‹ Les prisons de ParisChapitre 23 sur 118 · PROTECTION AUX ABANDONNÉS · texte numérisé non relu

PROTECTION AUX ABANDONNÉS

ceux qui l'ont fondée peuvent recevoir, mais ne reçoivent pas toujours, une subvention du gouvernement. Une même association de charité a dés maisons de logement pour les enfants trouvés sans asile, une colonie ou des correspondants à la campagne pour ceux qui choisissent les travaux agricoles, et pour d'autres encore, l'école industrielle où ils reçoivent l'instruction primaire et professionûelle.

Ce n'est pas tout. Une loi spéciale permet d'envoyer dans un asile tout enfant vagabond et paresseux. Condition d'admission : un ordre du magistrat de police ou une demande des parents ou tuteurs. Les parents signent un engagement d'abandon. Avant d'entrer dans l'asile, l'enfant est placé provisoirement dans la maison de réception. Doit-il rester? Il est conduit, évitant ainsi la prison, dans une école industrielle d'un nouveau genre qui se distingue par rinternat de la simple école industrielle de jour. A la sortie, l'agent de placement lui procurera un jemploi. Si le magistrat pense, au contraire, qu'il n'est pas indispensable de le retenir, il peut le renvoyer après une détention de vingt jours.

En Angleterre, l'école industrielle tient lieu à la fois de certains établissements pénitentiaires et d'assistance publique. Elle reçoit, malheureusement Féunis et confondus, le mendiant, le vagabond, l'orphelin, l'enfant de moins de douze ans auteur d'un fait qui l'expose à l'emprisonnement, mais non

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condamné pour vol ou pour crime ; l'insoumis, ïe iils d'un condamné. Ici, comme en Amérique, un ordre du magistrat est nécessaire. Mais, qui les conduit au magistrat ? Les agents d'une Société spéciale, le policeman, le premier venu. Ils vont tout droit, sans entrer au dépôt, du poste de police à Vécole. Cette école appactient à l'État qui prend ainsi sous sa responsabilité l'éducation de l'enfant des rues. De là le droit qu'il s'est réservé, de le garder assez longtemps, et le parti auquel il s'est arrêté d'exiger des parents qui peuvent payer jusqu'à quatre schellings par semaine.

Nous n'avons pas en France ces écoles industrielles. Pourquoi? Parce que toute proposition de charité légale est vivement combattue.

Par malheur, la charité privée est tout à £sdt insuffisante, et les enfants ne cessent pas d'être abandonnés d'abord par leurs parents, puis arrêtés par la police.

Qui en doute? Ceux qui repoussent systématique^ ment tout projet de charité légale ne le nient pas. Us sont opposés k la création d'écoles industrielles, mais ils espèrent atteindre au même but sans cesser d'être fidèles à l'orthodoxie en matière économique, et en employant dautres moyens.

Les uns s'adresseraient à l'Assistance publique seule. Une large interprétation du décret du 19 janvier 1811 permettrait d'étendre ses secours à un

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certain nombre d'enfants au-dessus de douze ans. N'est-on pas obligé d'agir suivant Fesprit, non selon la lettre, du décret en faveur de ceux dont le développement est lent, et de subvenir jusqu'à dix-huit ans, vingt ans môme, aux besoins de ceux qui sont afQigés de quelque infirmité?

Il suffit de remarquer, pour condamner ce système, qu'un petit nombre de privilégiés, trois cents environ qu'il faudrait choisir, pourraient seuls en profiter ^

D'autres proposent de s'adresser aux personnes charitables, aux Sociétés de patronage, surtout .aux orphelinats ^. Plus de deux cents orphelinats en France ont des rapports avec l'administration.

Tout enfant ou mineur de seize ans de l'un ou de l'autre sexe, matériellement abandonné et maltraité, serait placé sous la protection de l'autorité par les soins du maire de la conmiune, sur l'avis conforme du procureur de la République. Si les parents coupables de cet abandon, voulaient réclamer le mineur en vertu d'un droit que la loi leur reconnaît, par calcul, aussitôt qu'il pourrait travailler, sans attendre la fin de son éducation, le pourraient-ils ? Non. Ils auraient perdu le droit de garde jusqu'à la majorité.

1. La direction de l'Assistance publique a oflTert plus récemment d'étendre ses bienfaits aux autres enfants dignes d'intérêt qui pourraieut lui être signalés. Ce serait un progrès encore» mais toujours Texception.

I. D' Théophile Rocssbl, Bulietinde la Société générale des prison», janvier isso. Rapport et proposition de loi.

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Ce dernier système pourrait être provisoirement adopté.

Quel est, en effet, le danger de la charité légale ? Elle favorise la paresse et Tincurie des parents. Avec les tours, dans les pays où ils sont établis, augmente le nombre des naissances illégitimes. Des pères et des mères qui ne s'acquittent qu'avec peine de leurs devoirs, abandonneraient de même, et sans scrupule, leurs enfants, s'ils savaient qu'ils doivent être nécessairement recueillis. De plus, l'établir officiellement, c'est admettre le droit à l'assistance, au moins pour les enfants. L'homme sans ouvrage est-il donc moins digne d'intérêt? Non certes; et il est impossible, après avoir reconnu le droit à l'assistance, de ne pas admettre le droit au travail.

L'autre grand obstacle à la création d'écoles industrielles, c'est le prix, la dépense. Mais la difficulté, sans disparaître entièrement, n'est plus aussi grande, si c'est le second projet qui est adopté.

On sait, par l'exemple des orphelinats agricoles, que les enfants recueillis pourront gagner leur vie à partir de treize ans, et à quatorze ou quinze ans, réaliser déjà quelques bénéfices*. A seize, dix-sept, dix-huit ans, ils contribueront largement à l'entretien de leurs plus jeunes camarades dont le travail est encore insuffisant. Les fermiers du voisi-

i. M< BoNiEAN. Expérience faite i OrgevUle (Bore).

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