‹ Les prisons de Paris; histoire, types, moeurs, mysteresChapitre 5 sur 41 · LE DÉPÔT I)K LA PRKPKCTI HK. — LA (ONCIKRGKIUK · texte numérisé non relu

LE DÉPÔT I)K LA PRKPKCTI HK. — LA (ONCIKRGKIUK

Un pelîtcoin de Icrre du vieux Paris, silué cnire le ponl Neul et la rue de la Barillerie, borné à droite et à gauche par le quai des Orfèvres et le quai de Tllorloge, renferme quatre monuments, quatre édifices dont les souvenirs de toutes les sortes pourraient composer un beau livre : le Palais, la Sainte Clmpelle, la Préfer-

iure de police et la Concierget^ie : le roi et la justice, Dieu et le

christianisme, le peuple et les cachots, c'est là véritablement^ dans ce misérable coin de terre , que commence l'histoire des prisons de Paris, entre le sceptre et la croix.

Ce n'est pas exprimer une pensée bien nouvelle que de prétendre voir, dans l'histoire des prisone d'un peuple, l'histoire même de la civilisation d'un pays. « Voulez-vous avoir, a dit un publiciste, le résumé d'une époque, d'un état social? descendez dans une prison. » Aux yeux de tous les pouvoirs, de tous les régimes, les prisonniers n'ont été que des ennemis vaincus sur le champ de bataille de la loi : c'est la lutte du droit et du devoir, de la liberté et du libre arbitre, du mal qui est dans la nature des hommes, et du bien qui est dans l'essence des sociétés ; seulement, après cette lutte entre l'instinct individuel qui veut détruire et l'instinct social qui veut conserver, les vainqueurs ont usé ou abusé de leur victoire, en subissant tour à tour les influences contraires de la civilisation et de la barbarie. Autrefois, les prisonniers étaient des victimes, c'est-à-dire des cadavres: les prisonniers d'aujourd'hui sont des condamnés qui vivent encore; le châtiment de la prison, infligé à la défaite du crime, a été le premier triomphe de la justice contre la force, contre la violence, contre la férocité.

La véritable théorie qui doive présider au régime des prisons modernes se trouve tout entière dans ces deux mots bien simples: a Corriger et punir. » Les anciennes lois punissaient le coupable; les lois nouvelles cherchent aie corriger en le punissant; le châtiment qui ne sait que châtier ressemble à une vengeance : le châtiment qui corrige est une double leçon.

Les philanthropes qui déjeunent du délit et qui dînent du crime n'ont pas trop à se plaindre des économistes, des hommes d'Étal et des gouvernements : laquestion, la torture, le fouet, la mutilation, la marque, ne figurent plus sur les tables de notre justice criminelle. Les prisons n'ont plus d'oubliettes, de cages de fer et de vade in pace; ce que l'on nous raconte des réduits, des cachots, des souterrains de l'Abbaye et du Grand Châtelet, est déjà une histoire bien ancienne ; on n'a plus faim, on n'a plus soif, on ne gémit plus, on ne crie plus, on ne pourrit plus dans les prisons.

(lu nioias clans les prisons de Paris; on y boit, on y mange, on y fume, et Ton y travaille dans l'intérêt de quelques menus plaisirs, sous la commandite de l'État; si bien, que certains prisonniers ont du se dire avec un personnage de Waller Scott : «Qu'est-ce qu'une prison, après tout? une maison d'où Ton ne peut sortir ; supposez un accès dégoutte : je serais en prison à Kbochwinnock. »

De pareils progrès, de pareilles améliorations ne suffisaient pas à Tardeur militante des philanthropes qui ont exploité tour à tour Tesclavage des noirs et la misère des prisonniers : l'action de la philanthropie a été si vive, si généreuse, si ardente, si débonnaire, que la réaction ne s'est pas fait attendre, et nous aurons bientôt, sans doute, le régime des anciens cabanons de Bicétre, sous le titre nouveau de prisons cellulaires.

