‹ Les prisons de ParisChapitre 42 sur 118 · SUICIDE · texte numérisé non relu

SUICIDE

Une observation attentive ej; Tétude de la statistique au point de vue des suicides conduisent à la même conclusion.

Un certain album légendaire, conservé avec soin par les directeurs qui se sont succédé à Mazas, contiendrait, s'il faut croire ce qu'on raconte, les photographies de tous les suicidés, depuis l'ouverture de la maison d'arrêt. Or, les photographes ne viennent que rarement à Mazas, comme prévenus, et lorsqu'ils viennent, ils ne sont pas autorisés à porter jusque dans la cellule leur appareil et leurs instruments de travail. Ce qu'on trouve toujours, au contraire, dans cette maison, c'est, sur une population de 1,200 à 1,800 personnes, quelqu'un qui sait dessiixer. Et il est vrai que les directeurs, en vue surtout du rapport qu'ils doivent adresser à l'autorité supérieure, après l'événement, ne manquent pas de demander à celui dont ils connaissent le talent en ce genre, de leur prêter dans cette circonstance, un utileconcours.

En deux ans, à partir de l'installation, l'administration eut à constater 12 suicides, sur un ensemble de 12,S42 détenus.

106 DÉTENTION PRÉVENTIVE — II. mazas

Le docteur Lélut affirma que ce chiffre coïncidait avec celui qu'il avait assigné au département de la Seine, i sur 4,291. Mais son contradicteur n'eut pas de peine à prouver que la proportion des suicides, au temps surtout de ces premiers essais de système cellulaire, était plus forte à Mazas que dans la prison commune et dans la vie libre. La Vieille-Force et les Madelonnettes n'avaient, en moyenne, qu'un suicide sur 12,000 détenus et une tentative sur 9,000.

De plus, les suicides ou les tentatives avaient eu lieu pour moitié dans les premiers jours de lacaptivité. Remarque importante! Ce n'est pas le mode de répression, c'est l'émotion de la première heure qui explique ce nombre un peu exceptionnel de suicides, de tentatives, et de cas d'aliénation mentale que l'on signale à Mazas.

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