PROTECTION AUX ABANDONNÉS
nage qui voudraient les faire travailler à la journée, les demandent avec insistance. La moitié de la somme nécessaire serait ainsi fournie par les mineurs secourus eux-mêmes. Au lieu de 30 millions pour environ 100,000 enfants, 10 à 12 millions, chaque année, suffiraient.
Les partisans de ce système ont sans doute encore beaucoup d'illusions à perdre.
Les Sociétés de charité seront-elles assez nombreuses, assez riches, pour venir en aide à tous les abandonnés qu'on leur adressera ? Que penseront les directeurs et les directrices d'orphelinats de l'introduction de ces enfants venant directement de la rue? Est-ce que ces orphelinats, même agricoles, pourront remplacer Técole industrielle où les jeunes gens apprennent des naétiers différents ? Enfin, les parents qui ne sont pas sans ressources, se sentiront-ils assez sérieusement menacés par la seule perte de leur droit de garde pour renoncer à leurs projets d'abandon ?
Il sera possible de répondre à toutes ces objections quand Texpérience aura été faite. A présent, il faut agir.
Sans doute Tétude et la réflexion sont nécessaires. Mais les lenteurs, la crainte de dépenser un sou, le désir de plaire à tout le monde, les propositions de réforme dérisoires, dans Texamen de ces questions qu'on a eu raison d'appeler a les ques-
52 DÉTENTION PRÉVENTIVE — I. petite-roquette
lions qui menacent », exaspèrent les partisans des mesures radicales.
« Ce n'est pas assez pour le peuple de repousser » les hordes étrangères, écrivait Barrère...< Il faut » encore faire disparaître de la République la » servilité des premiers besoins, Tesclavage de la » misère, etc. ».
Quand le membre d'une assemblée révolutionnaire s'occupe des moyens d'extirper la mendicité et rédige ainsi son rapport, il a raison.
Il faut donc se hâter. Déjà, certains asiles, certaines institutions de bienfaisance, nous ont presque habitués à la charité légale. Avec l'instruction gratuite et obligatoire, de nouveaux sacrifices vont devenir nécessaires pour que les enfants d'indigents puissent fréquenter l'école. Si les partisans des réformes modérées et progressives ne se décident pas et ne savent pas agir, la nécessité imposera quelque jour, en dépit de l'orthodoxie, et sans que le monde finisse, les Écoles industrielles.
PORTRAITS DE JEUNfiS DÉTENUS
La Petite-Roquette étant à la fois maison d'arrêt -pour les mineurs de seize ans et maison d'édu-