Il ne nous sied pas d'apprécier à la hâte, à la première page de ce livre, le système de l'encelluleinent ; près de toucher au seuil lies prisons, nous n'avons encore rien à débattre avec un régime qui transformera peut-être Temprisonnement en une torture, le juge en un tortionnaire, et la cellule en une tombe ; nous n'avons point affaire tout d'abord à ces condamnés que l'on veut élever à la dignité de solitaires, pour les obliger à un long tête à tête avec leur horrible conscience ; nous ne voulons pas demander comjpte au système pensylvanien de ce que la solitude peut faire pour le sentiment religieux ; nous né reprocherons pas à chaque futur pénilentier de ressemblera un épouvantable lazaret; nous écrivons ce livre en chroniqueurs bien plus qu'en philosophes, et nous laisserons passer la nouvelle justice des hommes, en nous écriant avec une parole sainte : « Il n'est pas banque l'homme soit seul! »

H faut donc se hâter d'étudier, au point de vue de l'observation contemporaine, les dernières véritables prisons de Paris ; il nous semble, pour nous servir du mot d'un spirituel écrivain, que le système cellulaire va détruire la nationalité des prisonniers.

Le premier degré de remprisonnenient est le grand dépôt de la Préfecture: c'est le préfet de police qui tient dans ses mains la clef des prisons de Paris.

Vous êtes arrêté par un soldat, par une patrouille, par un agent, par un commissaire de police : on vous conduit à la Préfecture, à

pied ou en voiture^ presque toujours à pied; on vous fait passer par un corps de garde; vous entrez dans un cabinet; vous signez un procès-verbal ; vous traversez une cour qui ressemble a un boyau ; on ouvre le guichet ; on vous pousse dans les bras d'un gardien; on vous force de retirer votre cravate et vos bottes; on vous enlève les armes, si vous en avez ; on vous examine de haul en bas; on vous visite, on vous tàtc, on vous secoue; on crie devant vous : « Un homme à recevoir!... » et vous voilà au dépôt. Ensuite on vous rendra votre cravate, votre mouchoir et vos bottes ; s'il vous est impossible de payer la pistole pour une cellule, on vous conduira dans la salle commune des hommes, qui est une subdivision.de l'ancienne salle Saint-Martin.

Le dépôt de la Préfecture est le seul égoul que Parenl-Duchâtelet ait oublié dans son livre sur les égouls de Paris; le dépôt reçoit, le jour et la nuit, l'écume de la grande ville, et il la distribue dans trois réservoirs qu'il appelle des salles, afin de séparer les âges et les sexes, en attendant qu'il s'avise de séparer les délits, les fautes, les crimes des prisonniers qui ne sont pas même encore des prévenus.

Autrefois, le dépôt de la Préfecture n'avait qu'une salle commune, celle précisément que le peuple avait placée, à tort ou à raison, sous l'invocation de saint Martin : hideux réceptacle qui faisait dire à un homme de beaucoup d'esprit, déleuu en 1815: « Je me trouvai dans une salle oblonguc dont l'odeur me suffoqua; je jetai les yeux autour de moi : des hommes à demi nus, des haillons couvrant des femmes au teint rouge et à l'œil lubrique, de ces gens que vous rencontrez a Paris et qui sentent le mauvais lieu ; des paysans en blouse, les bras croisés cl étendus par terre; des fumeurs jouant au piquet sur le carreau, avec des cartes grasses; une atmosphère épaisse, infecte, dont un cabinet secret, faisant partie de la salle même, augmentait encore la révoltante saveur; un lit de camp sur lequel fourmillaient côte à côte la misère, Ja crapule, le vice, le malheur et le crime ; l'argot des voleurs, le rire immonde du crime, les gestes de la débauche, une férocité efféminée, caractère spécial du vice dans les grandes villes, frappaient mes yeux humides de pleurs ; ces ligures baves, l'œil étincelant, le

LES PUISONS DE PARIS. fi

fronl ridé, venaient nie regarder sous le nez et insultaient à ma lournure délicate et faible, à ma pensive douleur, à celte stupeur <lont j'étais saisi. Voilà cette salle placée sous l'invocation de saint Martin! »

Le tableau du dépôt de la Préfecture, en 1815, pourrait passer, au besoin, pour la reproduction fidèle du dépôt de la Préfecture en 1845, sauf la circonstance aggravante de la confusion des âges et des sexes.

