstd et dévoué aux Bouihona« »

Tout cela* comme autrefois* sans interrogatoire, sans instruotioB^ aana jugpUBt. Fois vienoaDl dea émm «pii iient la temps da la détanliaii saaa qu'il soit dit qaaie aularité légale Ta formulée.

« ai juin 1808, — > (Sottduiierr ainquanta aaa^ penruquiar;

arrêté pour avoir tenu des propos indéoents oonire Si^ M^aslé i'an|^aur« Four jf lastar huitioiiia*!»

US msONS DE L'EUROPE.

« 20 ayril. — Gaillard, vingt-un ans, coiffeur ; prévenu d'iih jom enventOQ mattie* Pour y rester huit jours. »

«r 15 juflleft. — Ballet, vingt-sh ans, tonnelier; préfeno de troubles et injures, ivrogne incorrigible. Pour y rester pendant qiiinie jours. I»

€ Du 6 mai. — Court, trente-sept ans, tourneur en cuivre; prévenu de troubles et voies de Mi envers sa femme. Pour jr lesler pendant huit jonn. »

« 1" octobre 1812. — Charpentier, trente ans, chef de cabale;—causant du tumulte et du scandale au spectacle. Pour y rester huit jouis. »

Ce même Charpentier est écroué de nouveau sous la même prévention le 15 lévrier 1815» et reste quinie jours k la Force. Depuis cette époque jusqu'en 1817, il y a eu douze dieb de cabale punis ainsi.

£nfin de 1808 à 181SI, on trouve, pour loteries dandesliiies et concussions de fonctionnaires publics, plus de quatre cents arrestations sans poursuites et sans jugements. N'est-ce pas, dans œtte partie de Tarbitraire, la copie eiacte des écroos de 1700?

Mais en voici de plus extraordinaires :

« 19 mai 1808. — Jean^Louis Desmares, quarante-quafreans,

prêtre du diocèse d'Angers; prévenu d'avoir prêché contre la Concordat. — Secret levé le 4 juin. En liberté le 4 juillet. » '* «r 11 aoftt. Beissau, dessinalBur-gmoiir; prévem iHn l'auUur d*m mode, »

Nous avons vainement cherché à comprendre ce crime.

« 18 avril 1809. — Prosper Poldevin, valet de chambra. — Du conduit à la Préfecture de police, d'ordre signé Heorfi

L41QBGB.

diefdela premiiredimoii; j» eteninaige: Cedàmuy HaU

comme mouton.

« 13 février 1812. — Hoppe, treote-neufans, négpciaiàt, demeurant ordiDairement à Hambourg, Labecfc et Copenhague; arrêté à Paris, rue Napoléon, hôtel Mirabeau; prévenu de contravention aux ordres de Sa Majesté. — Au secret le plus absolu. — Transféré dans une maison de santé le 12 mai. »

cf 3 avril. — Lechangeur, trente-un ans, bijoutier ; — pour rester en prison jusqu'à ee qu'il se décide à s'enrôler. »

w 19 février 1813. — Rosso, vingt-deux ans; jusqu'à ce qu'il se décide à retourner dans son pays. »

Aucune réflexion n'est nécessaire aptès un texte si natf.

Nous devons à présent, pour terminer la période de l'empire, quelques détails à nos lecteurs sur la con^ation Malet, qui se noua à la Force d'une manière si oomique, et se dénoua d'une manière si tragique à la plaine de Grenelle.

Gentilhomme de noble race, Malet avait d'i^rd serW dans les mousquetaires rouges. FI adopta avec autant de conviction que de franchise la révolutiou française, et dès ce jour devint un loyal républicain. D acquit sur le champ de bataille et par sa bravoure seule, le grade de général de brigade. Deux écrits qu'il a laissés honorent également sa mémoire. Commandant à Angouléme et chargé de transmettre k Bonaparte le résultat des votes des officiers et soldats sous ses ordres, pour sou avènement à l'empire, il le ûten cestmnes :

*t Citoyen premier consul, nous réunissons nos vœux à ceux des Français qui désirent voir leur patrie heureuse et libre. Si un empire héréditaire est le seul refuge contre les factions, soyez empereur; mais employez toute l'autorité que votre suprême

LES pRisons m viorope.

iftagbIratM n>ts doue pottr qo» Mtts awivalW Corme do gouvernement soit constituée de manière k nous piésenrer de riucapacilé ou de lu tyranDie de vo^ successeurs,. et qu'en cédant une portion de nos liberté» tioufl n'enoottriouft pas un jour» delà part denoe enfnlSf d'dfoKrsaioriQ^ Uleur. »

(À'Ilc lettre était celle d'un naililaire obéissant à des ordres supérieurij voici celle de rbomme obéÎManl 4 sa conscience :

d l'at pensé, éoriv»^! «ufinéral de division en lui envoyant la première lettre, que lorsiiu'on étiiil forc^, par (Jes circonstaocM ifiipéheusfli» de damer une talle adkésiott, il fallait y mettre de la dignité et ne pM trtp reMemhler «ml peneuiUeg qui demarid<'nt un roi. n

11 terminaii par l'envoi de sa déiaission«

Tels ét«neiit les méoédeftti du génénl M deti pwticulièrement surveillé sous l'empire. Il excita bientM» par ses allures, par sou langage, par soa silence mémot la rigueur du gpuvepflemeot ÀJvftt^ eli IBOft, ilM déelvé priaoïmier d' décret. Voici son écrou, oii les dates sont précimes pour oe que nous stods à raconter :

cf 14 }QiUet t89».^D'oiére du ^léfetda polioe. — Malet (Clafide-FraDeois)^ oiUquante-quatre ans , natif de Déle (Jiura), général, demeurant à Paris, rue des Saints-Pères, 75. — Pour èlM placé «1 lemt le plue «baol«. ^ I>n4 mai 1801^» secret levé. Le 3t mai 1809» transféré à Sainte-Pélagie. »

Libre ou dans les 1ers, Malet était toujours le même; il conspirait k perle d'mi fjonvemement qui n'avait pas ses sympathies, et qui, d'nprèt ses eonvietionSf ne pouvait pas &ke le bonheur de la France. Le 4 niai le secret fut levé pour lui ; on M donna ptur ODmftpon de ehambr» un jeune Bomain ; oe

UIOBA m

fim^in itaii w fimUm, Maki, cédaol h ce bmin naturel à

tout bojïune de cgiilier à quelqu'un pour ue pas étoufifer 80I1S le poi4s d uo semt» lui fit part (]e 993 prqjels et l'y asw>r4a ep partie. Quelques jours aprè» la ng(e suivaiUe parvaimU à la

police :

« Maleiy a'éçliappaiit de aa priaon le dimaocbe %9 juin (c'était

le jour du Te D^tnyï à NotreTDarao pour l'entrée des Français à Yieno^), lu^ÎTçra i»ur le parais de cette égUae l'épée à iamaiu» en grande teaue, précédé d'un tambour et d'un drapeau ; là il

criera parmi la foule et les soldats ; « Bonaparte est mort. A

j» bas les Çprseai h\mh poUcel la lib^rt^i » U manquera avec des pelotom nûlitaires to«ta l'église» y wSmom les principales autorité^, réunies pour la cérémonie. Les prisons s'ou-

vrirpnt : 1^ {[énéraux Noreacpt et Dupont» alors à i'ibbaye. feront d'abord délivrée : de suite un gouTaroawent proviaoire nomipé, des courrier Qjpédiés, (;tc. >i

Le résultat de cetta note fut le traniferl de Malet k Sainte- Pélagie le 31 mai. On redoubla de surveillance . on prévint 1 e- Tasion» et le projet avorta. Mais soii qu'on crût qu'il avait re * noncé à aes deçsaips, soit qu'on ne le trouvât pas dangereux,

on finit par se rolâcber de toute surveillam:e spéciale à son égard ; on lui permit même d'entrer dans la maison de $anté du docteur ])ubui9son, la dernière du faubourg Saint-Antoine, maison spéciale des prisonniers d'état auxquels on accordait cette foveur. Le général Malet» ^utenu par la conviction que donne la patience et l'audace, ne renonça pas à 3on œuvre- Cette ioi$ seulQiQent il n'eut ni conAd^t ni complice^ ; il conçut seul et exécuta seul son projet» en se ûôsant seconder par dea geos de bonne fpi que ^ parolç avait troTTf O projet était ideu-

iiquement le même que celui dénoncé dans le rapport que nous Tenons de donner; Les circonstances étaient plus favorables encore pow faire croire à la mort de l'empereur. Celui-ci était sous les murs de Moscou, et depuis longtemps le Moniteur était muet sur la grande armée.

