LES OEUVRES
Le vice est bruyant dans Paris. Il ne craint pas de se laisser voir, sachant bien qu'il ne passera pas inaperçu et que la chronique scandaleuse, la publicité, vont lui faire une réclame éhontée. La charité est modeste, au contraire. Chacun sait comment un jeune homme, une jeune fille, un malheureux, quel qu'il soit, peut se perdre, et dans quels lieux, par quels égarements, commence la chute. Mais on est, en général, mal renseigné sur les progrès, les ' efforts, le succès de la bienfaisance.
Qui sait donner ? a-t-on dit. Ceux qui rient et ceux qui pleurent. Or, les uns et les autres sont fort nombreux à Paris, et c'est là ce qui explique Tabondance des Œuvres de charité. On aurait pu ajouter que beaucoup de personnes font du bien parce que la vue des infortunes les émeut, indépendamment de leur humeur triste ou gaie. Ces personnesJà s'exercent à la charité avec suite et persévérance. Elles ont appris, grâce à une éducation spéciale, à regarder la bienfaisance comme un devoir. La plupart des œuvres qui existent sont religieuses. Il est impossible de ne pas le remarquer.
Certes, il est toujours facile de prouver que de vrais malheureux sont oubliés dans la répartition des secours et des bienfaits. Mais quelle société, véritablement civilisée, savante en bonnes œuvres, préoccupée des malheureux et connaissant leurs besoins, se révèle à celui qui veut étudier, à Paris, l'assistance sous toutes ses formes !
La mère est secourue au moment de Taccouchement. L'enfant trouvé, orphelin, abandonné, est recueilli depuis sa naissance jusqu'à douze ans par l'Assistance publique. Pour l'enfant pauvre, il y a les crèches, les salles d'asile, l'école, l'ouvroir, l'orphelinat, les Sociétés de patronage des apprentis, infirme, sourd-muet, aveugle, aliéné, il est reçu dans quelque établissement spécial.
On a pour les jeunes filles, françaises ou étran-
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gères, des maispns de préservation et de refuge. On a prévu Tembarras dans lequel elles pourront se trouver, servantes sans place, ouvrières sans travail, demoiselles de magasin éloignées de leur famille. Telle institution reçoit celles dont le père a été écrivain, artiste, etc. . .
Pour Tadultc, on a créé les vestiaires, fourneaux, maisons pour les malades pauvres, pour les aliénés convalescents, sociétés d'assistance et de secours mutuels, associations pour visiter les hôpitaux et les hospices, assistance de l'hôpital, assistance judiciaire, œuvre des mariages, secours de route et dé' rapatriement s'il est étranger.
Les vieillards ont Thospice, la maison de retraite, les secours à domicile, les secours d'hospice, les dernières prières, l'inhumation gratuite. Et pour la profession, les âges, les situations diverses, combien d'autres !
Chaque institution a son budget ; chaque œuvre a sa caisse. On peut juger par Ténumération qui précède des sommes énormes qu'il faut dépenser chaque année pour distribuer tant de secours divers. Les fonds nécessaires sont fournis par l'Assistance pu blique qui dépense chaque année vingt-cinq millions, et par la charité privée dans une proportion à peu près égale. La perception du droit des pauvres dans les théâtres, concerts et bals, produit deux millions. On demande à la frivolité son offrande
aussi bien qu'à la religion. Le culte et le spectacle, la quête et la souscription, tout sert. L'enfant du pauvre a des habits et du pain, grâce au bal d'enfants où le riche a conduit son ûls et sa iille.
Il faut joindre à la longue énumération de ces Sociétés quelques œuvres un peu différentes qui se rapprochent, par le but qu'elles poursuivent, du patronage des libérés.
Pour donner à des malheureux, sans asile, parce qu'ils n'ont pas de travail, le moyen d'attendre d'en avoir trouvé sans être arrêtés pour vagabondage, ne convient-il pas de leur offrir une retraite momentanée ? On l'a pensé. C'est l'œuvre de rHospitalité de nmtj de création assez récente. Des asiles ont été ouverts en divers quartiers, pour recevoir, ici les hommes seuls, là les femmes et les enfants. Nuits de repos procurées, emplois trouvés, travail libre offert, rations distribuées, abri de quelques jours aux femmes convalescentes sortant de la maternité, voilà ce qu'on a déjà fait.
Si la détention n'a pas été évitée, il n'est pas rare qu'une ordonnance de non -lieu soit rendue, ou qu'un prévenu soit renvoyé absous après jugement. C'est déjà la prison, mais ce n'est pas encore le patronage des libérés. Des secours sont nécessaires. L'œuvre existe sous le titre de Comité de patronage des libérés acquittés.
Enfin, dans la prison même, et sans s'occuper