A ne parler que de la salle commune des hommes et des deux salles communes des femmes, il est impossible de rien imaginer de plus singulier, déplus triste, de plus plaisant, de plus sale, déplus effrayant, déplus bouffon, que ces trois kaléidoscopes vivants dont l'un contient à la fois des vagabonds, des voleurs , des mendiants, des filous, des hommes ivres, des chiffonniers, des tapa-

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geurs nocturnes, des receleurs, des assassins, des forçats libérés, et souvent même des innocents; dont l'autre n'est habité que par des iillcs publiques; dont le troisième enfin renferme en même Icmps des marchandes à la toilette, des tireuses de cartes, des prêteuses sur gages, des femmes adultères, des mères qui ont vendu

leurs enfants, des enfants qui se sont vendues toutes seules, beaucoup de voleuses , des veuves du calendrier, des clievalicres du (lambeau, et bien d'autres malheureuses que l'on pourrait surnommer les filles dé Robert Macaire. Toutes ces bohémiennes chantent avec des voix rauques, elles jurent avec des voix charmantes, elles dansent avec des sabots, elles parlent d'amour en blasphémant^ elles traduisent la poésie en argot, elles parodient la justice, elles se moquent de la police correctionnelle, elles jouent gaiement à la sellette, au carcan et à la guillotine sur l'air d'une romance nouvelle. — Comparée aux salles des femmes, la salle des hommes mériterait un certificat de bonnes vies et mœurs.

Tous les malheureux et tous les misérables que l'on arrête, que l'on ramasse dans Paris^ sont égaux devant ia licence du dépôt de la Préfecture : c'est une vallée de Josaphat, dans les proportions d'une guenille, et oii le dieu qui doit interroger les innocents et les coupables s'appelle un juge d'instruction.

« Un honnête homme, disait M. le comte de Laborde, qui serait « accusé par la malveillance ou arrêté par mégarde, dans la rue, « au moment d'une émeute ou d'une voie de fait, est amené au c( dépôt de la Préfecture de police avec ce que la crapule, la malce propreté, le vice, ont de plus odieux, dans un local infect, et u pourrait rester dans ce local assez de temps pour y contracter « toutes sortes de maladies contagieuses; il est confondu avec ce M que Paris offre de plus honteux : les voleurs, les vagabonds, les « mendiants. »

Le contingent des voleurs domine dans cette prison provisoire, et cela doit paraître fort naturel , si l'on s'en rapporte à ce que dit M. Gisquet, l'ancien préfet de police : Le nombre des voleurs qui travaillent dans Paris s'élève à dix mille. Sur ce nombre^ 6,000 prendraient votre bourse sur un meuble, sur une banquette, dans une loge de théâtre; 3,000 la prendraient dans votre poche; 2,000 crochèteraient votre porte ; 1,000 à 1,200 s'introduiraient chez vous, la nuit, à l'escalade et avec effraction ; 600 seraient dans le cas de vous assassiner pour consommer le vol.

Les lits du dépôt consistent en un fond de planches, une paillasse et une couverture; chaque matin, on les redresse et ou les

accroche contre le mur: le dortoir redevient une salle garnie d^ine double rangée de banquettes ; la vermine joue un grand rôle dans celte literie.

La pistole, c*est-à-dire le droit précieux, inestimable, découcher seul, au-dessous du vol, de la crapule et du crime, se paie seize sous pour les deux premières nuits, et douze sous pour les nuits suivantes. Le mobilier de la pistole se compose d^un lit de sangle, d'une chaise et d'un baquet. On peut avoir de la lumière jusqu'à neuf heures du soir; la chandelle est un supplément de luxe que l'on paie. D'ordinaire, c'est un petit vagabond, un jeune voleur, un bandit en bas âge qui fait, tous les matins, le service des cellules de la pistole : la salle commune des enfants improviserait au besoin toute une armée de valets de chambre. Du pain de munition et des soupes à la Rumforl sont à peu près ce que l'on appelle la carte du jour, dans le dépôt de la Préfecture.

Nous nous trompons : ce maigre régime n'existe plus; M. Delessert est, nous le croyons, le premier préfet de police qui ait songé à faire distribuer aux détenus du dépôt les vivres ordinaires des prisons. M. Delessert est un des fonctionnaires les plus honorables et les plus éclairés de notre temps.