A. cette époque, les généraux Guidai et Lahorie étaient tous deux détenus à la Force. Guidai, arrêté à Marseille sous la prévention de manœuvres frauduleuses, était arrivé à Paris le 2S février 1812. Lahorie, mis une première fois à la Force sous la prévenlioii d'intri(ju es politiques le 14 janvier 1811, en avait été extrait le 2 avril de la même année pour être conduit è Yincennes. Il avait été ramené à la Force le 14 juillet 1812. Ces deux généraux devaient partir incessamment, l'un pour passer devant une commission militaire à Toulon* l'autre pour être exilé en Amérique auprès de Horeau , son ancien général. Le ministre de la police, alors le duc de KovigQ, avait déjà expédié tous les ordres, et le retard qu'on avait mis k les exécuter ne provenait que du fait de la gendarmerie. •

Un troisième prisonnier d'état» assez obscur, était aussi dans cette prison. C'était un compatriote de Napoléon. Void son écrou :

M 3 février 1811. — Boccechiampe, Louis, âgé de quarante ans, natif de Corse, département du Golo, propriétaire domicilié à Parme, département du Taro; — prévenu de manœuvres contre la sûreté de l'état. — Maintenu par décision du conseil privé des 9 et 10 juillet iSli, et des 19 avril et 3 mai 1812. »

Le 23 octobre, à cinq heures du.matin» deux geôliers ayant

passé la nuit , finissaient leur garde au premier guichet de la

Force, comme c'était d'usage. C'était l'heure à laquelle tous les gardiens se levaient, et leur premier soin était de sortir pour aller boire U petit verre de consolation; de sorte que dans ce moment on ne faisait qu'entrer et sortir. A un coup frappé au dehors, un des geôliers tourne la clef, et, sans regarder, se home à dire, croyant parler à un de ses camarades qui rentrait :

— Entre, et ferme vite.

Mais la porte s'ouvre toute grande avec fracas , des soldats de la dixième cohorte, des officiers, un commissaire de police» se présentent, et un général en grand uniforme demande d'une voix brève où est le concierge de la prison (16). On court ré- Teiller Bault. Le général Malet, car c'était lui, annonce la mort de Napoléon, le 8 octobre, sous les murs de Moscou, proclame le changement de gouvernement, et ordonne de faire descendre Lahohe et Guidai. Le concierge hésite à <^r; il connaissait Malet, qui déjà avait été son prisonnier, et qu'il savait être détenu encore. Malet lui dit que c'est pour ce même motif qu'il doit obéir, puisque le changement de gouvernement l'a fait libre et commandant de la première division militaire, et il signe l'ordre de liberté des prisonniers en cette qualite. D'ailleurs toute résistance est inutile : Malet a des forces, et parait déler» miné. Le concierge obéit. Guidai se présente le premier. £n voyant tous ces soldats, il croit qu'on vient le chercher pour le lùsnier; mais il aperçoit Malet qui se jette dans ses bras, le féhcite, lui annonce les nouvelles, et lui remet de la part du sénat sa nomination à la préfecture de police. Lahorie survient le second. Même étonnement, même joie; Lahorie est nommé mi-

LES PRISOiNâ i)Ë VEUROPB.

jiistre de la police. Au milieu de ce^ évéoemeols, qui ronapli^ sent da stupéfaction spectateurs et acteais, «icepté Halet cpiî seul eu avait le secret, Boccechiampe se présente au guichet; il entend tout ce qu'on dit de la mort de l'empereur et du gou?ernemept provisoire; il firappe à coups redoublés; on lui pavre; il demande sa libert*^. Malet, qui le connaissait, la lui accorde,

et le uoouae sur i'beure préfet de laSeîDe* Sunriennsat on outre trois officiers détenus pour l'afiGure du général Ernoiif h la

Guadeloupe. Ils demandent aussi à sortir. On le leur permet;

mais ils A'usent de la liberté que pour Aire temspiopirea affiûles, et se reconstituent prisonniers le même soir.

£nfii», Malet et las aul^ûs sortent tous de la Force après itYoir recommandé au geftlier snrveiltoc« fidélité; Walel donne à Guidai et à Lahorie des instructions écrites et des or» dres verbaux, les troupes se divisent dans fajris» Qt suifent chacune un chef t

Les geôliers et le concierge étaient à peine revenus de leur

mprise» ^ encore inquiets de ce qui venait de se passer» doulaianl «'Os avaient bien ou mal fait» lorsque de nouveau on

frappe violemni^nt à la pprte, et Guidai se présente, conduisant bn^méme le nûnistre de bi police^ S^varj, duc de Bovigo- U h renei entre les mains du concierge, et le constitue prisonnier dans les mêmes lieux où six mois auparavant il avait été conduit par les ordres de ce ministre. A la vue du haut fonctionnaire, ainsi amené en prison par celui qu'on avait délivré le matin, le concierge ne CQUserve plus aucun doute , et jCaisanI

passer le guichet au ministre» renferme dm une des ebw

bres de la Viltc^aU'lait.

i( f aurtant« dit le duc de BovigQ dAns ses p^^^

LA FORCE. iU

cierge se conduisit en brave homme, me demanda mes ordres, et m'assura que, qUoi qu'il pût arriver, fl me sauverait. Il sé hâta de faire sortir de la tnaison âuidal, ainsi quë le deini- . bataillon qui l'avait suivi en m'amenant. »

Le duc de Rovigo borne là le récit de sa cat>iivité k la Force. A la vérité, elle fut courte; mais pas àsSez cependant pour que des réflexions salutaires ne vinssent pas l'assaillir dans sa position, n se trouvait dans un lieu peuplé par ses Ordres de prisonniers d'état de tous genres. Il pouvait juger des angoisses de l'incertitude et de la douleur de l'isolement. Les hetures qa*il passa k la Force durent être cruelles, et se graver pour toujours dans sa pensée.

P#a après lui, Boutrenx, improvisé comnussaire de polioë nar Malet» amena k son tour H. Pasquier, préfet de police. Gelui-ci n'entra pas dans la prison; un des geôliers l'enferma au greffe. M. Pasquiw demanda aussitôt de quoi écrire, et il était occupé k faire sa lettre, quand on amena Desmarets, chef de la première division du ministère de la police. Desmarets ayant vu M. Pasquier» lui dit quelques mots en latin, et fat conduit dans le quartier des enfants, app4<^s les mômes, en langage de prison.

Les trois prisonniers passèrent ainsi qualques heures, pendant lesquelles le concierge indécis envoya plusieurs messagers à la police; mais aucun ne put pénétrer. Enfin, la scène changea d'aspect. De nouvelles troupes assaillirent la Force, et cette fois ce fut l'adjudant Laborde qui parut à la téte de plusieurs soldats, pour délivrer le ministre* le préfet et le chef de division.

Ils lurent reconduits k leur hôtel* oh l'on anéta de nouveau

MM. Pasquior et Laborde nu moment oîi ils voulaient y rentrer; mais ils furent relâchés l'instant d'après. On a yu dans la Conciergerie comment cette conspiration avorta, et quel en fut le triste dénouement. Le récit de ce qui s'est passé à la Force est le complément de cette histoire: mais ce récit a du moins quelque chose de gai et d'original. Les trois premières autorités de la police mystifiées et emprisonnées par les prisonniers d'état eux-mêmes, c'était de quoi faire rire tout Paris, malgré les désastres qui commençaient en Russie » malgré l'exécution de douze individus dont un seul, Malet, était coupable. Les Parisiens ne laissèrent pas échapper cette occasion : l'arrestation des trois autorités ne s'appela plus qu'un tour de force; le duc de Rovigo lut surnommé le duc de la Forée; et le général Hullin lui-même, qui avait mfa de MaW un coup de pistolet dont la balle lui avait traversé la joue, reçut le surnom de Bouffe-k-baUe, Mais l'empereur ne vit pas de côté plaisant dans cette affuire; effrayé, à bon droit, de la tentative de Malet, il voulut tout prévoir, au cas où il trouverait la mort hors de la France. En conséquence, avant de partir pour la dernière campagne, il institua un conseil de r^ence, et nomma régente l'impératrice Marie-Louise.

