‹ Les prisons de ParisChapitre 12 sur 118 · CAUSES DU MAI · texte numérisé non relu

CAUSES DU MAI

1 En sortant du Dépôt de la Préfecture, les h( I sont conduits à Ma^s, les femmes k Saint-I ; Les iqineurs de seize ans, de leur côté, von : Petite-Roquette.

AccM>mpagnoas d'abord ces derniers jus( Beaucoup de fautes et d'égarements s'expl par une enfance malheureuse, et le vice n' pas plus que la vertu, le nombre des années.

tÉTENTION PRÉVEMIVE — I. PETiTE-aoQuBiTi

peut établir trois catégories de détenus : les iteurs d'instinct, d'habitude, ou d'occasion.

premiers se décident sans peine à commettre délits ou leurs crimes. Ils n'ont pas de remords, ivent que leur conduite est répréliensible.

WUTect ils sont con>-aincus que tout le monde lauvais et que les bonnëtes gens, dans la é, quelques niais rais à part, sont simplement fpocrites plus heureux ou plus habiles qu'eux.

malfaiteurs d'habitude vivent dans la paresse lésordre. 11 est difficile de les distinguer des ers, et de décider si c'est l'instinct seul, ou si au milieu des repris de justice qu'ils fréqueale dénûment habituel, le besoin qui les a js. Mais ce qui frappe tout de suite et permet i I reconnaître, c'est qu'ils ne font pas le mal rti pris et ne s'applaudissent point de l'avoir On sent qu'ils pourraient encore se corriger, i

autres, plus nombreux, n'ont fait que proie l'occasion : par faiblesse ; parce qu'ils ont une fatalité qui rendait leur chute inévitable;

que la tentation, dans telle circonstance ie, a été trop forte pour eox ; parce qu'ils ont

dans l'infortune le goût d'une vie honnête 'uliëre ; parce que leur éducatitMi a été nulle, iplète ou mal dirigée. On ne les sauvera pas Hais les sociétés charitables peuvent concevoir rance de réparer en partie le mal déjà fait

CAUSES mr mal 27

et de prévenir une rechute en les, plaçant dans de nouvelles ou meilleures conditions d'existence.

C'est le tort des personnes qui sont tout à fait sceptiques en matière de réformes pénitentiaires, de n'admettre qu'une seule catégorie, celle des incorrigibles. Il est vrai que le voleur, l'assassin, le faussaire, qui ont cela « dans le sang y> selon l'expression populaire, ne réussissent guère à se transformer, Molière, Regnard, qui connaissaient l'homme et savaient signaler ses défauts, ses vices,, sinon ses crimes, ne s'avisent pas de corriger Tartuffe ou le Joueur à la fin de la comédie. On n'a guère essayé, dans le théâtre classique, de corriger qu'une coquette, et c'est l'erreur, non pas d'un maître, mais d'un poète médiocre. Ce qu'on peut dire instinctif^ né avec nous, ce qui tient au caractère se cache, se déguise, s'atténue, sans disparaître.

Mais il doit en être autrement, si le joueur, au lieu de se livrer à son défaut avec passion, ne joue que pour vivre ou même par habitude, si la coquette n'a accepté son rôle que dans un certain milieu donné, par caprice, ou par dépit.

Il y a doue des natures faibles qu'un sévèm avertissement peut détourner de la mauvaise voie, des délinquants qu'on peut empêcher de devenir des malfaiteurs.

Cela compris, la raison indique qu'il faut, au lieu d'attendre la chute» essayer de la prévenir, donner

DÉTESTION PRÉVENTIVE — 1. petite- booubiie

tmps l'éducation, snrveiUer l'arbuste flexible, . facile à diriger dans son développement que )rfe déjà fort,

est toujours l'enfant que les sociétés de palage ou les particuliers veulent prot^er le

Paris, comme à Londres et à New-York, on ve un grand nombre d'enfants abandonnés ou ■bonds '. Us n'ont pas de domicile. Dans les rues, ienoent parfois à la main quelque objet qu'ils l'air de vendre pour n'être pas arrêtés comme idiants. Le soir, à la porte des tbéâlres et des iqucs, ils demandent à ceux qui sortent leur Temarque. Le spectacle fini elles portes fermées, ie dirigent vers leur retraite habituelle, à l'abri :n plein air, sous l'échafaudage d'une maison onstnictiou, dans une cave, dans un égout, dans four, dans une allée, sur un banc, ix, mille enfants, chaque année, sont gardés eu ice dans des établissements pénitentiaires publics privés. A Paris seulement, ceux qui vivent tout it hors de la famille sont on pareil nombre, sans et des orphelins pauvres, des enfants trouvés ou idonnés qui restent jusqu'à douze ans, soit à pital, soit à la campagne, chez des paysans ou artisans, à la charge de l'Assistancepublique'.

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