Voici des chiffres d'une déplorable exactitude : la population (télemœ de la Préfecture est habituellement de 100 à 120 personnes, pour peu que rien ne vienne troubler les flots animés de la grande ville. En 1837, on y a compté 68,345 journées de présence, représentées par 22,129 individus. Dans les temps extraordinaires, dans les circonstances exceptionnelles, après une émeute par exemple, la population suspecte de la Préfecture devient effrayante : En 1832, au mois de juin, le dépôt reçoit 1,400 hommes, que l'on jette, que l'on pousse, que Ton entasse dans les salles, dans les cabanons, dans les corridors, dans les cours, et jusque sur les marches de chaque escalier; les moins malheureux de ces ennemis que l'on vient d'abattre dans le sang de la guerre civile obtiennent, au bout de quelques heures, l'insigne faveur de passer à la Conciergerie pour y coucher sur un lit de paille.

Cela est triste à raconter: En 1832, MM. Hyde de Neuville et de Chateaubriand, oui, MM. Hyde de Neuville et de Chateaubriand,

deux grands poètes, Tuii dans ses écrits, Tautrc dans ses actions, séjournèrent pendant quarante-huit heures dans le dépôt de la Préfecture. Ces deux illustres détenus se prirent à boire la lie du calice politique, en se souvenant de leur ancien maitre qu'ils n'avaient point renié, aux prenniers chants du coq gaulois. M. llyde dv Neuville est peut-être le philanthrope de France qui a le plus aidé à Fannélioration morale des prisons.

La plupart des hommes d'Etat et des économistes, depuis soixante anS;» se sont occupés, se sont inquiétés du sort des détenus en état de dépôt. Les lois de 91 et de 93 , Tempire , la restauration , la révolution de juillet, ont essayé fort inutilement de faire, du régime du dépôt, une simple garde à vue; les criminalistes ont demandé que l'on élargît les .limites de la caution pour rétrécir les limites de l'emprisonnement; un magistrat, dont l'autorité n'est pas suspecte, M. Dupin atné, a réclamé, en faveur de la détention provisoire, qu'il appelle une mise en fourrière de l'humanité, le meilleur air, le meilleur pain, le meilleur gite et le moim de gêne de toute espèce.

Par malheur, la législation, les vœux de l'opinion publique, la magistrature, la philanthropie , n'ont pas empêché le dépôt delà Préfecture d'être une prison plus triste, plus désolée, plus misérable que la Conciergerie et que la Force.

Chaque jour, le dépôt distribue ses prisonniers aux maisons d'arrêt de Paris, et l'emprisonnement préventif commence, après un premier interrogatoire qui n'a lieu d'ordinaire que pour la forme; mais en allant à la Force, à Sainte-Pélagie, aux Madelonnettes, les prévenus n'ont pas dit un dernier adieu au dépôt de la Préfecture : La Souricière est destinée à les recevoir plus d'une fois, dans le cours de l'instruction, jusqu'à la signification de leur arrêt de renvoi.

La Souricière, qui touche à la fois au Palais de Justice, à la Conciergerie et à la Préfecture, forme séparément trois dépôts : celui des hommes, celui des femmes, celui des accusés que l'on redoute, ou dont l'isolement rigoureux importe aux investigations de la justice. C'est dans ce dernier dépôt que des luttes affreuses s'engagent souvent entre les prévenus, qui vident leurs querelles ou

LES PRISONS DE PARIS i)

assouvissent leurs haines, le couteau à la main. Tout récemment oncore, le fameux Poulman faillit y étouffer un complice qu'il accusait d'être un renard (espion délateur). Les prévenus viennent de la prison préventive à la Souricière, soit pour répondre à un juge d'instruction, soit pour comparaître devant la police correctionnelle; ils y séjournent à peu près unt demi-journée. En pareil cas, on emploie deux sortes de voitures pour le transport des prévenus; la voiture du service ordinaire ressemble à un omnibus : elle est commune ; la voiture du secret ressemble à une diligence : elle a trois compartiments.