Les registres de la Force ne contiennent aucune trace de ce que nous venons de rapporter à la date du 23 octobre. L'emprisonnement des autorités fut si rapide et si court, que le concierge n'eut sans doute pas le temps de rédiger leur écrou; mais la circonstance est mentionnée à la colonne des mises en liberté des écrous de Guidai, Lahorie et Boccechiampe. £lle est formulée en ces termes sur tous les deux :

(V Du 23 octobre 1812; mis en liberté sur un faux ordre si-

{Dé Malet, ayant pris le titre de commandant de la première dimion militaire, et étant k h tète d'une force armée qu'il

avait trompée. »

La dernière trace de l'Empire et la première de la Restauration, qui se trouvent sur les registres de la force, est celle que BOUS lisons an bas de cet écrou :

cr f juin 1811. Bernard I^euhauss, quarante-six ans, nalif de Gerbier, canton de Berne; ancien capitaine au serrice de Fhmoe, depuis négociant; prévenu de manœuvres contre la sûreté de l'état. — Au secret.

» 1^ avril 1814, liberté par ordre de H. le prtfet de police,

en exécution des ordres de sa majesté l'empereur Alexandre. Ordre signé Pasquier. »

Quarante-huit écrous portent la pareille mention de mise en liberté. Sur ce nombre on comptait vingt-huit espions de l'é- Irangier.

Mais le l'' avril 1814>, Louis XYIII octroya aux Français la charte constitutionnelle qui garantissait à chacun la liberté individuelle. Dès lors les registres d'écrou devaient changer, et aucune arrestation arbitraire n'en pouvait tacher les pages, n n*en iiit pas ainsi, et, plus audacieux que l'Empire, qui n'avait rien promis, ce gouvernement joignit aux traditions qu'il trouvait toutes tracées par Napoléon celles de l'ancien régime, qu'il fit revivre en partie, celles pour lesquelles on avait fait une révolution. La preuve la plus éclatante que la libej-té individuelle était un mensonge à cette époque est consiguée sur les registres d'écrou, dont voici quelques extraits r '

ir 9 aivril 1814. — Lévy, Abraham, trente-quatre ans, col-

158 LES PRiâtifië 01 L^EUROPS.

t>oHeuf . t»oflr Mtet détélid [Éfidalit ttit ffifti^f dAfttliiiirzM-

vmcnl. »

La cause de la détention n'est même pas exp)*iliiéê» ét lë ûibi âémifmMmuM MtMUniAmB àmm ^dlè mut t'arbilraire et la légalité.

H 6 mai 1814. ^ Hathiett^ M4oilâi«f« fililqiiailMfbifl «lis» ayant terni propos dfli#ff«bx el ioMifbMAlij FdQfj rester (l(f<t(>nu pendant un moisi

n li oMt. ^CailleMaMi tralite^aÉii iMttiié 4e aatMliy tions à l'administration des postes^ peur a^eir tellû dé itiautais propos contre la famiUa rojale. U xeatera déleou pendant huit jOttiit

» 29 juin 1814. — Quatre individus qnalifiés fauteurs d'^ meutes populaires. » Nous en avons compté cent trois emprisonnés pour le même motif» à diYmee dates, sons la Bas*

tauratioD.

« 5 août 1815. — fiscoffier, approiti doreur; ayani jeté une pierre à un offider prussien. Détenu pendant un mois.

» 29 septembre. — Ligeret, cinquante-six ans, ex sous-préfet; prévenu d'excès révolutionnaires. Jusqu'à nouvel ordre.

» 1' octobre. Lange, cinquantelmit ans, iailWur; prévenu d'avoir conl'ectionné et gardé chez lui, avec de mauvaises intentions» des habits de tirailleurs garnis de boutoiis à l'aigle. Jusqu'à nouvel ordre.

» 12 octobre. — Buteau, quarante ans* ouvrier sur les portai prévenu de donner à son chien le nom de Louis* XVHI. Foui rester détenu jusqu^au 1" novembre prochain.

» 16 octobre. — Simonnet, cinquante et un ans, carionnier; prévenu d*avt>ir (oumi en dénâdn le disoôiirs du roi à h

chambra députés. Pour y rester détenu ju^u'au jaj>vier, après quoi il serti renvoyé d9 Pwis.

» 26 octobre. » Dufour, ouvrier bijoutier; prévenu d'iajures graves contre sa majegté. Pour rester détenu cinq mois.

» 13 mai iS16. — Libaqx, ^oamte et m aiis, tailleur de pierres; prévenu d'avoir porté che? lui les insignes rappelant le rè^ne de l'usurpateur. Pour rester jusqu'au l*'' mai, etc. »

Le nombre de^ mfmoimmfntt admmifuUfs pour cette cause et pour cris séditieux, propos, chansons, etc.» est trèsconsidérable. ÏQuletpis, nous nous arrêterons à ce dépouillement, <]ui doiine une idée de 1^ UgaUU et de la vérité de la charte sous la restauration. Nous copierons pourtant encore gn éciDu qui, de nos jourjit est devenu curieux.

« 15 avril 1816, — Morey, Pierre, soixante-quatre anus» né

à Chassaigne (Cote-d'Or), bourrelier-sellier, deajcuranl à Dijon, sans domiiûle k Paris. Prévenu de projet d'assassinat sur la iamiBe royale» Pour rester jusqu'à nouvel ordre, »

C*est ce môme morey, complice de Fieschi, qui ^ été exécuté avec lui et Pépin.

La Force renferma en outre des condamnés ou des prévenus politique^ sou$ la Restauration. De çe n()tnbre fureui les wrfjjBDUA de la Rochelle, dpnt onx a va l'histoire, ttid. Caucbois- Lemaire; Mahul, et notre Bérapger. Us habitèrent successivement 1^ i|[^émes cjiambres, dites de secrel. Dans ces chambres, honorées par leqr séjour, furent 4ussi P^pavpine, Castaing , Contratatlû, elc. ; ce qui prouve h la fois le peu de pudeur des deux derniers rè^e^ pour les écrivaijis politiques, et la m^u- V|ute disposition de cette prisQAy popr la noyivelle destination ^'on lui ^v^il donnée.

m LES PRISONS DE L^EUROPB.

Bénnger subit à là Force les neuf mois de captivifé auxquels il ayait été eondaiimé le 10 décembre 1828; il en avait déjà

subi trois à Saiote-Pélagie, oh nous le retrouverons.

Nous n'ayons à fiûie ni rhîstoire du piocès^ni celle du poète qui se donne le titre modeste de cliansonnier. Ses œuvres et ses procès sont dans toutes les mains» ses relrains dans toutes les mémoires. Seulement nous ferons remarquer une circonstance devenue très-caractéristique aujourd'hui. La dernière condamnation de Béranger» si sévère et si exorbitante , neuf mois de prison et dix mille francs d'amende, fut motivée surtout par sa chanson Le sacre de Charles le Simple. Cette chanson était la prédiction la plus spirituelle et la plus positive des ordonnances de juillet qui frappèrent nos libertés. Le langage du ministère public qui s'en indignait est surtout remarquable quand on le relit de nos jours. Ce magistrat analysait une à une les prédictions du chansonnier, comme autant de calomnies, et ces prédictions se sont toutes accomplies. 11 est curieux aujourd'hui de replacer sous nos yeux ce réquisitoire, dont chaque mot a acquis de l'importance par les événements qui se sont succédé :

c Eh quoi 1 s'écriait H. Champanhet en parlant de Charles X, ce prince si religieux , si loyal observateur de sa parole , et constamment occupé du bien-être de ses sujets, est représenté, par un Français & des Français, comme te kdstmU eoneeUkr le par' jure aux pieds même des autels (quatrième couplet). On ose bien Ty faire voir médiUua la ruine de ces Ubertés qu'il vienl d^affarewr, en dévorant la substance de ce peuple qu'il aime comme l'an mait le plus grand et le plus chéri de ses aïeux. On ne craint pas d'insinuer qu'il a de$ maUree; et, outrageant à la fois la le-

Digitizea by

LA FOROL *

ligion dans ses ministres» lefloineram dans sa dignité, on prête

aux uns le langage impérieux de la domination, et à son prince l'attitude et les gentimftntR d'une abjecte soumiaaioa (ciuquièiiie' eoupict). » »

Ces paroles d'indignation vertueuse ne tracent-elles pas de la manière la plus fidèle la situation réelle de Charles X en 1830?^ It c'est pour cela que Béranger a été condamné! Noble poète son seul crime était d'avoir justifié l'origine de sa sublime pro-^ fession. On sait que Vantiquité a qualifié les poètes de prophètes. Aussi, comme Galilée « Béranger se bornait à dire en allànt en prison : « Et pourtant la terre tourne I »

La détention de Béranger à la Force nousavàlu de nouveaux dieM*c0uvre. Cest là, entre autres, qu'il a composé son Jwf errant, ode admirable de poésie et de désespoir; mais nous ne rechercherons ici que les chansons qui nous initient à Tamertame de sa captivité, à sa philosophie» à Tindépendance et anpatriotisme de son caractère. On lui avait fait offrir un asile en Suisse, il avait refusé. On lui avait fait dire que s'il promet*, tait de ne pins lure de chansonst il obtiendrait sa grâce. Heu-' reusement pour la gloire des lettres et l'honneur des Français, il avait refusé encore cette promesse; et» résigné et tranquille, ilétaitallélairetirer sur lui les gros TOioQs de la prison. On * le mit dans une diambre qui donnait sur l'ancienne cour de la Dette, aujourd'hui la cour Charlemagne. Cette chambre, que nous avons visitée, ne sert phis aujourd'hui aux prisonniers, elle est habitée par le brigadier. Cest là qu'une Ibis seul et séquestré du monde, le poëte, cherchant à égayer sa captivité,' eimiposa la chanson intitulée ; Xtf fMft dM jNriiomii^

CombicD 1« feu tieot douce compagnlt IT. H '

us FRfeôNë îiii vmùVË,

Ite tfHiotiiliér dhr\9 \es tnn-s jours A hltctl 8m1 iTCe knoi i« chauffe un bon ^<^nio.

