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Aux îles AndamaD, dans le golfe du Bengale

2. lis ont conservé ce nom, la colonie ayant eu une origine toute politique ; la révolte des Indiens eu 1857.

pas le choix dès hommes, où la main d'œuvre manque, où tout est à faire* il faudra bien se contenter du travailleur qui se présente: Cestlà le grand avantage, c'est la pensée élevée çt morale de ce système pénal. La transportation seule, résout d'une manière satisfaisante, au milieu d'hommes auxquels la nécessité interdît de se montrer trop exigents sur le choix des personnes avec lesquelles ils doivent entrer en relations, le difficile problème du reclassement.

L'excès est à craindre toutefois.

On a proposé, sous prétexte de pousser la logique jusqu'au bout, de se débarrasser par le même moyen des récidivistes des maisons centrales par lesquels la sécurité est également menacée. On a voulu même s'emparer des vagabonds et des mendiants plusieurs fois condamnés, et les envoyer à la Nouvelle-Calédonie, parce que, disait-on, l'expérience prouve qu'ils finissent par devenir des criminels dangereux.

Ce serait l'exs^gération du bien, une exagération qu'il importe aussi d'éviter.

La réclusion doit rester à son rang dans l'échelle dos peines. La mendicité et le vagabondage sont des faits très regrettables, mais non des crimes. Il faut se garder d'ajouter l'exil et la perte de la famille à ce qui n'est souvent que la conséquence des infirmités ou du malheur.

3% LE DÉPÔT DES CONDAMNÉS — gkandb-roqubttx

Pour le public, qui n'entend parler du dépôt des condamnés qu'à l'occasion des grands criminels; au moment où ils vont mourir ou après l'exécution, la Roquette est surtout le dépôt des condamnés à mort. C'est là, devant la porte, sur l'emplacement marqué par les cinq pierres si connues, qu'ont lieu les exécutions.

La question de la peine de mort se pose ici naturellement.

Non dans l'intérêt des détenus eux-mêmes. Ils ne se soucient guère de prévoir, en cette matière, ce qu'amènera l'avenir, maintien dans nos codes ou abolition de la peine. Ils laissent gémir les philanthropes et pérorer les avocats. La vengeance est dans leurs mœurs. Le talion leur paraît logique. Ils n'ont enfin aucune sympathie pour les partisans de l'abolition. Ceux-ci, en effet, ne proposent de supprimer la peine capitale que pour mettre à la place, ainsi qu'ils le font remarquer, une dure, une perpétuelle captivité, châtiment plus cruel.

Le seul intérêt qu'il y ait à étudier la question est donc un intérêt social.

Mais, il est indispensable, au moins, de bien con-

LA PEINE DE MOBT 321r

naître les criminels, de consulter, non pas selon Tusage le sentiment seul, mais les faits, et la science pénitentiaire.

En matière de répression pénale et à tous les degrés du châtiment, l'homme doit céder à Tune de ces dispositions contraires : rigueur exemplaire ou philanthropie, justice ou pitié. IJ n'y a pas autre chose ici.

Dans l'état actuel de nos mœurs, la nécessité doitelle faire maintenir aux premiers articles de notre loi urie peine que, par humanité, on se sentirait porté à abolir?

Voilà la question.

La société a le droit de punir, c'est évident. Celui qui le nie, accuse d'égarement tous les peuples, dans le passé, le consentement universel. Notre code est rempli de véritables peines. L'homme étant libre, et né pour vivre au milieu de ses semblables, la société doit avoir le droit d'employer, pour obtenir l'ordre matériel, tous les moyens efficaces et nécessaires. Les partisans mêmes de l'abolition ne contestent plus à la société le droit de punir. Pourquoi? Parce qu'il est le résultat de la puissance collective du groupe qui s'appelle une nation. Sans le droit primordial de punir, les sociétés n'existeraient pas *.

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