La Souricière est-elle une cave, un souterrain, un cachot, un marais, une crypte du moyen âge? C'est quelque chose de sombre, d'humide, de saumâtre, de froid, d'iffreux, d'ignoble, voilà tout. Une porte surbaissée, dont le style rappelle l'entrée d'un édifice funéraire; un bouge, un cloaque, nne tombe, à quinze pieds andessous du sol, presque au niy^aa de la Seine; une voûte brisée par des arêtes qui jouent à l^^jive, des colonnes massives, des cloisons de brique, desbanc/de pierre; des échos effrayants qui reproduisent, en leur donn/^t quelque chose d'inouï, les bruits du quai de l'Horloge; le rancissement de la crosse d'un fusil qui résonne dans quelque co^*idor ténébreux, aux pieds d'une sentinelle, effrayée peut-être '"«c pareille faction; des murs où la politique a crayonné le gûvenir de nos troubles populaires, où le cynisme a dessiné de^^g^s obscènes, où les voleurs ont gravé les instruments du ^ ^^ ^^ l'effraction, où les assassins ont charbonné deux horriH cortèges de figures infamantes : les crimes et les supplices ; '''^ '^ souricière du secret. — Eh bien ! c'est dans le fond df ^ ^^^^^ cachot, dans ce gouffre de la procédure criminelle, dar^^' ^'^'^^ ^^^ Tinstruction, que l'emprisonnement préventif peu***^^ tomber un honnête homme.

Nous con'^'^"^ ^^^ philanthropes, aux hommes charitables qui s inquiéter^" régime des prisons, de songer un peu moins aux prisonnifî^^ sont des criminels, et un peu plus aux prisonniers qui ne '^^ P^^ encore ou qui ne seront jamais des coupables. Est-ce^'' importe beaucoup aux intérêts de la loi que les prévcnu"^^^*^"*' ^" P^''^ d'une longue torture, le droit de re-

couvrer leur liberté ou le droit de comparaître devant la justice? Nous en avons fini avec le grand dépôt de la Préfecture, et nous voici enfin sur le seuil de la Conciergerie : l'un est rantichambrc des maisons d'arrêt préventif; Tautre est le vestibule de la cour d'assises et des prisons criminelles.

La Conciergerie est le premier cachot delà vieille cité de Lutècc ; la domination étrangère le creusa sous ses pieds; la tyrannie féodale s'efforça de l'élargir; la civilisation et la liberté ne l'ont pas comblé.

L'étymologie, dont nous avons besoin en ce moment, est bien simple; l'ancien régime confiait les prisons d'État à des gouverneurs, et les prisons ordinaires à des concierges ou geôliers : il y eut en France des cond^gertis et des geôles.

Dulaure avait raison quaui il écrivait, en parlant de la Conciergerie de Paris : « Cette prison, la plus ancienne, la plus formidable de toutes, conserve encotç le caractère hideux des temps féodaux. Ses tours, son préau, î^ corridor obscur par lequel les prisonniers sont introduits, portent dans l'âme la tristesse et l'effroi. »

M. Philarète Chasles avait raison iissi, quand il disait de cette vieille maison de justice : « La voilà, ette Conciergerie ! Près du vaste esciilier dont les degrés conduisenau Palais de Justice, nous découvrons dans un coin, à droite, enk^^ go^g terre, caché par une double grille, écrasé par l'édifice qui domine, le souterrain dont je parle : le poids de tous ces bâtimei^^ l'étouffé, comme la société pèse sur le détenu, innocent ou coui>bie^ Dans ce souterrain, auquel se rattache toute l'existence de h cité-reine que de douleurs se sont donné rendez-vous l Là se trouojit les plus antiques cachots de France; dès que la cité commence, le cachot s'ouvre. »

A notre tour, nous avons raison de dire : On n'a^y^ pj^g j^ns l'enceinte de la Conciergerie par la petite porte, par ^ petite cave du Palais; on lui adonné de nouvelles grilles, de nou\»Ues issues et des lumières moins sépulcrales; on a donné aux ga^(iiens des habits plus convenables, un peu plus d'air aux prisoni\\gpg; y^^ peu plus d'espace aux escaliers et aux corridors; mais, \\^]^^\ la

DâMioé par Ubrtall.

Gravé par Lawnk.

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