Qui parle haut, riuie ou rbante uu vieui oir. a fti*" th\l volt sur 1.1 bfîjlse atilrrtCP Des bois, des uicrs, un inonde en peu d'inslaniâ* Tool mon «mal «'envole à U ftimée^ i 0IMiieiliè1ldiaief-iaëllM«MBi|^

fineAéi, dans cette chanson, Béranger chmhe à oublier

prison, verrous et geôliers; mais telle est l'influence de la cap livité même sur celui qui a le privilège de tout poétiser, qu'il ïéstenl ioujoors malgré lui le pdids de ses chaînes. Ainsi le îprisonnier voit dans sou feu tous les objets qui peuvent flatter son esprit; mais à l'apparition d'un vaisseau que lui montre ' iôii Bon génie, il s'écrie tout à coup :

UfriMMl ¥ogae et bienlAl l'éqvlHi»

Sous iin beau ciel saluera le printemps. IM «bdl Je reste ehcbafdé tor U plage I

tuis c*esl un canton Nui^se qui se dessine dans son âtre, et \ ôefle me il dit, iaisant un retour sur le passé ;

La liberté là m'offrait le repos. • Je franchirais ces rnoms a crétc immense

I Oè je crois voir flottants ri(i$ >ioiix tlrnpeailX*

Voft Cttur n'e pu s'arraeber à U Fraoce.

tÊÊB M fàppelAht rmé qu'on lui atalt Mté. il dit t^éôfe t

En Tain tout bas on me dit deviens sage;

bit g^oii; (es n;rs iferortt brliéft.

Vous qui, f>ruvai\i le gc-ùlic^r qui nous guellÉi .

* Mo rriiilt'z jt uiic à pics de oiii(]uaiile ans,

Sitf mon br.isiiTi vile, urî roup de bagUHtb. . 0 bon gtiuic i amasez'inoi lungioitt))s.

Telle est lii pwmlèi^ confidence que nous a ftiîte !é ptîSIe dans ses œuvres sur sa captivité. Cette chanson est méianco-

lique. <?e^ w «Ort te sentiment qui domine d'abonl cbes im

prisonnier. La seconde est toute dillcrente. Armé de cutlu pbi*

iQSogïiji^ si gaie ç| $i spijriluelle qui i^ùiu^dle k ctoqu6 le poète regrette en riant le triste carnaval qu'il passe à llk fdjMê

et s'iuifç^^^ à Ulules X, il lui dit :

ll#n kMiiol, IMm VM» tItDM M Jfllal

• Biep qu'en butte à votre rourroui»

Je passe encor, grâce k Bridoie»

On carna\4l loiu les venotti.

Ici fallait-il qduje vinsse

rcrdif (I(^s jolirs vraini ut sicrésT

J'ai df 1 1 r lueune uc ; rriu r. . . .

Mon bou rai, vous Die ie ^aictcz.

ta • *

Sentant ensuite la puissance do sou génie et de sa chanson, il teraune par œ couplet :

Demi mon vieux carquois où font brèche ÏM ^09tM VOS juges maudite, D me reste cncoru une flcriir.

'écris dessus : Pour Charles dLu llalgré re mur qui me désole.

Maigri^ ces barre ux si ?err(*s, L'arc est tondu, la flfVhc vole.

m/KfL hq/k vàf vtMtf m ie f aifiroz.

Et tenant sa promesse, il ( liante le 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille, allusion à la révolution qui se préparait et devait aroir lieu Tannée suivante. Jugeant ensuite les éfèn^ meuls en poêle qui prédit l'avenir, il décoche à Charles X cette chanson : Denyt me/kre d'école, et la termine par ces deux vers :

De pédant Donys s'- fm [tir'tre- Jamab l'exil n'a corri(,'C les rois.

Déranger fit à la Force hCï^ Inm termes^ ainsi qu'il l'a dit dans sa chanson à M. de iouy, et eut à peine le t^q^psii^ s'ipsi^^

;ffi U8 nisoNs im vamxm. -

dnisioiiiioiivm logement pour voir It révolulioa de jniUel

qae ses chansons avaient prédite et appelée.

Hhous reste à parler maintenant de la Force comme prison légale. De nombreu diangemenls y aTaient été fidis depuis son établissement sous Louis XVI. La pénalité et les lois n'étant plus les mâmes depuis la révolutioii, cette prison, qui était digne de servir de modèle dans ces temps-là» devint presque impossible pour sa destination moderne. Elle devait renlermer les prévenus et les accusés seulement; on vient de voir quelle sorte de prisonniefs on y evah sfouléi.

Jious insisterions davantage sur les inconvénients qne présente cet amas infimne de Mtiments auxquels on a ajouté» morceau par moroean» tout ce qd paraissait utite d'aboid et devenait inutile et quelquefois nuisible quand l'eipérience était faite, si l'administration elle-même n'avait reconnu les inconvéniente dace local et ne fusait construire maintenant une prilen dont noos parlerons plus tard. Noos allons done nous borner à une description de cette prison dans l'état actuel» qui, à peu de choses pils» aétèla miflne sous rempôe et sous la restamrafion.

La petite Force cessa d'être destinée aux fenunes en 1828 seulement Cette partie de la prison ne reçut aucune prisonnièie d'état, aucune prisonnière crimineUe ; elle ftat iMnwtammfflit habitée par des filles publiques en contravention.

Nous ne nous permettrons de donner aucun détail sur ce qu'on nous a raconté de leur séjour. En 1889 la petite Force fut entièrement réunie à la grande après les réparations nécessaires* Les deux bâtiments ne fonnent plus àpcésentqu'uneseute prison pour les hommeii

Son entrée est rue du Roi de Sicile» n*^ 2 ; celle de la rue Pavée ne fl'oiim que pour reeevm les foilnies. Apiès le premier foiehelmise troim dansb ooiir, aa bout de laqueUe était le greffe où siégea le tribunal des massacreurs. Ce grciïe est aujomd'lrai le parioir des cfocafi, c'est^t-diie cdw oè les coele&i peuvent voir leurs efiente et leur parler sans être séparés par des grilles, comme dans tous ceux de la maison. On a peine k leconiiattie les anciemes localités dans Tétat oii elles sont : un grand mur s'élève maintenant au milieu de cette cour et la coupe en deux, et de nouvelles cloisons déguisent entièrement raneieii graffs léfotalîaDDaîie. Ces eonstractioas datent de l'empire.

Lorsqu'on rétablit la prison légale de la Force, on la destina en généitl» conmie Budson d'airdt, aux bommes frappés d'un mandat, jusqu'à jugement ou mise en liberté. Les prisonniers n'étaient donc que prévenus on aocusés. Cependant, malgré esite présomption légale d'innoeence» ou peot*ètre mène à cause de cela» on crut devoir conserver les catégories pour lesqoettes cette piison stfait été construite. Elles foent ainsi fûtes cl réparties dans des locaux séparés :

Ceux qui, ayant déjà subi des jugements, étaient de noumn prérams d'aesassinals, meurtres et autres gmnds crimes.

S* Icspféfsnnsde vobqualifiés, &ux et autres grands crimes; mais arrêtés pour la première fois. «

^ Les préeenasde vols simples, abus de confiance, banqueroute simple, etc.

i"" Les prévenus de voies de fût, fraude, résistance à la force ttmée et autres délite.

5* Les vieiUards pour vagabondage, mendicité, etc.

m . LEs.PB]aaHi verBimora.

6* Les pisMifllB <kni clMseft.

iia»mâiii6i «a f^m tism^ qui da fMniwmtffianl pM.floii0

elles, =

▲i^itfd'^ coite oryinisatitii mi aiodiûéo } on ma^ do nfller les oalégoriMda pniaiiiiitffttfcoB tna ohiem tM-

tûU satiaDaisanis. Aiosi la surveillaucode la cour Sauitrliernard, r«iuii«D Mtfmiiii ntiif» qu'on a smnomné la fom êêuê JUém» lenfmaît la premièra caiégona. Lt nrfnBaiioB da cv Tsniit deYonait tous les jours plus difiioile. Ëo offtrt» co» pruioiir nie», d^Npnidijiisli«8etpcMirk.|diipaii muespÊamii» d'un acquittement, employaient toutes les minutes da leur existencâ à combinar la révolte ou l evaiion. C'est de là que treige piiimiiBm pamnient è s^évadaran BMÎt d'aMU îêkS^ Us afaient agrandi le trou des fosses d'aisanoe qui passe sous h fl)iamm darande et aboutit aumur oitéhi^ur, qu'ikétaiûui|kifr Tana à poraar. ils anplojpàrait dk jon» à aaIrmiU #t |w

viiireui h tromper la surveillance du garilien qui se promène flonataounanl daoa leur pjréau. Le dicaolaut da lafnraeacni qu'en disséminant les prévems de.eitti fealdgana caa leaUdiiBS deviendraient plus rares et moins audacieuses, A l'époque de notre m«a à la f oice (S a^iil iSAi^, on sa £&lioilail de aalto nottvalla matuw. Noua ne pouvena blàlncr ni approum^quant à présent, ces aîspositions, dans lesquelles nous reoûnnaisâons, du mlB, la ààÊÊÊ d'améUonv; nou vésemM mIib opinion pour la fin de ce livre . L'expérienee nous aura eana 4»^ dahdléi nousrinêmes d'une monvàra positive*

let potlfeiaB, dont le nom venait aoi pneomiiei» éa ûm crèches remplies da paille dans lesqueUcs i)s couohaient, ii*ei is«

uraci. m

lent plus depuis très-longtemps à !• F^foe : ebaque priwwiiier ë sou iil, isow^^fm d'une j»ailla«6e, un mattla», un traversin, des draps et une «juWtui^. Les dortoirs Mmt asseï vastesi 9t daus quelques-ufis ou a pu oonstruire une petite chambre, Jijaftl son entrée sur la cour, où couche im gardien» qui» par jdmt gaiohËtSi peut 8ur?eiUsr pendant la ouil te prisonniers h droite et h gauche. Daus ceux où la localité n'a pas permis cette disposition, la ^Bo^dian ne aunreille qu'une obambrée* Ainsi OBt été feupprimées aefc ifbiim ét ntiil dont tm sa plai^ntil h bon droit, parce qu'ellés troublaient le soouneil des })ri8(!hniarÉi si te kissaianl d'aiUeua lifrés à eUiHUémas dans l in- Israttëi'

La nourriture est la même qu'à là Conciergerie; on a la fawM éa lun mai du dabosi L'administrattei taumil en . mtteftefteteiatdeapaDtidoilftèQeox^n'anontpaa.

ha personnel de l'adminisliraiion de la force se compose

Un directeur, aujourd'hui M« Duburguet.

Mà aumônier.

UA nklaoiA il dMB ai^aitttSi

Un greffier et son commis.

Un brigadier el son sous-brigudier.

fo^hnii aurtulUaitis.

Deux Burveillaub lUbtiluleurs pour teanfautm Uftinûitttei

Un cantinier adjoint.

UnbailMir.

Onu Aiuîlleuse.

m LBSFIIWHBMnDlQPI.

Quatre commissionnaires.

La cantine n'existe presque plus» nous a-i-on assuré» à la Fone : leaprisoonienfontTOiirdadelion.

Il y a quelques ateliers établis où les hommes travaillent ; mais le trayail ne peut être d'obligation applkpié à des prévenus ;U n'y a que ks eoftoils dm lesquels il est oïdeané. Les hoiDBWS ont la faculté de refuser et refusent pour la plupart. Le reste du régime est semblable aux autres musons d'anét

Quand on amène un finsonm« è la Fom, on k mal d'abori dans une prison qu'on appelle salle de dépôt. Cette prison est triste et resse&dde beameoup à un oaebot* Le prisoonîer doit j faire les réfledcms les phis sinistres. H j demeure jusqu'an moment oh on l'amène dans le quartier qu'il doit babiter.

Noos n*avons rien à dire du personnid des prisonnien qui se sont suoeédé pendant quarante ans à la Fom, Presque tous les grands criminels ont fait là le temps de leur prévention, et nous les avons d^ retrouvés k la Gondergerie» ou nous les r^ trouverons dans les antres prisons.

L'aspect de la Force est sombre au debors ; il l'est quelquefois plus, quelquefois moins au dedans :eek tient à ragglomération des divers bâtiments qui composent cet immense édifice ; bâtiments construits à diverses époques pour toute autre destination, et ravitaillés toutà eoup ponr une prison. Iln'ya aucun ordre, aucune harmonie entre eux; le cachet de vétusté se trouve à chaque pas, et ce ne sont pas les moindres moti&

qu ont déterminé sans doute à eonstruire une nonveDe mMon

d'arrêt.

L'andenne cour de la ViU^-aurlaiU s'appelle au^jourd'bui la eour Saint-Louis. C'est 1& qu'étaient autrefois les pistoliers

LA FORCE. le»

seuls. Aujourd'hui ils sont mêlés dans le préau avec les autres; mais ik ooiBw?ent le {niriléga de la pisfole pour le leste* ee qu'on ne peut blAmer pour des prévenus, présumés innocents d'après la loi elle-même. Le premier et le second étage contiennent nng(4iuit lits de pistoUers. H y a deux chambres à quatre lits seulement, les autres sont habitées par de plus nombreux pensionnaires. Les pistoliers, pour Jouir du petit bienâire qui leur est accordé, payent trente-deux sous tous les dix jours. Ils n'ont le droit de rester dans leurs chambres qu'une heure après le lever des autres. Dans la journée , ils ont un chaufibhr partieidkr dans k eoar an reft-dediaussée, en fiioe de celui des prisonniers simples. La nuit ils n'ont point de gardiens avec eux; mais un guichet établi à la porte permet de iûie quelques tondes pour les surveiller, fl y a dans tonte k prison de la Force cent trente lits de pistoliers.

Au premier étage de la pistole sont les deux réservoirs tou* jours pUns d'eau, avec des pompes toutes prêtes en ces d'incendie.

L'anden bètiinent neuf, aiqouid'hm cour Saint^emaid, en kngage de prison Fosee aux lions, est celle qui présente l'aspect le plus sombre. Elle est enckvée dans un chemin de ronde, et parait k plus sûre de k maison. Cest sans doute le motif pour lequel on y avait réuni les prisonniers les plus dangereux; Le parloir lui-même annonce ce que doit être ce lieu. On y voit à peine ckhr. Nous avons trouvé k unaldier de tvavailkpltts nombreux de la prison.

La cour Charlemagne est Tancienne cour de la dette. Cest

là que les prisonniers les plus sages sont en majorité. Cette

cour est vaste et riante. Au milieu est une espèce de jardin IV. M

4' un gcili^ge m boi^. dojal la verdure dûit réjouir k vue. dispoiitioiii «ont l^s mêmes pour to«8 Im qoartien, do»ioin, parloirs, chauffoirB, uto, Cmimat œttooour qu'aïaîlm la cbambre de Déranger.

U cour HanMeme eil TanetonM «mr destenta à lapakiie Force, Elle est habitée par les vieillards, mendioiii et vagabûAdâ, Getl9 oQur. auirelcuii plantée d'arbros» n'eu cpmervc pUia un ml mainlwiiit. Cas! Ui| d'apièi ans wiieignamwrta, que devait exister l'égout par lequiil madam.î Kolli correspondait avec »9U âta* fious avons vériûé la vériié des faits, et nous •vim appris qa'«a aiél oal éfBot oDiiait. La mur 4piV» a ié>

parc l'a entièrement bouché aujourd'hui. On a élevé dessus la (lAQtiott «t daos l'iolériÉttr OD.pai^ voir emM>ro U gciUaga au toavws duqoal las deni aaimtBmiaiaat sa pailar.

De la cour des vieillards, on arrive à ccUo dee grands enfants, qu'pQ.appaUA Oûur Saint»ià]iÉa. Qa pénétra de là daps ime teille petita, ipi'mi nomme oaar da la Fvovidanee. On monta l'escalier, et au premier, à droite, est la chambre de la prin* osssa de UmhaUe. £lio sert aajonrd'luii da magasin: eUaest oUoogue, garnie de boiaerîeay aveo une eiieminéa. A la porte est un guicbot qui existait pondant sa captivité. Une krge croisée IFtttâa donne BUT le rue Fatvée. C'est le {ffemière à droite è rextériauF.

iprèa les grands enfanta viennent les jeunes gens , qui lont dais en qnaatkr séparé; e'eat k eoiir Semteiliarie.

EnGn, la troisième catégorie est celle des enfanta proprement dits, en langage da prison, les mâmm.

On eétabli pour em demien, epmmenone Vavona.dift, dm

ateiitirs de travail auxquels ils sont forcés de se rendre. Ceaatt»

fants sont ceux des pmpimiers i}ttl â<ïtatteAt le pl\ïA iè pSSiék

la Force. Ail mômëiil Aé ftôîré Vilîte, M y ëri &vait bôîs au (iachot. Leur dortoir n'est pas établi Comme celui dôs honllïiesî ils couchent tous daus dé peiitèï câLloles, ék tUt SOUt Mlbfttiés tous les soirs, tê dêTaiit bélMe ëSl lifi grlllflgë ëti bols, pour qu'ils ne manciuerii piîs d'air. Il y a trente célluléS; <}Uijl2ë h chaque ^tâge. Ce dortoir ési âdmirâble dë ^^rèté.

Noiift avons terminé ëetlè ^sitë']^ liïL8»aiertè. t'^cidlK^ qui y conduit a de larges et longues ihàrcties forrîiéès ii*Ufie seule pierre, uo y V6it ehcoré dîés oirhèiaiènts remôhiaâl âU temps de l^ànçbis 1^ èt dé tténri tt kû bas dë )*^ëaliér ^1 ' sculpiè sur la muraille le chiflre des Caumont-LaTorcé. C'est la seule tracé qui reste de l'àncieh hôtel des fféjààÈ iel^^jdM,

Lihfôàiéné était aiitréfois la' salle dë Ip'ëëtâclê. fth ibidlftHt les localités, on distingue parraiteiuehl la séparation de là salle et (lu thMtre. Il y a en tout quatre-vingt-seize lits, de qiii sel*. ?âit àe telon â*atteiâte poîir' les gfànds pé»ônnâgës côn^éft i ces fêtes est devenu aujourd'hui la salle des galeux, caf sôus rËmpire celle maladie, importée à la Force parmi les jpailléâi, y é été permanente. Âdjourd'hùi oh ést pârvrâli â l'en cliàssël, et celle sidle demeure déclinée aux^ maladies contagieuses. On a éiablrla pharmacie dans ^endroit où les acteurs s habillaient, et dahs eê qui formait leur foyer. Bicarré destination qùè cétté partie de rêdiGce \ Certes , là oîi des cris de douleur relenlîs* sent aujourd'hui, autrefois des rires s'i^taieut fait entendre à la ▼ue du Uaîaàs imaginaire ét de sa l>ouftbimb cirémômé. tthe salle de bains très-propre et irès-soignée complète îè syslèidè hygiénique de la maison. Elle sert aux valides comme aux invalides.

tnnmmmvmmm.

n j a neuf eadiols à la Fom.

A l'époque de notre Yisite» la population des piiaonnien s'éterait à cinq cent einquante.

Ainsi que nous Vayons dit, nous n'ênm pas à signaler les iueouTéni^ts inhérents à cette prison, et qai proviennent priodpalementdesadistribatioa et desafétnsté. Une oidounanfis royale du 17 décembre 1840 a déjà stipulé la construction d'une nouvelle prison à l'entrée du boulevard Maxas, pour nmplaoer la maison d'anètde la Foioe. Les fraTain, eonfiésà MM. Lecointre et Gilbert aîné, architectes, sont en pleine acti- TÎtét et seront sans doute tenninés cette année. Le plan de celte noovdle prison est ainsi eonça : le rei-de-eliaiissée se eomposera d'un portique de communication, de la geôle, de ravantgveffe» du cabinet du directeur, de la salle de réunion de la eownslssîoii dés prisons» et des saUes de dépM des préfenns. Au premier étage seront les logements du directeur et du greffier; au seoond ceux des employés, et la lingerie. La priÉn, isolée par on chemin de ronde, comprendra dnq cours ou préaux , et six corps de bâtiments, rayonnant autour d'une grande salle centrale destinée à la sorreaiance générale. Mb de cette salle seront les parioirs, le cabinet da médecin, et la pharmacie. Un des six bâtiments formera l'infirmerie. L'isolement de nuit et de jour ayant été adopté, tout sera disposé poor mettre en vigneur le système cellnlaire. Les bâtiments seront construits de manière à fournir trois étages de cellules. Chaque bâtiment ponna conteoir deux cents prisonnien. La dépense de la ccmstmction est éyalnée à 3,389,496 francs; l'ae* quisition des terrains a déjà coûté 937,000 firancs. On espère fendre la Force 600,000 firancs.

Si lâ DoaTelle prison est construite avant la fin de cet ou« nage, nous nous en^uresserons de la Adre oonnattre. Noos réservons d'hors et déjà pour la traiter en son lieu, la question du qfstèine eeUulairo appliquée aux prévenus.

Fondation de Saîntc-Pélagle. — Madame de Beauharnais. — Le couvent désert. -<i- Li prison rnmplle. AboUUon des couvtnta. — SaiBte-P^lagift prison pour dettes. — Lin parcDt de DauloQ. — pélirrancç d<;s prisonoteri avMit Ici m4Na<)r«f. Vr'mn politique pour hommes et femmes sous la Terreur. — Rapport à la Convenliori. — Chemin de ronde établi. — Pliysiouumie de la prison. — Ecrous curieux. — Madame Roland, — 9m 3lÉ9Qir9t i)efil« i S«|me-P<UAftf?, -r {)e|çripggfi fivf^tt "dca ftaunei. — HiAnanllé de la iBOMM du coDcIerge. — Madaiie da Bany» — Soa

- Dénonciation ani iMoMait MvfMlm 4(f MiW- t- Um ^ÇTOW.

Nombreux solliciteurs. <-> Leur existence en prison. — Leur mise en liberté. — tiffeur populaire lur le «iptivlui de l'inipérairlcc lei^lae i Sainta^Pélegle. —

Ordre de son arrestation. — Son éqruu aui Carmes. — Quartier dff hommes. — Sa description. — l.cpilre et Lebœuf. — • Leur prière. — Roucher et Robert. - Leurs

f«vi et l9«in ta))iami». ~ ^/Mn 4« Hmtf ^ CA»^ piifo»iiMf au •eoeu ««• ^temlére ngmrdl» 9 Uienoidor. ^ Vt 19 enoidiv, ^«b^eRt. — fiMailN. BapMi mèide. V Snidde de ta néra.'

£n l'an 1681, une dame Marie Bonoeau, veuve d'un sieur de Beaiihamais de Hiramton , fonda % Paris im oouTent , lieu

de refuge pour les filles 'et femmes repenties, sous Tinvocaliou de sainte Pélagie.

176 LES FUSONS DE L*£(JROPE.

Madame de Beaubamais avaU déjà prénédemment fondé on ooave&lda Jfirwmoiiwgi, auquel elle afaitattacbé son nom, et

» cette fois elle voulut choisir la sainte dont la yie présentait le plus de aimilitiide atec lea péchmHea qu'elle appelaîl dans cet aiile. Sont ee n^yport» sainte Pélagie remplisiait fMarCdto* ment son but. Cette sainte, après avoir été comédienne et coup< tisane renommée à Antioche, wi le milieu du cinquième sîède, s'était coofertie et awteml>rassé la ne religieuse. Betirée sur le mont des Oliviers, elle avait amèrement pleuré ses eireuiB» et était morte dans la solitude et les ri§;ueurs de la pénitenee. Cétait donc l'eiemple de cette patronne qu'oflMt madame de Beauhamais à toutes les femmes et âiles du monde qui avaient luUi, en choisissant pour son couvant une tdie patronne.

La pensée qui présidait à cet établissement était humaine et ' lalntaiie. Ia coor de iMis XIV devait irarnv de noBi^^ pensionnaires, et ce qui encourageait le plus madame de Beauhamais, c'était rhistoire de madame de la Yaliière« et la mort de madame de Fontanges, arrivée l'année même de la fimd*tion de ce couvent: mais si Versailles devenait pour les grandes dames ce qu'avait été Antioche pour sainte Pélagie » le couvent ne devenait pas pour éDes la numtagne des Olives; toutes s'ar* rêtaient au bas, trouvant la côte trop rude, retournaient aux pompes de la cour* emportant dans tours ccBurs, au lieu d'un repentir sincère, un regret amer de vteillûr et de voir la galanterie se détourner de leur route. Les dignes mères de celles qui formèrent les cours dâwuchées du régent et de Louis XV ne pouvaient éprouver d'autres sentiments. Le couvent de Sainte* Péia^e était donc désert; les pécheresse ne manquaient paa^

SAim-PEUGIE. 177

jnais les repenties étaient rares, et l'impénitence finale était à k mode. PonrtenA Loim XIV avait permit Fouyertare de oe couvent , et voulait qu'il servît à la destination qu'il avait approuvée. Madame de Maintenon ayant jeté le grand roi dans la b^otterie, dis brs fl ordonna le repentir à ses sujettes, et pour y parvenir , il le formula par lettres de cachet. Aussitôt le couvent s'emplit à vue d'œil; le lieutenant de police devint le direotsur suprtee de tontes les belles pénitentes, et Sainte-Pélagie fut pour les femmes ce que Saint-Lazare était pour les hommes, une prison déguisée sons le nom de couvent. Cet éta- Uissemeat ne pouvait échapper à la destination actuelle,* Qomme on le voit. Les formalités qu'on remplissait envers les pMMNimiMn0f de Sainte^Pélagie suffisent pour le prouver. Elles' y étaient conduites par des exempts , enregistrées au greffe, et avaient pour la plupart la tête rasée.

Telle lut la jnanière dont on travestit l'idée de madame de Beauharnais. Elle avait voulu ouvrir un asile au repentir et à.' Tespérance, en donnant pour gage sa patronne; on en fit un* lieu de détention ailiîtraire oik venaient eipirer les joies du présent et le bonheur de l'avenir; et la sainte, au lieu d'être invoquée, a été maudite par les pauvres recluses, et plus tard par tous les prisonnien. Saint-Pélagie, depuis sa fondation, n'a pas cessé d'être une prison; toutefois, nous ne ferons pas l'histoire de cette première période, qui ne présente que des victimes obscures , et nous passerons sup4e«liamp à l'époque où elle a été considérée au grand jour comme une prison réelle.

Ledécret deVAssemblée nationaledu 13février 1790 abolit les

couvents. Les portes de Sainte-Pélagie s'ouvrirent aussitôt, et les lY. S8

Oigitized

pieuvres repentie» %q hâiàroAi 4o prendre leur volée. La prison resta YidepaodA^tenyiroodeiViUiéii. Aubmiideceln^oii

eut Vidée de rutîHw en y meltant les prisomiiM pour doMw, surtout ceux pour mois de nourrice, dont quel^es^uns

étoienU l'Abbaje eU te CPOONfgorîe» tl la nuijMBe parcieà

la Force. C'était en effet la seule catégorie de prisonnier^ qu'il j eAt le 2 septembre 179i2 à Samfte<Pélagie» auiai n'y aùt<il an- CBoe exécwtîoà populaiva dan» (Mo priian. LomiDe la Oom*

mune envoya dans les diverses prisons de Paris pour protéger

las prisonnieia pour dattes» da» âoauniMaiiaa qui fuient intlalléi coaune juges mveraiv» wnii qua noua l'atona ve è la

JlO^t ^Ut soin de députer à Sainte*Pélagie des membres

foi 9'a?aiaat pas aattlemant mission da protéger, maia da déttwer les prisonniers pour dattas. Os aceampUrent ftIManwBt

leur mission, et touales détenus furent mis en liberté. Fannt aux aa trouvait un aiwr Godot, anaien raasfaorde

traites au port Sain(»Paul. Il était parent de Danton; il ayail été coMUtué prisonnier à la requête de k terme générale, enlaqualla il la tioufait débiteur da dnq oenl n^le Ihrea. Détenu d'abord à la Conciorc^erie, il avait été transféré à la Fow* Ot da ]k k âainte-Péiagie, il était sur la point da présenter reqnéta an tribunal saisi da son afllura, pour obtenir sa mise en liberté, lorsque Danton, qu'il avait consulté, lui fit dire d'attendre quelques Jours, qa4l ne taiderail paa à être délivré par la Ibree dai ebosas. Bn eflbt, le i septembre aniya peu après, et il fut mis en liberté avec les autres.

Ainsi la seconde circonstance curieuse de Sainta-Pélagia est que les prisonniers légaux qui l'inaugurèrent furent des prisonniers pour dattes. Ce ne fut que le i4 mars 1797 qua cette

fiAINTE-PEUGOL A79

catégorie de prisonniers y retourna de nouveau. Elle y demeura «Dawe jus^'au ijaavier 1834, époque à laquelle elle fut tran^ IMe dans la prison spéciale de dichy. Jusqu'en 1828, temps oh M. de Belleyme exerça les fonctions de préfet de police , le goawnemfiDl eut le tort de renfermer dans le même lieu» avec les detliers, des condamals, des prévenus et des prisomiiers d'état. C'est l'histoire de ces trois dernières catégories que

nous aUoM ûtire, réserrant, afin d'être plus dair, celle 4^ détenus pour dettes à Sainte-Pélagie, pour la prison de Qiefaj

qui va suiTre.

Las prisonnien rnben liberté le 8 septembre furent promp-

tement remplacés le 8 du mc^me mois. On y conduisit tous ceux qui avaient été acquiUés à k force» et conduits à l'égiise de Samt4<oui8 la Culture, ainsi que nous l'aTons dit. Us restèrent peu de temps a Sainte-Pélagie. Les uns furent mis en liberté iqurès qu'ils eurent prêté à la nation le serment qu'on . exigeait d'eux; d'autres furent dirigés sur les frontières» d'auFtrès enfin envoyés dans diverses prisons, et de nouveau Sainte- ' Pélagie resta nda: mais quelques nuMs plus tardf la Commune en prenait possession pour y envoyer des prisonniers de toi^ espèce, et principalement ceux arrêtés pour cause politique. Le local lui d'abord anangéà la bête pour cela» et unregbtrs d'écrou fut ouvert et paraphé psr CUaumette, procureur de la Commune.

Cette prison se dîm comme la Forée pour las catégories

de prisonniers qu'elle a reçues , et suivit comme elle les dimaes ptoodeades gouvemementa.

P^ndanl la période de la Temuv proprement dite» les fti* sonniers bommes et femmes y furent envoyés péle-mêlet poui

ISO

LES PRISONS DE VEfmn,

dditf politiques ou privés. Cependant le plus grand nombre appartient à k première catégorie. Dans oetle demiète classe les prisonniers républicains furent en majorité. B y eut là, en grand nombre, de fougueux révolutionnaires, qui n'ayant ni la foroe ni le courage de suivre la révolution dans sa course rapide, s'arrêtaient haletants et épuisés au milieu du chemin, et finissaient par aller rejoindre à Sainte- Pélagie ceux que quelques mois, souvent quelques jourBauparavant,ils7avaieiit fait incarcérer.

Un des premiers actes de la Convention fut de charger plu» sieurs de ses membres de visiter les prisons, k la séanee du

15 novembre 1792 , Delauuay, d'Angers, au nom du comité de sûreté générale, vint lire le rapport de la commission. Les commissaires nommés s'étaient transportés à Saint-Lazare , à la Salpêtrière, à Bicètre» et à Sainte- Pélagie. Dans cette dernière prison, ils n'avaient trouvé quequatorse prisonniers. Sur ce nombre deux avaient été arrêtés pour soupçons; les preuves de leurs délits n'ayant pas été fournies, ils furent mis en liberté.

Un des actes matériels qui constituaient Sainte-Pélagie en état de prison fut l'établissement d'un chemin de ronde pour aider à la surveillance des gardiens et prévoiir les évasions. Ce chemin de ronde ne fut achevé qu'au commencement de 1793, ainsi qu'on le voit dans des observations sommaires sur les prisons, par Girard, architecte du département, publié en février de la même année. Quelques mots après les luttes intestines de la Convention entre les girondins et les montagnards, l'arrestation des smxante et treiie, l'établissement du tribunal révolutionnaire, la Terreur eniin, remplirent Sainte- Pèla^, . .

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SAINIE-PELAGIE. 181

Ifoitt empranloiis à un éGriran, qui a fait ebmme nom le

relevé de ce qu'il y a de plus saillant dans les registres d'écrou, le passage suivant, qui fait connaître la physioncmiie de cette prison (1) :

« Sainte-Pélagie ne communiquait pas directement avec le tribunal révolutionnaire, dont la Conciergerie était le vestibule obligé. Aussi, ne trouve4H>n pas sor ses registres, en regard de l'écrou , la mention sanglante de l'exécution; la terreur y apparaît plutôt sous un aqfiect trivial et comique. Aussi parmi ks écrous de gens condamnés à dix et li vingt ans de travaux forcés, à six et à buit beures d'exposition pour assassinat, pour vol et pour iiiux, en rencontre-t-on de bizarres comme ceux-ci :

« Du 20 frimaire an n ; Joseph Lebrun, âgé de trente- huit ans, né à Doiud, architecte; arrêté comme suspect sous tous les rapports; chaud partisan du blondin la Fayette, et persécuteur des patriotes. »

«r Da 18 mai 1793 : Barthélémy Boisset, âgé de trentcrsix ans, tisserand, sans domicile ; prévenu de fanatisme et d'être envoyé id pour le propager. »

w Bu 15 mai 1793 : Jacques-Antome lovaincourt, âgé de dix-neuf ans, né à Paris; prévenu d'être un mauvais sujet par des excès dont on l'accuse de s'être vanté. »

« Du 3 avril 1793 : Louis-Jacques Auflfroy, âgé de cinquantesept ans, né à Paris, ci-devant prêtre; prévenu ayant dit la messe en cachette, ce qui a fanatisé le peuple, et, dans les dpconstances présentes, occasionné des troubles qui assiègent la république. »

it Bu 90 septembre 1793 : Glaude-Louis Bourdain» âgé de

m us FIBONB M LWMR.

éonm aiiii piém« 4b t'flnôlw diiis d« corps iaeonDOi et olandestins. n

Puii o'Mi un» kum» Bowij» piéfWDe d'mir vwda 1» diemises de la nation; on boolanger ponr aToir foodii de k faiïm à un particulifir demeurant à quatre lieues de Paris ; un auttedloyeiit pilmu d'aioir patté napain à la barrière; on troisième, d'avoir wdu et acheté dee fikmdiUm de» loiiif, et l'un est prévenu de suspicion» l'autre d'avoir reçu et si^é li pétition dai vingt mille.

Quel déUt que ednt qui l^iimiMail d'un lenl eoop à la na> tion vingt mille coupables I Souvent, à o6té du prévenu 4..., n tiOttwkm«ilîoii:€ARétéianiflaiiieooBm]e*j* Puis viennent les piévennaB, G, etc., jusqu'en bas de la page, et en maige il est écrit : « Mômes motifs que dessus. » Quelquefois la république ae piend dW beau làle pour k morale : on aciète viBit ou trente femmes qualifiées dana Véooa de fittea publique, et

à la colomie des motifs on dit : « Prévenues de prostitution. • U n'y a pas jusqu'à la protection qp» la police doit aux aliénée et aux ivrognes qui ne devienne fproteeqpie eous la plume du greffier de ces temps-là. Ainsi le 7 brumaire an ui, l'écrou d'une femme porte s « Prévenue de a'étre portée deux coups de eontean el de mauvaise vie. »

Ces divers écrous font connaître le personnel de Sainte-Pélagie, si on y ajoute les j^risonniers politiques* fipia aUonsparler des plus importanis.

Madame Roland avait quitté VÀbbaye, où son histoire commence» le 24 juin 1793, sur un ordre de mise en liberté; eUe se rendit à l'instant chez elle ; mais à peine montait^ resealier» que de^ ^om la suivent dans son appartenant et veulent

rarrêter de nouveau. Sorprise et indignée, elle se iretire cbes

son propriétaire, envoie à la section,^dont les commissaires arrivent et protestent. Os 9e rendent ensemble à la commune» on discute son affaire; elle intervient dans cette discussion; mais c'est en vain : les commissaires de la commune déclarent qu'arrêtée et conduite à l'Abbaye d'une maniire ill^e, il avait iallu la mettre en liberté pour régulariser la seconde arrestation au;( termes de la loi, et que c'était ce qu'on venait de faire.

La joie de cette tome fiit de courte durée. Le même jour on

la reconstitua prisonnière, et elle fut envoyée à Saiut«î-Pélagie, ob on ne rédigea 3oa écrou que le lendemain. Il est ainsi conçu:

« Du 25 juin 1793 : Marie- Jeanne Philippon» femme Roland» ex-ministre» âgée de trente-neuf ans, native de Paris, y de* meurant, me de la Harpe, 51. Ledit ordre motivé d'après la lettre trouvée chez Tex-ministre Roland, la fuite de son mari, la suspicion de sa complicité avec lui et la notoriété de ses liaisons avec des conspirateurs contre la liberté, et la clameur pu* blique qui s'élève contre elle. »

tt Mon courage n'était point au-dessous de la nouvelle di»* grâce que je venais d'essuyer, dit madame Roland dans ses mémoires; mais le raftinement de cruauté avec lequel on m'avait donné Favant^ùt de la liberté, pour me charger de nouvelles chaînes ; mais le soin barbare de se prévaloir d'un décret, en appliqqant faussement une désignation pour me retenir plus aibitrairement dans une apparence de légalité, m'enflammaient d'indignation. Je me trouv^^is dans cette disposition où toutes les impressions sont plus vives et leurs effets plus alarmants pour U santé, Je me couchai sans pouvoir dgrmir ; il fd-.

us PUISONS DE LnSUEOR.

lut bien rêver. Jamais les états yiolents ne sont pour moi de

longue durée; j'ai besoin de me posséder, parce quej'ai l'habitude de me régir. Je me trouvai bien dupe d'accorder quelque chose à mes persécuteurs en me laissant froisser par leur injuslice. Ils se chargeaient d'un nouvel odieux et changeaient peu rétat que j'aiais déjà su si bien supporter. Ici, comme à TAbbaye, n'avais-je pas des Hvres, du temps? n'étais-je plus moi-même? Véritablement Je m'indignai presque d'avoir été troublée, et je ne songeai plus qu'à user de la vie et à employer mes facullés avec cette indépendance qu'une àme forte conserve dans les fers et qui trompe ses plus ardents ennemis; mais je sentais qu'il fidlait varier mes occupations. Je fis adieter des crayons et je repris le dessm, que j'avais abandonné depuis si longtemps. La fermeté ne consiste pas seulement à s'élever au-dessus des circonstances par l'effort de sa volonté, mais à s'y maintenir par un régime et des soins convenables. La sagesse se compose de tous \m actes utiles à sa conservation et à son exercice. Lorsque des événements fâcheux ou irritants viennent me surprendre, je ne me borne pas à rappeler les maximes de la philosophie pour soutenir mon courage; je ménage à mon esprit des distractions agréables, et je ne néglige point les préceptes de l'hygiène pour me conserver dans un juste équilibre* Je distribuai donc mes journées avec une sorte de régularité : le ma lia j étudiais l'anglais dans l'excellent essai de Shaftesbury sur la vertu et j'expliquais des vers de Thompson. La saine métaphysique de l'un, les descriptions enchantées de l'autre, me transportaient tour à tour dans les régions intellectuelles et au milieu des scènes les plus touchantes de la nature ; je dessinais ensuite jusqu'au dhier ; j'avais cessé de conduire le crayon

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SAINTB-PÉLAIHK.

depuis si longtemps, que je ne pouvais guère me trouver ha*

bile ; mais on conserve toujours le pouvoir de répéter avec plaisir ou de tenter avec iaclLité ce qu'on a liail avec succès dans sa jeunesse.»

Telles sont les impressions que nous a laissées madame Roland et qu'elle a tracées dans sa cellule à Sainte-Pélagie. Nous alkms lui emprunter encore la description du quartier des femmes qu'elle habitait :

« Le cgrps de logis destiné pour les femmes est divisé en longs corridors fort étroits, de l'un des côtés desquds sont de petites cellules; c'est là que sous le même toit, sur la même . ligne, s^Nirée par un plâtrage, j'habite avec des filles perdues et des assassins. A o6té de mol est une de ces créatures qui font métier de séduire la jeunesse et de vendre l'innocence Au-des^ sus est une femme qui a fabriqué de faux assignats et déchiré sur une grand'route un individu de son sexe avec les mcmstres dans la bande desquels elle est enrôlée. Chaque cellule est fermée par un gros verrou à clef, qu'un homme vient ouvrir tous les matins, en regardant efifrontémisnt si vous êtes débout ou couchée; alors leurs habitantes se réunissent dans les corridors, sur les escaliers, dans une petite cour ou dans une salle humide et puante, drgne réceptacle de cette écume du monde.

» On juge bien que je gardai constamment ma cellule; mais les distances ne sont pas assez considérables pour sauver les oreilles des propos qu'on peut supposer à de telles femmes, sans qu'il soit possible de les imaginer pour quiconque ne les a jamais entendus.

» Ce n'est pas tout : le corps de logis où sont placés les hommes a des fenéirtis eu face cl très-près du bâtiment qu'ha«

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